Xynthia : la liste noire déclenche incompréhension et colère

Par DjS (avec dépêches), le 08 avril 2010 à 12h59 , mis à jour le 08 avril 2010 à 22h33

Dossier : Xynthia, une tempête sur la France

Les propriétaires sinistrés par la tempête Xynthia ont découvert jeudi dans les larmes, la colère ou la résignation, le tracé des "zones noires" et le destin réservé à leur résidence. Il y aura des recours, préviennent certains. C'est non négociable, répond le préfet.

"Je suis dégoûtée, c'est lamentable, il me reste deux ans à payer ma maison,  pour moi, c'est fini", explose une propriétaire pendant la première réunion d'information sur le tracé des "zones noires" et le destin réservé aux résidences des sinistrés organisée à l'Aiguillon-sur-mer. Dans cette petite station balnéaire familiale du littoral vendéen, 241 habitations, dont 25 résidences principales doivent être rasées. Les propriétaires sinistrés par la tempête Xynthia ont commencé à découvrir jeudi dans les larmes, la colère ou la résignation, le tracé des "zones noires" décrétées inhabitables et le destin réservé à leur résidence.
  • Sinistrés de Xynthia : vers une plainte au pénal

    L'Association des Victimes des inondations à la Faute-sur-Mer et des environs "devrait déposer plainte au pénal très rapidement", sous 15 jours, selon l'avocate Corine Lapge.

    Publié le 02/05/2010 Sinistrés de Xynthia : vers une plainte au pénal
  • Les sinistrés de Xynthia à l'Etat: "Arrêtez-vos zoneries"

    Près de 500 personnes, élus locaux, habitants et membres des collectifs de sinistrés ont défilé sur l'île de Ré pour protester contre des "décisions prises dans l'urgence et la précipitation".

    Publié le 24/04/2010 Les sinistrés de Xynthia à l'Etat: "Arrêtez-vos zoneries"
  • Xynthia : pas de hausse d'impôts en Charente-Maritime

    Le président du conseil général de Charente-Maritime, Dominique Bussereau, également ministre, renonce à sa proposition d'une hausse exceptionnelle de la fiscalité départementale. Il répète qu'il "y a des choses qui peuvent changer" au sujet des zones noires.

    Publié le 10/04/2010 Xynthia : pas de hausse d'impôts en Charente-Maritime
  • Xynthia : 250.000 euros par maison détruite

    Les propriétaires des 1.393 maisons en Charente-Maritime et Vendée soumises à démolition après la tempête Xynthia toucheront en moyenne 250.000 euros d'indemnisation.

    Publié le 08/04/2010 Xynthia : 250.000 euros par maison détruite
  • Indemnisation des maisons en zone inondable : mode d'emploi

    Comment se faire indemniser quand on est propriétaire d'une maison située dans une zone inondable et vouée à la démolition ? Explication.

    Publié le 07/04/2010 Indemnisation des maisons en zone inondable : mode d'emploi
  • Xynthia: certains ne pourront rentrer chez eux, dit Sarkozy

    "Nous ne laisserons pas se réinstaller des gens dans des maisons situées dans des lieux où il y a des risques mortels", a assuré mardi le président depuis La Rochelle, leur promettant "des terrains" pour reconstruire et des "indemnisations".

    Publié le 16/03/2010 Xynthia: certains ne pourront rentrer chez eux, dit Sarkozy
  • Les assureurs revoient la facture de Xynthia à la hausse

    La tempête devrait coûter 1,2 milliard d'euros aux diverses compagnies d'assurance. Au moins... Le délai de déclaration de sinistre ayant été étendu, il faudra des mois pour connaître la facture finale.

    Publié le 05/03/2010 Les assureurs revoient la facture de Xynthia à la hausse
  • Xynthia, une tempête à un milliard

    La tempête Xynthia, qui a fait 52 morts dans l'ouest de la France selon un bilan provisoire, coûtera environ un milliard d'euros aux assureurs, croit savoir Le Figaro.

    Publié le 03/03/2010 Xynthia, une tempête à un milliard
  • Xynthia : les maires ont-ils négligé le risque ?

    Ont-ils négligé la possibilité d'évacuer ? Ont-ils laissé construire dans des zones connues comme étant inondables ? Ont-ils traîné des pieds à appliquer des législations jugées trop contraignantes sur la prévention des risques ?

    Publié le 02/03/2010 Xynthia : les maires ont-ils négligé le risque ?
  • Xynthia : douleur, incompréhension et colère à L'Aiguillon-sur-mer

    Ouverture jeudi matin, à L'Aiguillon-sur-mer, de la première réunion d'information pour les sinistrés. Les habitants inquiets sont venus nombreux pour savoir si leurs maisons seront détruites.

