Miguel Duquenet, qui accompagnait le jeune gitan abattu par les gendarmes à Saint-Aignan, se rend au palais de justice de Blois. Miguel Duquenet, le conducteur qui accompagnait Luigi, le jeune gitan tué par un gendarme dans le Loir-et-Cher, s'est rendu jeudi à la justice pour rétablir la "vérité" sur le tir mortel, survenu selon lui, sans barrage ni sommation, comme il l'a dit à l'AFP avant sa reddition. "Il faisait nuit noire à l'entrée du village, j'ai vu des ombres qui sortaient d'une petite rue sur le côté, j'ai pensé que c'était des gens du pays, j'ai freiné pour ne pas leur rentrer dedans, puis il y a eu deux tirs, mon cousin m'est tombé dessus, il n'y a eu aucune sommation", a déclaré cet homme de 38 ans, nerveux et tendu.
Gitan tué à Saint-Aignan : possible mise en examen du gendarme
Le gendarme qui avait tué un jeune gitan à Saint-Aignan (Loiret) en juillet dernier sera bientôt entendu par un juge d'instruction et risque une mise en examen, a déclaré jeudi l'avocat de la famille de la victime.
Publié le 10/09/2010
Calme et recueillement aux obsèques du jeune gitan
La communauté gitane s'est réunie mardi matin dans la douleur et le recueillement pour les funérailles de Luigi Duquenet, un jeune homme de 22 ans tué par balle à un contrôle routier, avec une messe à l'église de Saint-Gervais-la-Forêt.
Publié le 20/07/2010
Les gens du voyage refusent d'être montrés du doigt
Avant une réunion mercredi à l'Elysée, quatre associations représentant les gens du voyage s'élèvent, avec une partie de la classe politique, contre "l'odieuse stigmatisation" dont ils s'estiment victimes, notamment à l'occasion des violences de Saint-Aignan.
Publié le 25/07/2010
Violences de Saint-Aignan: gardes à vue et informations judiciaires
Quatre gitans ont été placés en garde à vue mercredi pour les violences commises dans la vallée du Cher, a annoncé le parquet de Blois qui a ouvert deux informations judiciaires parallèles, sur les circonstances de la mort du jeune Luigi Duquenet et sur les risques encourus par les gendarmes qui tentaient de le stopper.
Publié le 21/07/2010
Nuit calme à Saint-Aignan avant les funérailles du jeune gitan
La nuit a été calme dans la vallée du Cher. Mardi matin, les gens du voyage se préparaient aux funérailles de Luigi Duquenet, 22 ans, tué par balle par un gendarme dans la nuit de vendredi à samedi.
Publié le 19/07/2010
Gendarmerie attaquée : 300 militaires déployés à Saint-Aignan
Une cinquantaine de gens du voyage ont attaqué dimanche la gendarmerie de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) avec des haches et des barres de fer pour protester contre la mort d'une jeune homme tué par un gendarme.
Publié le 18/07/2010
Saint-Aignan : la version du conducteur
Miguel Duquenet, qui conduisait la voiture dans laquelle son cousin a été mortellement touché par un tir de gendarme le week-end dernier, s'est constitué prisonnier jeudi pour livrer sa version, très différente des militaires.
Publié le 22/07/2010
Depuis le drame, cet homme marié, père de quatre enfants et grand père depuis quinze jours assure être resté chez lui, dans une petite maison de Chatillon-sur-Cher où il a reçu l'AFP avant de partir pour le palais de justice de Blois. "Ce que je veux, c'est que la vérité sorte, que ça soit dit à la télé et qu'on arrête de raconter des choses fausses sur nous", a-t-il dit en démentant la thèse de la légitime défense soutenue par les gendarmes.
"J'ai toujours dormi chez moi depuis les faits"
"Quand on veut arrêter une voiture, on fait un barrage sur la route, on met des herses, on essaie de crever les pneus, il n'y avait rien de tout ça, c'était un guet-apens, c'est tout", a-t-il ajouté. "Je suis brisé", a-t-il dit, "le gendarme va mourir avec ça sur la conscience" . Alors que la justice le soupçonne de "tentative d'homicide volontaire sur des gendarmes" et de "non-assistance à personne en danger", il s'est étonné que personne ne soit venu le chercher. "J'ai toujours dormi chez moi depuis les faits, je ne me suis jamais caché. Tout le monde sait que je suis ici, les gendarmes aussi. Ca fait 26 ans qu'on vit ici, je n'ai jamais eu l'intention de me sauver", a dit cet homme mince et brun aux yeux cernés.
Selon lui, la voiture, une vieille R19 avec 300.000 km au compteur, n'a jamais été impliquée dans une course poursuite. Le parquet de Blois a ouvert deux enquêtes judiciaires parallèles sur les circonstances du décès de Luigi et sur les graves risques encourus par les gendarmes avant les tirs. Ces derniers assurent que le véhicule a refusé de s'arrêter et leur a foncé dessus par deux fois. Après les tirs, a raconté Miguel Duquenet, "j'étais complètement paniqué, j'étais en cinquième (vitesse), Luigi était tombé sur le levier de vitesse, la voiture est repartie en toussant, j'ai décidé d'aller chez mon oncle à 5-6 km". Une fois arrivés, "on a appelé les pompiers, je lui ai fait du bouche à bouche, je lui ai massé le cœur mais il n'y avait plus rien à faire". Son passager est mort d'une balle dans le flanc, tirée latéralement sur le côté droit du véhicule, à environ 2,50 mètres, selon lui.
Avant sa mort, son cousin s'était installé depuis un mois dans son jardin, dans une caravane, avec son épouse et sa fille de deux ans et demi. "Nous, Sarko ne peut pas nous expulser, on est Français, tous nos grands-parents sont Français", a dit celui qui a toujours habité la vallée du Cher, "jamais en camp", toujours dans une maison. Miguel Duquenet avait promis de se rendre après les obsèques qui ont eu lieu mardi. Ses proches ont tout fait pour qu'il soit entendu comme un "témoin" et non comme un "criminel", selon les informations obtenues par l'AFP dans l'entourage familial. Pour la procureure de Blois, le témoignage du conducteur est "particulièrement important". "Des investigations approfondies et des expertises précises sont nécessaires avant d'arriver à une conclusion qui doit se garder d'être hâtive", selon elle.
Des condamnations pour les dégradations
Le frère de Miguel Duquenet a lancé un appel au calme dans l'après-midi après avoir été relaxé par le tribunal de Blois au terme d'une audience de comparution immédiate consacrée aux violences qui ont suivi le décès de leur cousin Luigi. Le tribunal a condamné deux autres hommes, l'un à dix mois de prison ferme, l'autre à quatre mois avec sursis, pour des dégradations commises dimanche matin au village de Saint Aignan.
Un mineur de 17 ans a été mis en examen dans la matinée et laissé en liberté sous contrôle judiciaire pour les mêmes faits. Franckie Garand, 40 ans, qui a écopé du sursis, a salué la justice en sortant du tribunal : "Chapeau ! Elle a été impartiale elle a rendu un jugement juste", a-t-il dit.
Après sa reddition, Miguel Duquenet a quant à lui été placé en garde à vue dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour "tentative d'homicides volontaires" sur trois gendarmes, "refus d'obtempérer" et "non assistance de personne en danger".
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Gitan tué à Saint-Aignan : possible mise en examen du gendarme
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