Manif lycéenne : nouveaux heurts violents, nouvel appel pour jeudi

le 19 octobre 2010 à 09h56 , mis à jour le 19 octobre 2010 à 22h36

Dossier : Quel avenir pour les retraites ?

Une mobilisation inédite des jeunes contre la réforme des retraites, avec un record de lycées et d'universités perturbés, a été entachée mardi par de nouvelles violences de casseurs, en particulier à Nanterre et Lyon. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue jeudi.

Après la journée d'action de mardi -une journée émaillée par de nouveaux heurts en marge de cortèges lycéens calmes, lire ci-dessous-, les syndicats étudiants et lycéens appellent à une "journée de mobilisation nationale des jeunes" jeudi pour continuer le combat contre la réforme des retraites. A Paris, le rassemblement est prévu à 14h à Jussieu, a précisé le porte-parole de la Fidl, Tristan Rouquier. L'UNL et l'Unef, première organisation étudiante, appellent par ailleurs à un rassemblement mercredi à 11h devant le Sénat, à Paris.
  • Et aujourd'hui, ça roule comment sur les rails ?

    Plutôt bien à la RATP, à part dans le RER B. Un peu moins bien à la SNCF, avec deux TGV sur trois et un TER et Transilien sur deux. En revanche, dans les airs, ça se corse : un quart des vols sont annulés à Orly.

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  • MAM promet de la "fermeté" face aux casseurs

    La ministre de la Justice a mis en garde les fauteurs de troubles mardi sur Europe 1 : il y a "des droits, le droit de faire grève, le droit de manifester. Il n'y a pas le droit de casser".

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  • Des manifestations de lycéens dégénèrent, 290 "casseurs" interpellés

    Les lycéens restaient très mobilisés lundi. Des casseurs se sont invités au milieu des cortèges, provoquant échauffourées et dégâts, notamment en Ile-de-France et à Lyon. Etat des lieux ville par ville.

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  • En marge du cortège, journée d'incidents à Lyon

    Le centre-ville de Lyon a été mardi encore le théâtre d'affrontements violents entre forces de l'ordre et casseurs. Des groupes très mobiles se sont livrés au pillage et au saccage pendant plusieurs heures.

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  • La mobilisation lycéenne s'amplifie... et se surveille

    Les lycéens étaient encore très présents mardi, mais aussi très encadrés pour éviter tout débordement, dans le cortège parisien pour cette 6e journée de mobilisation contre la réfrome des retraites. Ils appellent déjà à une nouvelle mobilisation jeudi.

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  • 2.5000 seraient à sec, ruée sur les pompes

    Alors que 4.000 stations-service étaient mardi "en attente d'approvisionnement" sur 12.500 en France, et 2.500 à sec, le Premier ministre a affirmé qu'il faudrait "4 à 5 jours avant que la situation redevienne normale".

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  • Besancenot : "Il ne faut pas de forces de l'ordre devant les lycées"

    Interrogé sur les affrontements avec les lycéens, Olivier Besancenot juge que la présence policière devant les lycées est une provocation. Selon lui, pour que le blocage des lycées se passe bien, il ne faut pas de forces de l'ordre.

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  • Affrontements entre forces de l'ordre et lycéens en région parisienne

    Pour la sixième journée de mobilisation depuis la rentrée, les lycéens semblent très mobilisés. Mais à Nanterre comme dans d'autres villes de région parsienne, des casseurs ont affronté les forces de l'ordre.

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  • Des casseurs se mêlent aux lycéens à Nanterre et à Lyon

    Un grand nombre de lycées étaient bloqués ce lundi matin. A Nanterre et à Lyon, des casseurs ont perturbé les manifestations lycéennes et ont affronté les forces de l'ordre.

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  • Affrontements à Nanterre entre jeunes et forces de l'ordre

    Des affrontements violents ont eu lieu lundi matin devant le lycée joliot-Curie à Nanterre entre forces de police et jeunes cagoulés. Le récit de l'envoyée spéciale de LCI.

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  • Mobilisation lycéenne : les syndicats vigilants contre tout débordement

    Les lycéens étaient encore très présents mardi, mais aussi très encadrés pour éviter tout débordement, dans le cortège parisien pour cette 6e journée de mobilisation contre la réfrome des retraites.

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Plus d'infos

L'appel fait suite à une mobilisation inédite des jeunes mardi, avec un record de lycées et d'universités perturbés. Selon l'Unef, 29 universités étaient mobilisées dont 10 bloquées mardi et 190.000 jeunes dans la rue. Quant au nombre de lycées perturbés en France à des degrés divers, il était de 379 mardi matin, selon le ministère de l'Education nationale, soit le plus grand nombre relevé par le ministère à la même heure depuis le début du mouvement lycéen contre la réforme. Le ministère en avait recensé 357 mardi 12 octobre, 342 jeudi 14 ou encore 306 vendredi 15 octobre. La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl), deuxième organisation, évoquait pour sa part 1.200 lycées "engagés" dans la journée de mardi, dont 850 connaissant "blocage ou barrage".

Nanterre
Les heurts aussi ont repris. Des affrontements ont à nouveau eu lieu mardi devant le lycée Joliot Curie de Nanterre, où environ 200 jeunes ont fait face à une cinquantaine de CRS, selon un journaliste de Reuters TV. Dans un communiqué, la préfecture fait état d'"affrontements importants entre les forces de police et 250 à 290 casseurs". Lundi matin, la tentative de blocage de ce lycée liée aux protestations contre la réforme des retraites a dégénéré en affrontements entre des jeunes extérieurs à l'établissement et les policiers, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de flashballs. Le lycée Joliot Curie était fermé mardi mais l'avenue du même nom était occupée par ce face-à-face depuis le début de matinée. Les jeunes, pour la plupart dissimulés sous des capuches et des cagoules, lançaient des pierres et autres projectiles sur les CRS, auteurs de charges régulières et de projections de gaz lacrymogènes.

