Le drame du RER A aurait-il pu être évité ?

Par TF1 News (avec agences), le 06 avril 2010 à 07h52 , mis à jour le 06 avril 2010 à 13h02

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot a saisi mardi l'Inspection générale des Affaires sociales, afin de s'assurer que "tout a été bien respecté".

[Expiré] [Expiré] RER A RER B train banlieue RATP SNCF gare © AFP

Après la mort vendredi d'un voyageur poussé par un homme contre une rame de RER à Paris, cela ne fait pas de doute pour l'avocate du meurtrier présumé. Oui, il y a eu des "dysfonctionnements" au sein de la police et des services médicaux qui avaient été alertés par la mère du suspect à propos de la dégradation de l'état psychiatrique et la dangerosité de son fils.

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Mardi matin, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot a saisi l'Inspection générale des Affaires sociales (IGAS), afin de s'assurer que "tout a été bien respecté". "Il s'agit d'une saisine classique. On est très sereins", a commenté le ministère.
 
"La réponse donnée n'a pas été à la hauteur"
 
"Il y a eu des dysfonctionnements. Il faudra que des personnes s'expliquent", a déclaré à l'AFP Me Touati, qui doit défendre le jeune homme de 28 ans mis en examen pour meurtre et incarcéré dimanche. "La mère a vu le comportement de son fils se dégrader à grande vitesse. Elle a appelé les services médicaux et la police mais la réponse donnée n'a pas été à la hauteur de la situation", a fustigé l'avocate. "Aucun tiers ou membre de sa famille n'a fait la demande pour qu'il soit hospitalisé sous contrainte", a rétorqué lundi soir le ministère de la santé. "Il n'était donc sous le contrôle d'aucun établissement de soin".
 
Dimanche, la mère du schizophrène avait également tenus des propos très durs. "J'avais tiré le signal d'alarme", a-t-elle notamment raconté. "Je sentais que mon fils pouvait commettre l'irréparable à chaque instant", a-t-elle dit, précisant que le jeune homme souffrait de "troubles psychiatriques lourds (...) détectés en août 2005" et avait fait "plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, dont certains de plusieurs mois". Il était "schizophrène et souffrant de troubles profonds", a précisé Me Touati.
 
"Puis l'ont relâché" 
 
Le directeur du cabinet du maire (PCF) de Fontenay-sous-Bois où habitait le jeune homme a confirmé à l'AFP que "la mère avait sollicité une élue". "La mairie a fait plusieurs fois des démarches, qui ne sont pas habituelles, en alertant le médecin psychiatre traitant du jeune homme et le commissariat", a-t-il dit. Le 23 mars, "nous avons joint l'hôpital où son fils était soigné (et) conseillé à la mère de prévenir la police, qui est intervenue le même jour avec les pompiers dans l'appartement de la famille", selon lui. "Ils ont sorti le jeune homme de l'appartement puis l'ont relâché".
 
"Lors d'une intervention à domicile de ce type, le seul fondement pour une hospitalisation sous la contrainte est une demande de la famille, d'un tiers ou du maire", a rappelé lundi soir à l'AFP la préfecture de police. "A la date du drame, cette demande n'avait pas été formulée". D'après une source policière, le suspect a, comme la loi l'exige, été examiné par des psychiatres au cours de sa garde à vue, au terme de laquelle, dimanche soir, le juge a estimé que son état était compatible avec son placement en détention et non en hôpital psychiatrique. De toute façon, "il est trop tôt pour savoir s'il y a eu un dysfonctionnement", a prévenu Jean-Claude Pénochet, président du syndicat des psychiatres des hôpitaux, craignant que l'affaire soit "utilisée politiquement".

Par TF1 News (avec agences) le 06 avril 2010 à 07:52
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2 Commentaires

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  • marianou33, le 06/04/2010 à 10h07

    A l'heure qu'il est, une famille est anéantie par le décès de cet homme, père de 3 enfants je crois, et qui par malheur a croisé le chemin d'un déséquilibré qui n'aurait jamais dû être libre. Libre d'ôter la vie de qui il voulait, quand il le voulait. Alors les éternels renvois de balle pour savoir qui est responsable de quoi...on y a droit à chaque fois qu'un malade commet l'irréparable. C'est lamentable. Toutes mes condoléances à la famille de la victime.

  • henri_bambelle, le 06/04/2010 à 08h15

    L'enquête va conclure que ni la famille ni le maire ne disposaient du formulaire CERFA normalisé qui permet de saisir les hôpitaux par voie d'huissier afin de demander l'hospitalisation sous contrainte de ce malade présumé dangereux. Donc tout est bien qui finit bien pour l'administration : personne ne sera inquiété. Au suivant !

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