    Publié le 08/04/2010 Xynthia : douleur, incompréhension et colère à L'Aiguillon-sur-mer
  • Xynthia : "zones noires" et indemnisations, les sinistrés dans l'angoisse

    Cinq semaines après le passage de Xynthia, les autorités ont commencé mercredi à dévoiler la cartographie des "zones noires" où toute habitation sera rasée. Sur place, on attend encore le détail du plan.

    Publié le 07/04/2010 Xynthia : "zones noires" et indemnisations, les sinistrés dans l'angoisse
  • Xynthia : comment les sinistrés vont être indemnisés ?

    Une indemnisation de 250.000 euros en moyenne est prévue pour les sinistrés dont la maison sera détruite. Le fonds de prévention des risques naturels majeurs sera aussi mis à contribution.

    Publié le 08/04/2010 Xynthia : comment les sinistrés vont être indemnisés ?
  • Xynthia: "on m'a donné un permis de construire, pourquoi on me l'enlève?"

    A Charron, en Charente-Maritime, les sinistrés situés dans une "zone noire" ont été convoqués individuellement jeudi par la mairie. Reportage sur place.

    Publié le 08/04/2010 Xynthia: "on m'a donné un permis de construire, pourquoi on me l'enlève?"
  • Xynthia : les larmes et la colère des sinistrés

    Les propriétaires sinistrés par la tempête Xynthia ont découvert jeudi dans les larmes, la colère ou la résignation, le tracé des "zones noires" décrétées inhabitables et le sort réservé à leur résidence.

    Publié le 08/04/2010 Xynthia : les larmes et la colère des sinistrés
  • Xynthia, les larmes de désespoir d'Aytré

    En Charente-Maritime l'émotion est grande dans les communes concernées par le plan de l'Etat. A Aytré, 71 maisons ont été classées en zone noire. Les habitants se demandent ce qu'ils vont devenir.

    Publié le 08/04/2010 Xynthia, les larmes de désespoir d'Aytré
  • Xynthia, 915 maisons détruites à L'Aiguillon-sur-mer

    A L'Aiguillon-sur-Mer, 915 maisons seront détruites. Après la douleur, les sinistrés craignent que l'Etat ne les indemnise pas assez. Certains habitants s'organisent déjà pour faire annuler les destructions.

    Publié le 08/04/2010 Xynthia, 915 maisons détruites à L'Aiguillon-sur-mer
Plus d'infos

Le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, a organisé à l'Aiguillon-sur-mer et à la Faute-sur-mer deux réunions d'information, au cours desquelles les cartes des zones désormais inhabitables ont été distribuées aux habitants. En Charente-Maritime, les habitants de Charron ont contesté, lors d'une réunion houleuse, les zones "noires" présentées jeudi soir par l'Etat. "Un certain nombre de rues était évident, mais un certain nombre d'autres a été arbitrairement classée en zone noire, il y aura des recours", a annoncé à l'AFP Thierry Demaegdt, président de l'association Reconstruire Charron. "C'est une décision prise par l'Etat, il assume ses responsabilités", a déclaré le maire de Charron, Jean-François Faget. Mais "est-ce que cela a été fait équitablement?", s'est-il interrogé.

"C'est pire que la tempête elle-même"

Les premières critiques se sont fait entendre sur les décisions de l'Etat, qui ne seront "pas négociables" pour les zones noires qui "présentent un danger de mort avéré", selon le préfet de Charente Maritime Henri Masse. Les 15 maires de Charente-Maritime concernés, réunis à Châtelaillon-Plage, ont déploré le "manque de dialogue et d'équité" qui a prévalu à la préparation des cartes, selon le maire d'Yves, Didier Roblin. "Ce n'est pas la carte des maires et les maires ne sont pas là pour cautionner l'Etat", a-t-il prévenu.

Jeudi matin, à l'Aiguillon-sur-mer, certains ont sangloté de soulagement en découvrant la carte, d'autres "savaient que c'était plié" et s'étaient résignés  par avance. Cette décision "est pire que ce qui s'est passé le 28 février" mais "il  faut qu'on parte pour sauver nos vies et celles de nos enfants", lance une  habitante de la commune. "On va se battre, on ne va pas se laisser faire comme ça", assure Mireille. Sa résidence secondaire a été construite il y a une soixantaine d'années sans permis de construire route de la Pointe, près du marais poitevin.  Le 28 février, la maison a été envahie par 25 cm d'eau. "Je sais bien qu'il y a des personnes pour qui ça va être un arrachement épouvantable", a reconnu le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot devant les quelque 600 habitants rassemblés dans la salle omnisport. "Mais cette cartographie n'a qu'un seul but, protéger la vie".

