Tentatives de suicide en série dans un collège : l'enquête

Par TF1 News (D'après agence), le 25 juin 2010 à 11h03 , mis à jour le 25 juin 2010 à 22h42

La justice "n'a pas d'éléments en faveur d'un délit d'incitation au suicide" après quatre tentatives de suicide de collégiens de l'Aude, dont une mortelle, selon le procureur.

[Expiré] [Expiré] collège suicide Coursan Aude © AFP

Le choc, l'incompréhension et les questions. La préfecture de l'Aude a appelé vendredi les parents à une vigilance accrue après le suicide d'une jeune fille et les tentatives de trois autres adolescents d'un même collège dans la petite commune de Coursan, près de Narbonne. En une semaine, ces quatre jeunes de 15 et 16 ans de l'établissement des Mailheuls ont voulu mettre fin à leurs jours en absorbant des médicaments. Transportée à l'hôpital le 17 juin, l'adolescente est décédée jeudi matin. Ses trois camarades sont hors de danger ; deux ont repris les cours.

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Après ce drame, les interrogations sont nombreuses et l'inquiétude vive. Les quatre collégiens auraient été durement affectés par la mort récente de deux élèves dans des accidents de circulation. Le procureur de Narbonne souligne que la jeune fille décédée souffrait aussi peut-être d'un chagrin amoureux. On relève aussi que les trois adolescents qui ont survécu n'avaient pas la même volonté de mourir et cherchaient peut-être à attirer l'attention.
 
Habitués à communiquer sur Facebook
 
Cependant, la direction de l'école avait bien senti que certains élèves étaient fragilisés par les deux accidents car ils connaissaient bien le jeune homme tué à scooter, ainsi que la jeune fille tuée par une voiture alors qu'elle revenait d'une fête. La principale du collège a assuré que tout avait été fait pour essayer de protéger les élèves. "Nous avons fait le nécessaire pour les accompagner en étant à leur écoute et en mettant en place une écoute psychologique", a dit Palmire Andrieu à des journalistes. Une cellule psychologique a été mise en place dans l'école. Par ailleurs, à deux reprises, lundi et mercredi, la direction de l'établissement a appelé les parents à la vigilance par le biais des carnets de correspondance des élèves. Selon la principale, les quatre jeunes ne formaient pas "un groupe uni; certains enfants se connaissaient, d'autre pas".
 
Selon d'autres informations toutefois, trois des quatre adolescents (deux garçons, deux filles) étaient élèves de la même classe de troisième. Habitués à communiquer par l'intermédiaire des réseaux sociaux sur internet, deux des quatre collégiens avaient fait part de leurs intentions avant de passer à l'acte, selon la préfecture. Le parquet de Narbonne a ouvert une enquête préliminaire pour déterminer si quelqu'un a incité au suicide par l'intermédiaire d'internet. Mais, a dit le procureur Bertrand Baboulenne, il n'y a pas à ce stade "d'éléments en faveur d'un (tel) délit". Et d'appeler "à raison garder" face à ces événements. "Ces jeunes étaient en contact sur Facebook. C'est logique que les accidents aient alimenté des discussions entre ados sur la mort, ce n'est pas parce que les gamins discutent qu'il y a incitation et nous n'avons pas d'éléments, en l'état, en faveur d'un délit d'incitation au suicide", a ajouté le procureur. "Nous ne pouvons confirmer pour l'instant que les quatre tentatives aient été concertées", a-t-il précisé.
 
La crainte d'un "phénomène de mimétisme"
 
Les gendarmes mènent une enquête classique face à un suicide et vont inspecter l'ordinateur de la victime "pour comprendre les causes de son acte". Ils devraient aussi "se rendre au domicile des autres collégiens pour les entendre, mais lorsqu'ils seront rétablis", a encore dit le procureur. Selon lui, l'enquête préliminaire "pourrait prendre plusieurs semaines avant que la justice ne se prononce vraiment entre un classement sans suite et l'ouverture d'un information judiciaire".
 
Pour la préfecture, la vigilance des parents est encore plus nécessaire avec la médiatisation de l'affaire, qui augmente le risque que cette série ne fasse des émules. Outre un renforcement de l'assistance psychologique aux élèves du collège mais aussi au personnel éducatif, "nous relançons aujourd'hui un appel à la vigilance en direction des adultes, des parents au premier chef, de façon à ce que, si leurs enfants ont un comportement inhabituel, ils n'hésitent pas, soit par le biais du collège, soit par le biais du Samu, à signaler cette détresse ou cette vulnérabilité", a dit le directeur de cabinet de la préfecture à l'AFP. Il a dit redouter "un phénomène de mimétisme": "On est dans une période de risque élevé du fait de cette médiatisation, qui est légitime". Cette préoccupation est partagée par le maire, Gilbert Pla. "La consternation nous gagne ainsi qu'une tristesse très profonde. Nous voulons entourer les jeunes afin que la psychose ne s'agrandisse pas. Nous voulons que les jeunes gens sortent de cette situation de désespérance que nous ne comprenons pas", a-t-il dit. Les obsèques de la jeune fille auront lieu samedi.

