Clotidle Reiss lors de son procès, le 8 août 2009 © ReutersL'ancien sous-directeur de la DGSE Maurice Dufresse, connu sous le pseudonyme de Pierre Siramy, a été mis en examen mercredi soir pour "violation du secret professionnel" et "violation du secret de la défense nationale". Il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.
Clotilde Reiss raconte son enfer iranien
Dans un récit fait à France Culture, l'universitaire française de 24 ans retenue dix mois en Iran, revient sur sa détention et son procès où elle confie avoir eu "l'impression d'être au Jugement dernier".
Publié le 10/06/2010
Clotilde Reiss a-t-elle travaillé pour la DGSE ?
Selon un ancien sous-directeur des services secrets français, la jeune universitaire a "collaboré" avec la DGSE. Explications.
Publié le 16/05/2010
Maurice Dufresse, auteur d'un livre intitulé "25 ans dans les services secrets", s'était attiré les foudres des autorités françaises à la mi-mai en affirmant que Clotilde Reiss, l'étudiante française retenue pendant dix mois en Iran, était un contact occasionnel des services français. Il se fondait sur le fait que la jeune femme, lectrice à l'université d'Ispahan, avait effectué un stage au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) où travaille son père et avait une mère officier. Ces propos ont été démentis de toutes parts. Le ministère de la Défense reproche par ailleurs à Maurice Dufresse d'avoir livré dans son livre des informations sur le fonctionnement interne de la DGSE et sur certains dossiers.
| Clotilde Reiss : "l'impression d'être au Jugement dernier" |
Dans un récit fait à France Culture et dont Libération publie des extraits jeudi, Clotilde Reiss revient sur sa détention et son procès. Le journal publie des dessins réalisés par la jeune fille durant sa détention, reproduisant notamment sa cellule, "une petite pièce de 8 m2 avec juste un robinet et une moquette - donc c'était très sale - où chacune des quatre détenues avait deux couvertures et une brosse à dents" et "dormait par terre". "L'une de mes premières phrases a été de leur demander si on était torturé. Très vite, elles m'ont rassuré. C'étaient trois filles qui souriaient. J'ai compris par la suite que leur survie passait par là", confie la jeune universitaire. "L'activité principale, c'était soit la douche, soit la sortie en plein air de quinze minutes. Et les interrogatoires où l'on va de sueur froide en sueur froide", témoigne-t-elle. Clotilde Reiss relate ses séances d'interrogatoire où "on te fait asseoir face au mur, les yeux bandés" et au cours desquelles "les questions de prédilection portent sur les gens que tu connais". "On te pose les mêmes, vingt ou trente fois.""Physiquement, ils ne m'ont pas menacée, mais m'ont fait subir des pressions morales, un chantage affectif. On me disait: +tu peux rester ici des années+", raconte-t-elle. Vient le procès qui "a duré cinq heures et pendant une heure le président a prononcé une diatribe d'une violence incroyable. J'avais l'impression d'être au Jugement dernier, d'être condamnée avant même de m'être exprimée", raconte Clotilde Reiss qui parle du "jour le plus dur de (sa) vie". |
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