Mener "une véritable guerre" contre la criminalité : les mots sont forts, les mesures immédiates. Nicolas Sarkozy a décidé de remplacer l'actuel préfet de l'Isère par Eric Le Douaron, aujourd'hui préfet de la Meuse, après les violences qui ont éclaté à Grenoble et dans le Loir-et-Cher ces derniers jours. Le week-end dernier et en début de semaine dans plusieurs points de la vallée du Cher, après la mort d'un jeune de la communauté du voyage, tué dans la nuit de vendredi à samedi par un gendarme après avoir forcé un contrôle. Dans le quartier de La Villeneuve à la suite du décès d'un braqueur, originaire du quartier, lors d'un échange de tirs avec la police.
Dans une "déclaration sur la sécurité" publiée par l'Elysée, le président Nicolas Sarkozy annonce la tenue d'une réunion le 28 juillet où sera décidée l'expulsion de "tous les campements en situation irrégulière". Dans sa déclaration, Nicolas Sarkozy affirme que ces incidents "soulignent les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms"."Cette réunion fera le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière", conclut-il.
"Des événements d'une extrême gravité viennent de se produire ces jours derniers dans l'Isère et le Loir-et-Cher marquant une escalade de la violence, en particulier envers les forces de l'ordre. Ces événements ne sont pas acceptables", affirme le chef de l'Etat dans le texte. "L'autorité de la loi doit être respectée sur l'ensemble du territoire national. C'est pourquoi j'ai décidé de nommer préfet de l'Isère Eric Le Douaron, un policier de métier, préfet de la Meuse, qui a été durant six ans un très remarquable directeur de la sécurité publique à Paris, de la même façon que j'ai nommé voici quelques semaines Préfet de la Seine Saint Denis un autre grand policier en la personne de Christian Lambert." Le chef de l'Etat ajoute qu'il installera lui-même le nouveau préfet le 30 juillet. Le préfet de l'Isère déchu, Albert Dupuy avait pourtant réuni mardi un "Grenelle local" de la sécurité à Grenoble. Il avait proposé un renforcement de la lutte contre l'économie souterraine et une accélération de la rénovation urbaine. Une trentaine d'élus, les services de l'Etat et des représentants d'associations avaient participé à cette réunion en préfecture, convoquée par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.
Les obsèques du braqueur tué jeudi
Si le retour au calme semblait se confirmer dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble, des tags injurieux visant la police et les autorités locales ont été inscrits sur les murs d'une autre banlieue de la ville. Des insultes, notamment "un bon flic, c'est un flic mort", "un flic = une balle" ou "solidaire Villeneuve" ont été inscrites sur les murs d'un bâtiment de la police municipale de Sassenage (Isère), a rapporté la gendarmerie mercredi. Sur le mur d'une école de danse, on pouvait également lire "nique le préfet, le maire et le commissaire", a-t-on ajouté. Le préfet (Albert Dupuy, ndlr) a décidé de porter plainte.
Les obsèques de Karim Boudouda, qui avaient été prévues pour mercredi, elles auront finalement lieu jeudi après-midi, dans un cimetière de Poisat, en Isère, ont indiqué mardi soir les pompes funèbres. "La famille aurait préféré que la cérémonie ait lieu mercredi mais les papiers et démarches ont pris plus de temps", a-t-il été précisé.
| Sarkozy "stigmatise" les Roms et en fait des "boucs émissaires" pour la LDH |
"C'est sidérant: on est dans la désignation de boucs émissaires après des faits divers", a estimé Malik Salemkour, chargée de la question au sein de la LDH, peu après l'annonce faite par l'Elysée d'une réunion pour le 28 juillet sur les problèmes posés par les gens du voyage. "Il ne faut pas faire une réunion pour stigmatiser une ethnie" car "ça donne l'impression que tous les gens du voyage et tous les Roms sont des criminels et des délinquants", a souligné M. Salemkour, tout en jugeant "inacceptables" les violences de Saint-Aignan. Pour lui, la "réponse sécuritaire" proposée par M. Sarkozy est "inadaptée" car "en réalité, la France ne veut pas des Roms". M. Salemkour en veut pour preuve les mesures transitoires "qui leur ferment l'accès au marché du travail alors que ce sont des ressortissants européens"."Plutôt que de stigmatiser une population, il serait bien que les lois de la République s'appliquent à tous", a recommandé M. Salemkour, pointant du doigt les maires qui n'ont pas aménagé les places adaptées à ces populations contrairement à ce que prévoit la loi. |








