Inondations : " En France, il n'y a pas de culture du risque"

Par TF1 News (Avec agence), le 17 juin 2010 à 07h56 , mis à jour le 17 juin 2010 à 12h33

Dossier : Dossier Intempéries

Alors que les crues qui ont frappé le Var ont fait au moins 20 morts, le pré-rapport du Sénat sur la tempête Xynthia pointe les défaillances françaises dans la prévention des risques.

Les rues de Givors envahies par une coulée de boue (13 juin 2010)Les rues de Givors envahies par une coulée de boue (13 juin 2010) © TF1/LCI

"On ne transige pas avec le risque. Le Var est là pour nous rappeler que l'on serait bien inspiré de ne pas oublier trop vite les 53 morts de Xynthia". Tragique hasard de calendrier, c'est au moment même où le Var est frappé par des crues sans précédent depuis le XIXè siècle que le Sénat sonde les failles de la gestion du risque d'inondations en France... à travers le cas de la tempête qui avait endeuillé la Vendée quelques mois plus tôt. Et le constat dressé par Bruno Retailleau, sénateur non-inscrit de Vendée et président de la mission d'information, lors de la conférence de presse présentant le pré-rapport sur Xynthia, est à la fois cruel et inquiétant.

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Ses travaux lui ont permis de constater, avec le rapporteur Alain Anziani, élu PS de Gironde, que "la France demeure peu sensible à des risques qui se reproduisent régulièrement" sur son territoire. "L'urbanisation excessive dans des zones sensibles, la déficience des digues et de leur gouvernance, la complexité des dispositifs d'alerte et de prévision sont des questions débattues depuis des années, mais dont les réponses, souvent quasi-unanimes, restent lettre morte", écrivent les deux sénateurs. Ils rappellent qu'en France "l'inondation est le premier des risques de catastrophes naturelles" et qu'elle "concerne, selon l'Institut français de l'environnement, deux communes sur trois".

"Des outils peu ou mal appliqués"

"Notre système a été mis en défaut. En France il n'y a pas de culture du risque", a ainsi affirmé Bruno Retailleau dans la conférence de presse de présentation du pré-rapport. Autre constat sévère : "En France on ne manque pas de règles, on a un des codes de l'urbanisme les plus fournis au monde et pourtant on a eu des défaillances, il y a les outils mais ils sont peu ou mal appliqués". L'élu préconise donc de "restaurer cette culture" du risque. Pour lui, les enjeux sont majeurs car "80% de la population mondiale s'agrège progressivement sur les littoraux et le changement climatique (a provoqué) déjà 20 cm d'augmentation du niveau de la mer au XXè siècle".

Alain Anziani a insisté pour sa part sur les défaillances de la prévention. "Tout ça ne fonctionne pas bien", a-t-il accusé, relevant qu'en Vendée et Charente-Maritime, sur 800 communes exposées au risque de submersion marine, 46 seulement disposent d'un plan de prévention. 245.000 maisons "ont été construites entre zéro et 2 m en dessous du niveau de la mer", a-t-il révélé en déplorant aussi que 0,024% seulement des autorisations d'urbanismes soient soumises à des contrôles de légalité. Il a évoqué les "150 maisons construites sans permis" à l'Aiguillon-sur-Mer, en Vendée, expliquant que le délai de prescription en la matière est de trois ans seulement. La mission propose que tous les permis de construire dans les zones à risque soient systématiquement contrôlés.

Alain Anziani a aussi critiqué la gestion de l'après-tempête et notamment le zonage selon le risque, qui a soulevé une levée de boucliers des habitants craignant une expropriation : "Le gouvernement s'est pris les pieds dans le tapis, il a fait de la reconnaissance d'un droit à l'acquisition amiable dans de très bonnes conditions, une sorte d'outil répressif en disant : on va vous chasser de chez vous". Bruno Retailleau a enfin évoqué l'urgence d'une décision de l'Etat pour le financement des travaux de consolidation des digues en prévision des marées d'équinoxe de septembre.

Par TF1 News (Avec agence) le 17 juin 2010 à 07:56
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10 Commentaires

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  • innovaverte, le 17/06/2010 à 22h15

    Une mission pour sauver des vies Madame, Monsieur, Une nouvelle technologie réduit le risque sanitaire lié à la consommation d'eau contaminée. Il s'agit d'un détecteur d'eau potable solaire qui mesure le temps nécessaire à la purification de l'eau pour la rendre potable. Ce détecteur lauréat se visse simplement sur une bouteille PET bien remplie avec de l'eau polluée qui doit être mise au soleil. Après quelques heures seulement, le détecteur indique que l'eau est purifiée et enfin potable. Le détecteur peut être utilisé pendant au moins cinq ans. Grâce à un capteur solaire intégré, l'appareil fonctionne sans maintenance. De plus, il est autonome sur le plan énergétique. Pour en savoir plus : www.sauverunevie.blogspot.com Que pouvez-vous attendre de nous ? La mission d'Innovaverte est d'équiper chaque personne avec un détecteur d'eau potable solaire pour que sa consommation en eau potable soit garantie. De plus, Innovaverte réduit, avec ce détecteur, les émissions de carbone (CO?), allège les dépenses de l'assurance maladie et propose aussi son aide dans les cas d'urgence, comme par ex.: séisme, inondation, tempête, cyclone ... Pour réaliser cette mission, Innovaverte s'adresse à la collectivité mais aussi directement aux personnes qui risquent de consommer de l'eau non potable (polluée, contaminée ...) au quotidien. Si vous êtes intéressé par ce produit ou si vous voulez l'acheter pour les personnes sinistrées (dans le Var, en Vendée, en Haïti ?), prenez simplement contact avec nous. Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées. Michael Pejcl

