Quartier de Marseille © TF1/LCI
- Une fillette blessée par balle en pleine rue à Marseille - 01 min 35 s
Depuis le début du mois de février, cinq personnes ont été tuées dans des règlements de compte dans le département des Bouches-du-Rhône. Des fusillades en série qui, aux yeux des enquêteurs, pourraient signaler une nouvelle flambée de la guerre des gangs ; il s'agirait en l'occurrence non pas d'une, mais de plusieurs de ces "guerres", liées au trafic de stupéfiant et opposant à la fois les acteurs du banditisme "classique" de la région marseillaise (gang marseillais et corses), mais aussi des gangs issus de cités.
C'est probablement l'un des épisodes de ces "guerres des gangs" qui s'entrecroisent qui a valu vendredi à une fillette de 12 ans d'être blessée par une balle perdue à Marseille. La fusillade a eu lieu en fin d'après midi dans le quartier de la Belle-de-Mai. Le tireur est arrivé dans une voiture, en compagnie d'un autre homme. Il est sorti du véhicule et a fait feu à plusieurs reprises sur un groupe qui discutait rue Hoche. La fillette, qui se trouvait à proximité, a été touchée à la jambe.
"Où va s'arrêter l'escalade ?"
La fillette a été admise à l'hôpital de la Timone dans un "état qui n'inspire pas d'inquiétude". Quant aux deux malfaiteurs, ils ont réussi à prendre la fuite à bord de leur voiture. Les policiers de la brigade anti-criminalité Nord ont relevé sur les lieux des indices qui n'ont pas permis d'identifier les personnes visées.
En revanche, deux douilles de neuf millimètres ont été retrouvées sur les lieux, "ce qui accrédite qu'il y a bien eu usage d'arme à feu dangereuse", a déclaré le procureur de la République Jacques Dallest, soulignant que ce gros calibre est souvent utilisé dans les règlements de comptes. L'enquête se poursuit sur les circonstances exactes dans lesquelles la fillette a été touchée, a-t-il précisé. L'enquête de voisinage est en cours mais il n'y a pas de témoins précis, a-t-on ajouté samedi de source proche de l'enquête, soulignant que l'hypothèse d'un règlement de comptes "n'est que l'une des hypothèses".
"Où va s'arrêter l'escalade ?" s'est interrogé pour sa part le secrétaire du syndicat de policiers Alliance dans les Bouches-du-Rhône, David-Olivier Reverdy. "Nous avons dénoncé en son temps la circulation des armes de guerre dans les cités. Maintenant, c'est leur emploi aux quatre coins de la ville". Selon lui, "les fusillades ne sont plus ciblées comme pour le grand banditisme. Maintenant, on tire n'importe quand, en plein jour, sur des personnes innocentes. Sans moyens supplémentaires, c'est la police qu'on désarme de fait", a-t-il ajouté. "N'oublions pas que nous avons un collègue dans le coma à Marseille et un autre que nous allons inhumer dans la région parisienne".
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