Mort en garde à vue : la version policière à nouveau contredite

Par TF1 News (Avec agence), le 11 mars 2010 à 17h42 , mis à jour le 11 mars 2010 à 18h10

Trois médecins légistes, entendus par une magistrate de Nanterre, ont de nouveau livré une version différente de celle de la police dans l'enquête sur la mort début 2005 d'un Malien après sa garde à vue à Courbevoie.

Garde à vue : un nouveau différend entre magistrats et policiersDeux syndicats de police accusent un magistrat du Val-de-Marne de refuser systématiquement de prolonger les gardes à vue, ce qui les obligent à concentrer l'enquête sur "48 heures, sans aucun temps de repos". © TF1/LCI

Y a-t-il eu bavure dans la nuit du 5 au 6 décembre 2004 ? Trois médecins légistes, récemment entendus par une magistrate de Nanterre, ont de nouveau livré une version différente de celle de la police dans l'enquête sur la mort début 2005 d'un Malien après sa garde à vue à Courbevoie (Hauts-de-Seine), a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier.

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Plus d'infos

 
Selon la version policière, Abou Bakari Tandia, un sans-papier de 38 ans, s'était volontairement cogné la tête contre la porte de sa cellule de garde à vue, provoquant sa chute dans le coma dans la nuit du 5 au 6 décembre 2004. Il ne s'était pas réveillé et était mort à l'hôpital le 24 janvier 2005.

Entendus le 24 février 2010 par la juge d'instruction en charge du dossier, les trois médecins légistes, dont la directrice de l'IML (Institut médico-légal) de Paris Dominique Lecomte, ont maintenu les conclusions d'un précédent rapport, remis en juillet 2009. Or, dans leur PV d'audition, l'un d'eux affirme, sans être contredit par ses collègues, que les "différents éléments" du dossier médical "sont significatifs de l'absence de choc direct de la tête contre un plan dur".

"Violentes secousses"
 
Cette audition a été effectuée à la suite d'un premier rapport de ces experts, remis en octobre 2008, mais établi sur des informations partielles du dossier médical. Dans ce premier rapport, ils avaient conclu à un "oedème cérébral en rapport avec la commotion cérébrale due au choc de la tête contre un plan dur". Ce qui confortait alors la version policière. Mais, devant la juge, ils ont expliqué qu'il leur manquait à l'époque plusieurs pièces, notamment la fiche du Samu, qui mentionnait l'absence de traces extérieures de traumatisme crânien. En revanche, interrogés par la juge sur la déclaration d'un policier ayant dit qu'il avait maintenu le gardé à vue "par un étranglement avec son avant-bras" pour le ramener en cellule, ils ont estimé que cet épisode de "contention" pouvait être compatible avec les conclusions de leur dernier rapport. Dans ce rapport, ils concluaient à "un ébranlement cérébral par violente(s) secousse(s) de la victime, phénomène connu pour provoquer une commotion cérébrale mortelle anoxique".
 
Face à cette dernière audition qui ébranle encore plus la version des policiers, l'avocat de la famille de la victime n'a pas tardé à réagir. "J'espère que la magistrate va enfin tirer les conséquences des éléments nouveaux en mettant en examen les policiers concernés", a-t-il réagi. Pour sa part, le parquet de Nanterre dit avoir "pris acte de cette audition". "On ne pourra tirer des conséquences de ce qu'ont dit les médecins légistes qu'à l'issue d'une nouvelle audition des fonctionnaires de police", a ajouté le parquet, qui a déjà réclamé cette audition en août 2009 dans un réquisitoire supplétif. Dans cette affaire, l'instruction a été ouverte en 2005, après une plainte de la famille, qui faisait suite à un premier classement sans suite du parquet de Nanterre.

Par TF1 News (Avec agence) le 11 mars 2010 à 17:42
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20 Commentaires

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  • pascalcaen, le 12/03/2010 à 09h56

    On en parle autant.

  • belialgoth, le 12/03/2010 à 07h21

    Ca serait une bonne chose. Et plus de prison! Et plus de récidive! Et plus de délinquants! ENFIN!!!

  • yggdrazil88, le 12/03/2010 à 07h16

    A eric-88200 : je vous suggère de vous procurez un Code Pénal et d'aller consultez les articles se rapportant aux prérogatives des Agents de Police Judiciaires, cela vous évitera de raconter des conneries et d'étaler votre ignorance

  • jeffix45, le 12/03/2010 à 06h53

    >chongtak: probablement tué? vous n'avez pas honte d'affirmer ce genre de choses? qui êtes vous pour préjuger de ces policiers?

  • eric-88200, le 12/03/2010 à 06h43

    @pipcho : 'L'assermentation d'un policier ne lui sert qu'à pouvoir constater et réprimer des contraventions (infractions au Code de la Route, au Code Rural...) Ni plus, ni moins. Parole de policier.' Mais bien sûr ... Et le cas où il y a failli y avoir condamnation pour 'outrage à agent', ou 'rébellion' juste d'après la parole de Policiers, heureusement démentie par une vidéo filmée par un voisin ? (vu dans un reportage de TF1,média pas spécialement gauchiste ...)

  • chriscsinantere, le 12/03/2010 à 00h20

    C'est etrange, cette affaire fait beaucoup de bruit comparé à ce policier entre la vie et la mort à Epernay... vive la France

  • pipcho, le 11/03/2010 à 22h56

    Eric, vous faites quelques confusions. L'assermentation d'un policier ne lui sert qu'à pouvoir constater et réprimer des contraventions (infractions au Code de la Route, au Code Rural...). Ni plus, ni moins. Parole de policier. Et à Jackl, je répondrai que non, les policiers ne sont pas intouchables, nous sommes très certainement l'institution publique la plus contrôlée de France, et sans doute la force de sécurité la plus contrôlée d'Europe (et accessoirement la moins bien payée). Par exemple, toutes les polices du monde ou presque sont dotées de Taser, nous sommes les seuls à avoir cette arme équipée d'une caméra et d'un micro.

  • pipcho, le 11/03/2010 à 22h51

    J'ai déjà vu des nombreuses personnes faire cela. Faites le test vous-même, sans élan : mettez-vous face à un angle de mur, même un angle arrondi, prenez votre élan et frappez aussi fort que vous pouvez avec votre tête. Vous le sentirez passez. Alors imaginez en plus quand une personne est dans un état enragé, même avec deux mètres d'élan, c'est tout à fait possible. Heureusement que nous disposons d'un dispositif de contention, ainsi que d'un vieux casque de moto trouvé sur la voie publique, qui est bien utile à l'occasion. Ces personnes font ça parce que de toute manière, elles savent très bien qu'elles n'ont rien à perdre et que les soupçons seront automatiquement dirigés vers ceux qui en avaient la garde : les policiers.

  • trunk69100, le 11/03/2010 à 22h17

    Hé ben temps mieux, une guerre civil ça peut remettre les choses en places durant quelques années. On vois bien que dans l'histoire, la révolution a servis, mais on est revenu au point de départ.

  • conil4, le 11/03/2010 à 22h07

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