La mort de Luigi, le jeune gitan tué dans le Loir-et-Cher par le tir d'un gendarme, avait entraîné dimanche dernier des violences de la part de la communauté de gens du voyage qui avait alors pris pour cible la gendarmerie de Saint-Aignan. Quelques dizaines d'individus avaient traversé la ville en brandissant haches et tronçonneuses, s'en prenant aux platanes, aux commerces et brûlant des voitures. Depuis, les esprits se sont quelque peu apaisés et la justice a commencé à trancher.
Concernant les violences, spectaculaires, qui avaient traversé cette localité ordinairement des plus calmes de quelque 3400 âmes, le tribunal de Blois a condamné jeudi deux hommes, l'un à dix mois de prison ferme, l'autre à quatre mois avec sursis, pour diverses dégradations. Un mineur de 17 ans a été mis en examen et laissé en liberté sous contrôle judiciaire pour les mêmes faits. Le frère de Miguel Duquenet, le conducteur qui accompagnait Luigi lors de la fatale rencontre avec les gendarmes, a été relaxé et a lancé un appel au calme à la sortie de l'audience.
"J'ai vu des ombres qui sortaient d'une petite rue"
Concernant le drame à l'origine de ces violences, le parquet de Blois a ouvert deux enquêtes judiciaires parallèles sur le décès du jeune Luigi, 22 ans, et sur les risques encourus par les gendarmes avant les tirs. Ces derniers assurent que le véhicule dans lequel se trouvait le jeune homme avait refusé de s'arrêter et leur avait foncé dessus par deux fois, ce qui avait poussé l'un deux à ouvrir le feu.
Miguel Duquenet, qui était aussi dans le véhicule visé par les tirs des gendarmes, s'était rendu jeudi. Il avait alors été placé en garde à vue dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour "tentative d'homicides volontaires" sur trois gendarmes, "refus d'obtempérer" et "non assistance de personne en danger". Tard vendredi soir, il est ressorti du palais de justice de Blois dans une voiture de gendarmes. Une source judiciaire a précisé que l'homme avait été présenté à un juge d'instruction puis à un juge des libertés et de la détention afin de statuer sur son placement en détention provisoire. Interrogé, le parquet de Blois n'a pas communiqué sur cette affaire. Un proche de Miguel Duquenet a indiqué que "Miguel allait aller aux assises".
Avant de se rendre, Miguel Duquenet avait expliqué qu'il contestait la thèse de la légitime défense des gendarmes, qu'il n'avait pas forcé de contrôle routier, ni participé à une course poursuite. "Il faisait nuit noire à l'entrée du village, j'ai vu des ombres qui sortaient d'une petite rue sur le côté, j'ai pensé que c'était des gens du pays, j'ai freiné pour ne pas leur rentrer dedans, puis il y a eu deux tirs, mon cousin m'est tombé dessus, il n'y a eu aucune sommation", avait-il raconté.