  • tequilap, le 17/06/2010 à 15h38

    L'urbanisation, la destruction des haies dans les campagnes, et j'en passe...on en verra d'autres des catastrophes en France...in-habituée a ça et surtout inadaptée dans la prévention ..avec une simple météo de confort pour savoir si on pourra faire un barbecue le WE !!

  • dom145, le 17/06/2010 à 15h24

    Les considérations financières en matière d'urbanisme,font que beaucoup de risques sont zapper, et comme un accident à un carrefour, des nouvelles dispositions sont évoquées toujours après; le plus désolant étant la mort de personnes !!!

  • jples03, le 17/06/2010 à 13h49

    Bon ce ne sont que des éléments climatiques !! avec toute la tristesse et le respect dus aux personnes disparues mais ... il ne faut pas non plus exagérer !! et puis pendant qu'ils vont nettoyer ils penserons peut-être moins à pigeonner le touriste !!

  • liberpater, le 17/06/2010 à 13h08

    Les assureurs encaissent pourtant leurs primes pour ces maison, les pouvoirs publiques encaissent eux-même les impôts locaux, réseaux éléctrique de France les raccorde... Alors pourquoi seraient-il pénalisés en cas de catatrophe naturelle ? De la même façon si le permis de construire était une garantie de sécurité comment expliquer que des centres villes ont été ravagés ces derniers jours ? Devrait-on les razer ? Enfin n'oublions pas que certains défenseurs de la nature empêchent ou retardent des travaux nécessaires d'aménagement des digues et de berges, voire des ouvrages de régulation des fleuves au prétexte de protéger... Enfin ils trouvent bien quelque chose ! Alors SVP réflechissez avant de condamner et pensez que nul n'est à l'abri d'une catastrophe !

  • h6henri, le 17/06/2010 à 11h00

    Il ne faut pas se voiler la face : le pays a désiré une décentralisation accrue . C'est à dire que dès la promulgation de la loi du 2 mars 1982 et de la loi du 7 janvier 1983, le pouvoir de délivrer des autorisations de construire a été donné à des élus. Elles sont les autorités de ' droit commun" pour modifier les P.O.S et les P.L.U , et toutes les commune n'ont pas des moyens techniques pour vérifier la bonne application des règles d'urbanisme. Au passage, il était déjà évident que ces lois allaient accroître le volume de la fiscalité locale. Enfin, il n'y a qu'à voir quelles ont été les réactions locales vis à vis des mesures que l'Etat voulait appliquer en Vendée...Le pire, c'est que ces mêmes personnes, si ce type de tempête se renouvelle, seraient les premières à critiquer passionnellement la non- application des mesures préconisées par l'Etat . Il y aurait un " bouquin", voire plusieurs, à écrire sur ces sujets...

  • humanoide56, le 17/06/2010 à 10h06

    De telles catastrophes sont innévitables, du fait que les élus locaux sont en majorité incompétents en urbanisme. Trop d'opérations immobilières hasardeuses, c'est aux services de l'état de fixer les règles : seul des architectes urbanistes, ingénieur des pont et chaussée et génie civil, géologue, sont habilités. Ce qui arrive dans le Var est similaire et du même niveau que les glissement de terrain de Bogota ou de Rio (pour ce dernier le problème est inversé il résulte de la pauvreté galopante, ce qui n'est pas le cas dans le Var)

  • baal_, le 17/06/2010 à 09h19

    C'est pas grave que le délai de prescription soit de 3 ans. Suffit de refuser de rebatir après sinistre. Et de refuser d'indemniser. On parle quand même de construction sans permis là, c'est grave. Les gens se sont mis hors système et mobilisent d'autant plus les secours. C'est un irrespect total pour le reste des contribuables. Le comble c'est tous ceux qui refusent les tracés de zones à risque et les expropriations (avec indemnisation) alors que la société ne leur doit strictement rien.

  • cindi21, le 17/06/2010 à 09h16

    On ne va tout de même pas accuser le gouvernement ,l'État, de toutes ces inondations.Sinon il faut raser les villes où il y a un petit ruisseau où une rivière qui coule . . et raser Paris aussi ......

  • baal_, le 17/06/2010 à 09h04

    Tout est bétonné, clôture. Les eaux ne peuvent plus s'écouler et/ou se disperser. Résultat elles se déversent en trombes dans les rues et sur les axes routiers avec un effet entonnoir. Au plus on bétonnera les côtes (et le reste), pas seulement pour les grands immeubles, mais aussi pour la moindre parcelle transformée en villa emmurée, et au plus les inondations seront graves, "culture du risque" ou pas.

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