La Faute-sur-mer demande une révision du zonage

Si le maire de l'Aiguillon-sur-mer, Maurice Milcent, a affiché une relative solidarité avec les choix de l'Etat qui a décidé de raser 241 habitations dans sa commune, le maire de la Faute-sur-Mer, René Marratier, a d'ores et déjà demandé une révision du zonage pour en réduire l'ampleur. "Je reste persuadé qu'en zone inondable, il existe tout un arsenal de moyens techniques" pour prévenir les risques, a-t-il déclaré à la presse, en soulignant que, dans sa commune, la zone noire et ses 674 maisons représentait "8 à 10 hectares". A son tour, Ségolène Royal, présidente PS de Poitou-Charentes, a estimé sur Europe 1 que les annonces de destruction avaient été "très brutales" et qu'il aurait fallu "un travail de proximité beaucoup plus attentif de la part des services de l'Etat". Le président du Conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, a en revanche qualifié de "décisions lucides et courageuses" les mesures annoncées. "L'intérêt supérieur touchant à la vie humaine de nos concitoyens impose des décisions lucides et courageuses", a écrit l'élu dans un communiqué.

Si certains habitants ont affiché leur intention de résister aux décisions de l'Etat, la préoccupation semble plutôt être le montant de l'indemnisation. Selon Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), les propriétaires toucheront en moyenne 250.000 euros d'indemnisation, en comptant l'indemnisation versée par les assureurs et la contribution du Fond Barnier pour les catastrophes naturelles (Lire : Les propriétaires toucheront en moyenne 250.000 euros d'indemnisation). Selon M. Spitz, 80% des sites sinistrés ont déjà fait l'objet de la visite d'un expert, et pour les 20% restants, il y aura une visite d'expertise "dans les prochains jours".

Le maire de l'Aiguillon-sur-mer a indiqué qu'il allait "tout faire" pour permettre aux personnes contraintes de quitter leur maison de rester sur la commune. "Il me reste des zones où construire", a-t-il dit, avant d'expliquer qu'il va "faire le tour des agences immobilières" pour que les maisons en vente soient "accordées en priorité aux sinistrés".

Par DjS (avec dépêches) le 08 avril 2010 à 12:59
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

71 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • merdeuse3827, le 16/04/2010 à 16h35

    Bonjour Je suis ok avec vous ,laissons faire les gens comme ils veulent n ont il pas dejà asser souffert comme ça!!! Tot est dit dans le message ci dessus ,pour les impots comme vous dites nous en payons grassement pour je ne sais QUI!!!!je ne sais QUOI alors pour une fois que cela serais pour une bonne cause il faut absolument aider les sinistrés Je soutiens également toutes ces personnes et je leurs souhaite bon courage et surtout ne baisser pas les bras !!!!!!bien cordialement

  • thor6440, le 09/04/2010 à 18h15

    Et si on commençait par ne pas construire sur des au dessous du niveau de la mer? Surtout que ces zones on été gagnées sur la mer pour faire des champs et des pâturages, et pas des zones pavillonnaires!!

  • dinozzz, le 09/04/2010 à 14h54

    Et si on envoyait 4 ou 5 de nos ingénieurs aux pays-bas pour qu'ils nous montrent comment construire et ENTRETENIR une digue, non ?

  • thor6440, le 09/04/2010 à 13h19

    Un vendéen peut etre.... mais que dire lorsque seulement 10% des maisons ne sont pas secondaires?

  • edouardmarie, le 09/04/2010 à 10h08

    Le problème c'est que si on autorise les personnes à revivre dans leurs maisons, et qu'il se reproduit une catastrophe similaire, les sinistrés ne resteront pas sans se plaindre qu'on leur ait donné l'autorisation de ré-habiter au même endroit. Il y a des personnes qui ont été autorisés à construire dans des lieux plus exposés que d'autrs (nul n'est à l'abri nulle part). C'est cela le problème.

  • missilabeth, le 09/04/2010 à 10h07

    En réponse à phil45763, j'ai voulu faire une distinction entre les résidences principales et les résidences secondaires.Dans le premier cas la situation des gens est bcp plus critique car ils sont devenus SDF en 1 nuit, et oui à la solidarité, mais pour les résidences secondaires ça passe un peu moins,désolé.Et je ne suis pas la seule à le dire. Merci de pubier.

  • guildette22, le 09/04/2010 à 09h30

    Certes ce ne sont que des pierres , mais à l'intérieur il y a des souvenirs et peut-être des années de travail pour certains pour avoir leur rêve !! vous savez certains on encore des sentiments et un coeur !!

  • camillette13, le 09/04/2010 à 09h26

    On a l'impression que tout le monde a oublié qu'il y a eu 53 morts dans cette catastrophe. Quelques personnes essaient de ramener ce risque à ZERO. Je ne voudrais pas vivre ce que vivent aujourd'hui les expropriés mais, si la vie de mes proches était en jeu, je n'hésiterais pas et partirais à contre coeur bien sur.

  • citizen31, le 09/04/2010 à 08h49

    Il n'y a qu'en France que les gens mettent autant "d'affectif" dans une maison. J'ai vécu au Canada et je peux vous dire que c'est très différent. Une maison là bas est un "objet" comme un autre et rien de plus...

  • virginie_84, le 09/04/2010 à 08h30

    Ils vont aller où ces personnes?

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience