10.000 évacués à Rennes, 4.500 près de Metz... pour du béton

le 24 octobre 2010 à 12h26 , mis à jour le 24 octobre 2010 à 16h17

Des hôtels, cinémas, une maison de retraite et un pôle médical ont été évacués dimanche matin à Rennes pour désamorcer une bombe de la Seconde guerre mondiale. Idem près de Metz, pour ce qui s'est avéré être un bloc de béton.

4500 personnes évacuées autour de MetzDeux grandes opérations de déminage étaient organisées dimanche matin, à Rennes et dans la région de Metz, où 4.500 habitants ont du abandonner leur domicile situé près d'un ancien centre de l'armée de Terre. Il pourrait contenir une bombe non explosée. © TF1/LCI

Une bombe britannique de 250 kilos, datant de la seconde guerre mondiale, a été désamorcée dimanche matin à Rennes, après l'évacuation des quelque 10.000 habitants d'un quartier fréquenté du centre-ville incluant la gare SNCF. La bombe, qui contenait 65 kilos d'explosifs, a été désamorcée sans difficulté particulière, en moins d'une heure et demie - plus rapidement que prévu initialement - par une équipe de quatre démineurs venus du centre de déminage de Nantes.

Après avoir "dévissé la fusée d'armement", les démineurs ont extrait manuellement le détonateur et l'ont détruit, a expliqué aux journalistes Patrick, l'un des démineurs. Il s'agissait d'une bombe dotée d'un seul système d'amorçage, "bien connu" mais "le risque zéro n'existe pas", avait affirmé Christian, autre démineur, peu avant le début de l'opération. "Avec le vieillissement et les différences de température, l'explosif a pu couler dans le pas de vis". Une fois désamorcée, la bombe, découverte il y a un mois lors de travaux d'agrandissement d'un pôle médical et qui aurait été larguée d'une altitude de  3.000 mètres en 1943 ou 1944, a été placée dans un camion, afin d'être acheminée à Fontevrault (Maine-et-Loire) pour être détruite.

Aucune circulation

Le désamorçage a nécessité l'évacuation, à partir de 7H00 du matin, de quelque 10.000 personnes vivant dans le périmètre de sécurité d'un diamètre de 540m, incluant une des artères les plus féquentées de Rennes, reliant la gare au centre historique. Un hélicoptère de la sécurité civile a survolé la zone, personne ne devant circuler sur la voie publique. Des hôtels, restaurants, cafés, magasins, salles de spectacle ou cinémas, une maison de retraite et un pôle médical faisaient partie du quartier évacué, qui comprend également la gare SNCF, fermée à partir de 9H15, et la gare routière.

172 personnes ont été accueillies dans un gymnase mis à disposition de la mairie, le temps de l'opération. La SNCF avait également prévu un accueil pour ses voyageurs qui ont été prévenus des perturbations dans la circulation des trains par courrier individuel, a-t-elle fait savoir. La dernière opération de ce type à Rennes remonte à 2003.

A Woippy, la bombe était du béton...

Mêmes scènes tout autour de Metz. Quelque 4.500 personnes ont quitté pendant quatre heures dimanche leur domicile pour permettre de déterrer et désamorcer ce qui aurait pu être une bombe de la 2e Guerre mondiale. Elle s'est en fait révélée n'être qu'un bloc de béton armé, a indiqué la préfecture de Moselle ! Cette opération de "dépollution pyrotechnique", qui a duré de 9h à 13h sur un ancien centre de ravitaillement des essences de l'armée de Terre situé à cheval entre Metz-nord et la commune voisine de Woippy (Moselle), a également mis au jour de la ferraille et une plaque d'égoût, selon la même source.

Le terrain de 2 hectares se situe dans le voisinage immédiat de l'ancienne usine aéronautique allemande Hobus Werke, détruite le 18 août 1944 par les bombardements de l'aviation alliée. Un diagnostic magnétique du site, où doit être installé un dépôt de bus, avait révélé l'existence d'une masse métallique dans le sol dont on pensait qu'il pouvait s'agir d'une bombe de 250 kilos. Cette hypothèse a conduit les autorités à appliquer strictement le principe de précaution.

Ambiance bon enfant

Deux centres, ouverts à Metz et à Woippy, ont accueilli pendant la durée des opérations 350 personnes qui n'avaient pas trouvé à se loger temporairement dans leur famille ou chez des amis. Des collations ont été servies et un film ("Bienvenue chez les Ch'tis") a été projeté "dans une atmosphère bon enfant", a encore indiqué la préfecture en se félicitant de "l'excellent travail" de Géomines, une société spécialisée d'Aubagne (Bouches-du-Rhône) qui a conduit les travaux de terrassement sous la supervision de la Sécurité civile.

Quelque 200 policiers nationaux et municipaux avaient bouclé le périmètre, survolé par un hélicoptère de la gendarmerie pour dissuader d'éventuels pillards. "Aucun incident n'a été signalé", a dit la préfecture, ajoutant qu'en l'absence de découverte de munitions, la deuxième phase de l'opération --le désamorçage--, programmée dimanche prochain, avait été annulée. Des fouilles archéologiques ne nécessitant aucun déplacement de population pourront maintenant commencer sur le site situé à proximité de la gare de triage de Woippy.

Les images des évacués:

le 24 octobre 2010 à 12:26
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5 Commentaires

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  • henri_bambelle, le 24/10/2010 à 18h28

    Ces opérations déplacent plus de monde que les manifs de la CGT.

  • pierrot67540, le 24/10/2010 à 17h31

    Non il y a des démineurs militaires mais aussi des civils, ils appartiennent à la sécurité civile

  • jtv31, le 24/10/2010 à 16h12

    D'un autre côté, ils sont souvent (exclusivement ?) de l'armée ...

  • saint-ecles, le 24/10/2010 à 12h52

    Bravo les gars et merçi à vous de n'etiez pas en grève et de ne pas petuber la vie des français

  • pierrot67540, le 24/10/2010 à 12h43

    Encore un grand merci aux démineurs, ils font un boulot à très haut risque ! vraiment merci messieurs

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