Par TF1 News (D'après agence) le 25 juin 2010 à 11:03
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13 Commentaires

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  • bafloru, le 25/06/2010 à 22h52

    Comment un enfant de 15 ans ne peut plus avoir envie de vivre !!! comment leur éviter un tel désespoir ??? parler, communiquer, partager !! v62138, le mal etre de la victime est évidemment primordial, mais lorsqu'un enfant se suicide, les parents et toutes autres personnes qui l'aime "meurent " et "sont détruites" n'ont plus de but et subissent leur vie........ parce qu'il sn'ont pas compris, su prévenir, su intervenir! elealouest, je suis d'accord!

  • elealouest, le 25/06/2010 à 21h19

    Lorsqu'on décide de mettre fin à ses jours, on pense évidemment au chagrin qu'on va causer à nos proches, mais la douleur, la détresse, la solitude, sont si fortes que ça prime sur les conséquences d'un tel acte. Adolescents, c'est pareil que pour les adultes, sauf qu'ils sont entrain de se construire. Et que ça passe aussi par la phase où l'on se détache de sa famille, pour ne plus ressembler aux parents, mais à soi-même.... dire que les enseignants, les parents, les amis, personne n'a rien vu, il y a souvent des signes annonciateurs mais on met ça sur le compte de l'adolescence, ou pour untel une rupture amoureuse etc et que ça va passer... et ça ne passe pas... et là, ça fait si mal qu'il faut arrêter de penser, d'avoir mal.... c'est pour cela que, quoi que nos adolescents et plus petits enfants nous disent, font des bêtises, à aucun moment il ne faut rompre le dialogue avec eux, leur laisser toujours la porte ouverte pour parler, ne jamais les juger, les condamner...

  • fjn64, le 25/06/2010 à 19h06

    Pauvres ados... Ils sont de plus en plus lobotomisés par internet et leurs portables (SMS envoyés entre eux en classe d'après un collègue prof en lycée) qui prennent de plus en plus de place dans leur vie au point de reléguer tout le reste, école et même famille, au second plan. Triste avenir pour notre pays...

  • v62138, le 25/06/2010 à 18h50

    J'ignorais que la peine des proches comptait davantage que de se préoccuper du mal-être de la victime et de déployer tous les efforts possibles pour lui redonner le goût de vivre. Je prie pour que votre sentiment égoïste demeure un cas isolé sinon notre jeune génération est mal barrée.

  • patolele, le 25/06/2010 à 18h08

    C'est un sujet délicat ,très difficile pour les parents qui vont culpabiliser de n'avoir rien vu , mais ils ne peuvent rien et ne sont pas responsables ,puis dire toujours c'est internet je penses pas non plus ,c'est un mal de notre société , toujours se méfier quand les enfants se replient sur eux même ,essayer de voir discuter ,bref établir un dialogue , de voir dans leur ordi leur blog ,bon pas génial une sorte de flicage ,mais si ca peut sauver une vie ,mais malgré tout cela peut ton tout voir ?; je ne suis pas sure malheureusement ,en tout cas que ces jeunes se disent tout fini par s'arranger dans la vie , enfin c'est toujours facile a le dire; mais pour la personne dépressif c'est pas évident surement

  • elealouest, le 25/06/2010 à 18h06

    Si je décrypte ce que dit diktatur, ça veut dire qu'à l'époque, on n'assurait pas d'aide psychologique quand un drame se produisait au sein du lycée, maintenant on psychologise tout et n'importe quoi, effectivement, lorsque j'étais en terminale, une camarade de classe s'est suicidée, on a pleuré, on s'est consolé entre nous et elle est toujours présente dans mon esprit maintenant.... Là, pas une question de volonté, juste d'être soutenu, par un copain, un membre de la famille, un enseignant, bref, une personne à laquelle on aurait peut-être pas pensé...

  • baluste, le 25/06/2010 à 18h05

    Les ados font plus confiances à leur internet pour exprimer leurs malaises qu'aux parents, résultat un mal silencieux

  • pascalcaen, le 25/06/2010 à 17h53

    C'est bien connu, le suicide des ados a été inventé l'année dernière... Pauvre commentaire.

  • ten75, le 25/06/2010 à 17h25

    Au dela de toutes considérations de cadre de travail , il y dans les suicides des phénomènes de copie , d'entrainement en cascade au sein d'une meme communauté , cela est vérifié dans les suicides collectifs de sectes , des maillons faibles sont entrainés par un processus de répétition de l'acte

  • didierbretagne, le 25/06/2010 à 13h45

    Sans doute vrai mais les parents dans ce que vous dites ?

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