Voilà un nouveau fait divers récupéré par le gouvernement. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a confirmé de nouvelles réformes en France du code pénal après l'agression dans la nuit de mardi à mercredi de policiers à coups de jets de pierre en banlieue parisienne. Appelés à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) pour un véhicule en flammes sur un chantier, trois policiers ont été la cible de jets de pierres et de pavés lancés par une vingtaine d'individus, selon le syndicat Unité SGP police. Le syndicat Alliance parle, lui, d'une "cinquantaine d'individus". L'un des fonctionnaires, blessé au visage et au bras, a été soigné à l'hôpital mais n'y a pas été retenu. Son état n'inspire pas d'inquiétude.
Policiers blessés à Gennevilliers : quatre arrestations
Fin août, trois policiers avaient été pris dans un guet-apens alors qu'ils intervenaient sur un feu de véhicule de chantier dans une cité.
Publié le 13/09/2010
Les syndicats de police ont évoqué une "action commando" et un "guet-apens", thèse reprise par le ministre de l'Intérieur dans un discours prononcé lors d'un déplacement au commissariat de Colombes (Hauts-de-Seine). "C'est clairement un guet-apens qui est totalement inacceptable et intolérable", a-t-il dit. Le guet-apens fait suite selon lui à l'interpellation de deux hommes mardi. Synergie (second syndicat d'officiers) a également affirmé que les policiers avaient été prévenus qu'il y aurait des "représailles" à la suite d'une interpellation survenue peu avant les faits. Pour Alliance, "ce fait gravissime démontre une nouvelle fois la volonté de blesser, voire de tuer, un policier". De hauts responsables de la police ont cependant déclaré à des journalistes sous le sceau de l'anonymat que la thèse de l'embuscade n'était pas établie.
Quoi qu'il en soit, Brice Hortefeux a confirmé que les "peines-plancher" minimales de prison, jusqu'ici réservées aux récidivistes, seraient étendues aux auteurs de violences aggravées. Cette disposition est contestée dans la magistrature, où l'on considère que les peines doivent être adaptées à chaque cas et ne peuvent être automatiques. Les tribunaux contournent fréquemment cet automatisme en assortissant de sursis partiel ou complet les peines. Le ministre de l'Intérieur a en outre confirmé l'aggravation de la peine encourue pour les meurtres de policiers, de gendarmes, de magistrats et de membres de l'administration pénitentiaire, la période de sûreté incompressible éventuelle passant de 22 à 30 ans. Ces deux propositions seront soumises au Sénat mardi prochain, a dit Brice Hortefeux.
Autre réaction politique, celle du maire PS de Colombes, Philippe Sarre, qui a demandé des "moyens supplémentaires" après que l'agression des trois policiers exerçant dans sa localité, ainsi que la création d'une Unité territoriale de quartier (UTeQ), revendication également, selon M. Sarre, des maires des communes voisines de Gennevilliers et Asnières. Il a "rappelé" au ministre de l'Intérieur "que plus de vingt postes (de policiers) ont été supprimés en une dizaine d'années" dans sa commune où la population augmente.
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