Un prêtre de 41 ans, le père Hugues Madesclaire, a été retrouvé égorgé mardi soir dans la chambre de son presbytère à Marseille, avec à ses côtés un mot évoquant des intentions suicidaires. Selon des témoignages de paroissiens, il était attendu mardi à 19 heures dans le cadre d'un groupe de lecture biblique. S'inquiétant de ne pas avoir de ses nouvelles, des prêtres avaient appelé les pompiers, qui avaient bientôt découvert le corps et prévenu la police.
"Nous avons une incertitude sur la nature des faits : s'agit-il d'un suicide ou d'un homicide ?", a expliqué le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest. "Nous travaillons sur les deux hypothèses mais les premiers éléments laissent penser plutôt à un suicide", a ajouté le procureur. Une autopsie, dont les résultats sont attendus dans la journée, pourrait permettre d'en savoir plus notamment sur la nature de la plaie à la gorge du prêtre. Selon Jacques Dallest, qui s'est rendu sur place mardi soir ainsi que l'archevêque de Marseille, Georges Pontier, et le sénateur-maire UMP de la ville, Jean-Claude Gaudin, "il y a un mot avec une phrase un peu sibylline qui laisse penser, s'il est bien de sa main, qu'il voulait en finir avec la vie même si ce n'est pas explicite". Le prêtre portait également des entailles au poignet gauche. Un gros couteau de cuisine a été retrouvé dans le lavabo. Aucun vol n'a été constaté sur place. "Il n'y a pas de signes de lutte, de traces de fouilles dans la maison, rien de suspect", a ajouté le procureur de la République.
L'archevêque appelle à "une sage réserve"
Le parquet a confié l'enquête à la brigade criminelle de la police judiciaire. A ce jour, la police n'est avisée d'aucune plainte concernant le prêtre, a-t-on par ailleurs indiqué de source proche de l'enquête. Le couteau de cuisine appartenait au prêtre, qui se trouvait face à un miroir au moment de l'événement, a-t-on ajouté de même source.
L'archevêque de Marseille a appelé mercredi à "une sage réserve", Mgr Pontier commentant dans un communiqué : "Il ne m'appartient pas de qualifier les circonstances de ce drame. Devant de tels événements, la tentation est grande de vouloir tout savoir, tout expliquer". Selon lui, "le père Hugues Madesclaire vivait son ministère avec zèle et beaucoup de persévérance. Ma pensée va vers sa maman, sa soeur et sa famille. Je les assure de notre amitié et de notre prière. Je pense aussi aux prêtres du diocèse, aux chrétiens de Sainte-Marguerite, Le Redon et la Maison Cabot-Rouvière".
Selon deux paroissiennes, le père Madesclaire avait assuré son sermon samedi soir en l'église Sainte-Marguerite et dimanche matin dans la chapelle du Redon, et semblait "en pleine forme". Ces deux femmes, qui n'ont pas souhaité être identifiées, l'ont trouvé "chaleureux et souriant comme à son habitude". La victime, née à Paris et dont le père se serait lui-même suicidé voilà une vingtaine d'années, avait fait son séminaire dans le Vaucluse et avait été ordonnée prêtre en 2005 à Marseille. Il appartenait auparavant à l'Eglise luthérienne.
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