© AFPLe choc, l'incompréhension et les questions. La préfecture de l'Aude a appelé vendredi les parents à une vigilance accrue après le suicide d'une jeune fille et les tentatives de trois autres adolescents d'un même collège dans la petite commune de Coursan, près de Narbonne. En une semaine, ces quatre jeunes de 15 et 16 ans de l'établissement des Mailheuls ont voulu mettre fin à leurs jours en absorbant des médicaments. Transportée à l'hôpital le 17 juin, l'adolescente est décédée jeudi matin. Ses trois camarades sont hors de danger ; deux ont repris les cours.
Suicide dans un collège de l'Aude : l'adieu poignant de ses camarades
Une cinquantaine de collégiens ont assisté samedi aux obsèques de Chloé, 15 ans, qui a succombé après avoir attenté à ses jours comme trois autres élèves du collège des Mailheuls à Coursan, dans l'Aude.
Publié le 26/06/2010
Aude : suicides en série de collégiens
La petite ville de Coursan était sous le choc vendredi après le suicide d'une adolescente et les tentatives de trois de ses camarades. Ils auraient été durement affectés par la mort récente de deux élèves.
Publié le 25/06/2010
Après ce drame, les interrogations sont nombreuses et l'inquiétude vive. Les quatre collégiens auraient été durement affectés par la mort récente de deux élèves dans des accidents de circulation. Le procureur de Narbonne souligne que la jeune fille décédée souffrait aussi peut-être d'un chagrin amoureux. On relève aussi que les trois adolescents qui ont survécu n'avaient pas la même volonté de mourir et cherchaient peut-être à attirer l'attention.
Habitués à communiquer sur Facebook
Cependant, la direction de l'école avait bien senti que certains élèves étaient fragilisés par les deux accidents car ils connaissaient bien le jeune homme tué à scooter, ainsi que la jeune fille tuée par une voiture alors qu'elle revenait d'une fête. La principale du collège a assuré que tout avait été fait pour essayer de protéger les élèves. "Nous avons fait le nécessaire pour les accompagner en étant à leur écoute et en mettant en place une écoute psychologique", a dit Palmire Andrieu à des journalistes. Une cellule psychologique a été mise en place dans l'école. Par ailleurs, à deux reprises, lundi et mercredi, la direction de l'établissement a appelé les parents à la vigilance par le biais des carnets de correspondance des élèves. Selon la principale, les quatre jeunes ne formaient pas "un groupe uni; certains enfants se connaissaient, d'autre pas".
Selon d'autres informations toutefois, trois des quatre adolescents (deux garçons, deux filles) étaient élèves de la même classe de troisième. Habitués à communiquer par l'intermédiaire des réseaux sociaux sur internet, deux des quatre collégiens avaient fait part de leurs intentions avant de passer à l'acte, selon la préfecture. Le parquet de Narbonne a ouvert une enquête préliminaire pour déterminer si quelqu'un a incité au suicide par l'intermédiaire d'internet. Mais, a dit le procureur Bertrand Baboulenne, il n'y a pas à ce stade "d'éléments en faveur d'un (tel) délit". Et d'appeler "à raison garder" face à ces événements. "Ces jeunes étaient en contact sur Facebook. C'est logique que les accidents aient alimenté des discussions entre ados sur la mort, ce n'est pas parce que les gamins discutent qu'il y a incitation et nous n'avons pas d'éléments, en l'état, en faveur d'un délit d'incitation au suicide", a ajouté le procureur. "Nous ne pouvons confirmer pour l'instant que les quatre tentatives aient été concertées", a-t-il précisé.
La crainte d'un "phénomène de mimétisme"
Les gendarmes mènent une enquête classique face à un suicide et vont inspecter l'ordinateur de la victime "pour comprendre les causes de son acte". Ils devraient aussi "se rendre au domicile des autres collégiens pour les entendre, mais lorsqu'ils seront rétablis", a encore dit le procureur. Selon lui, l'enquête préliminaire "pourrait prendre plusieurs semaines avant que la justice ne se prononce vraiment entre un classement sans suite et l'ouverture d'un information judiciaire".
Pour la préfecture, la vigilance des parents est encore plus nécessaire avec la médiatisation de l'affaire, qui augmente le risque que cette série ne fasse des émules. Outre un renforcement de l'assistance psychologique aux élèves du collège mais aussi au personnel éducatif, "nous relançons aujourd'hui un appel à la vigilance en direction des adultes, des parents au premier chef, de façon à ce que, si leurs enfants ont un comportement inhabituel, ils n'hésitent pas, soit par le biais du collège, soit par le biais du Samu, à signaler cette détresse ou cette vulnérabilité", a dit le directeur de cabinet de la préfecture à l'AFP. Il a dit redouter "un phénomène de mimétisme": "On est dans une période de risque élevé du fait de cette médiatisation, qui est légitime". Cette préoccupation est partagée par le maire, Gilbert Pla. "La consternation nous gagne ainsi qu'une tristesse très profonde. Nous voulons entourer les jeunes afin que la psychose ne s'agrandisse pas. Nous voulons que les jeunes gens sortent de cette situation de désespérance que nous ne comprenons pas", a-t-il dit. Les obsèques de la jeune fille auront lieu samedi.
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