Par ailleurs, le tribunal de commerce de Nanterre a été endommagé par une quarantaine de casseurs, selon le préfet des Hauts-de-Seine, Patrick Strzoda. Une quarantaine de casseurs s'était désolidarisés du groupe principal de jeunes qui faisait face aux forces de l'ordre depuis le début de la matinée sur l'avenue Joliot-Curie, en face du lycée. Les violences se sont ensuite poursuivies sur l'avenue Pablo Picasso menant à la cité éponyme. Ils ont lancé notamment des grenades lacrymogènes, endommageant sur leur passage mobilier urbain et incendiant deux véhicules, devant des habitants médusés. Six personnes ont été interpellés à Nanterre. Un enseignant du lycée Louis-Blériot de Suresnes a été légèrement blessé à la main par un projectile, a précisé le préfet. Le reste du département des Hauts-de-Seine a été perturbépar d'autres incidents, selon la préfecture: deux policiers ont été blessés à Clichy et Villeneuve-la-Garenne, un enseignant a été blessé à la main à Suresnes. Au total, 17 interpellations ont eu lieu à proximité de lycées des Hauts-de-Seine.

Paris
Une adolescente de 15 ans a été hospitalisée, blessée dans une bousculade après l'explosion d'un scooter consécutive à un feu de poubelles devant un groupe scolaire du XVe à Paris, a annoncé le maire UMP de cet arrondissement, Philippe Goujon. Vers 9 heures, devant le 3-5, rue Corbon, où sont installés une école élémentaire et un lycée technique, des poubelles ont été incendiées. Selon M. Goujon, "c'est un lycéen qui a mis le feu à des poubelles. La police a des indices, il devrait être arrêté dans la journée". Le sinistre s'est propagé à un scooter garé à proximité et a explosé. La jeune fille a été transportée à l'hôpital Necker. Le feu s'est également propagé à l'auvent du lycée avant d'être éteint par les pompiers. Les élèves de l'école élémentaire ont été regroupés dans une salle au fond de l'école. Il n'y a pas eu d'autres blessés, a précisé M. Goujon, qui a évoqué des dégâts importants. "Je dénonce les exactions de ces délinquants et je demande des sanctions fermes", a réclamé Philippe Goujon à l'AFP.

Une cinquantaine de gendarmes mobiles ont délogé mardi 200 à 300 lycéens qui bloquaient depuis le début de la matinée la place de la République. Les gendarmes mobiles, encadrés par une dizaine de fourgons, ont chargé en  fin de matinée les manifestants pour dégager cette place au coeur de la capitale. Il n'y a pas eu d'incident. Vers 11 heures, quasiment tous les jeunes et lycéens avaient quitté la place de la République et la circulation reprenait tout doucement son cours. Les jeunes s'étaient repliés à l'entrée de la rue du Temple (IIIème), dans un face-à-face tendu avec les forces de l'ordre. Ils lançaient quelques projectiles. Les lycéens avaient investi sans incident la place en début de matinée, certains grimpant sur la statue de la République. Les manifestants, venus des lycées Turgot, Colbert et Voltaire, avaient installé des poubelles et des barrières de chantier en plein milieu de la place, bloquant brièvement la circulation des voitures vers la Bastille. 

Au total, neuf personnes ont été interpellées mardi en marge de la manifestation à Paris, selon la préfecture de police, dont quatre ont été placées en garde à vue. La préfecture note qu'aucun incident notable n'a été recensé lors de la manifestation, qui avait été largement encadré autant par les forces de l'ordre que par les syndicats qui voulaient éviter tout débordement.


 
Lyon
La violence est encore montée d'un cran mardi à Lyon, où des scènes de guerilla urbaine ont été constatées en marge des manifestations lycéennes. Des groupes de jeunes suivant les cortèges lycéens ont convergé en fin de matinée en direction du centre ville et ont incendié des automobiles et des poubelles, renversé des camions et des voitures, détruit du mobilier urbain, brisé des vitrines
de magasins et de banques à l'aide de chaises volées aux terrasses des cafés, et pillé des magasins. Les forces de l'ordre, dépassées par la violence des événements, ont répliqué par des jets de gaz lacrymogène et procédé à 13 interpellations. La préfecture a recensé en fin de matinée cinq véhicules incendiés, trente véhicules renversés. Les commerces du centre ville avaient baissé leur rideau à l'approche des manifestants mais n'ont pu éviter les pillages. Cinq à six magasins ont tout de même été pillés d'après la préfecture. Le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, en déplacement pour une dizaine de jours en Asie, a annoncé sa décision de revenir dès mercredi matin dans sa ville. La police a procédé à près de 70 interpellations après les pillages de commerces, dégradations sur le mobilier urbain et l'incendie de plusieurs véhicules. Le directeur départemental de la sécurité publique du Rhône, Albert Doutre, a estimé qu'il y a eu de "véritables phénomènes de guerilla urbaine" mardi à Lyon après de nouveaux incidents dans le centre provoqués par des casseurs.

Saint-Nazaire
Des heurts ont aussi éclaté entre plusieurs centaines de jeunes manifestants et les forces de l'ordre mardi à Saint-Nazaire, après la manifestation sur les retraites et plusieurs personnes ont été interpellées, a constaté un correspondant de l'AFP sur place. Les manifestants ont été repoussés des abords de la sous-préfecture par des gaz lacrymogènes et plusieurs charges des policiers. Il y a eu 18 interpellations. C'est la quatrième fois, depuis la manifestation du 7 septembre, que des heurts se produisent à Saint-Nazaire à l'issue des défilés contre la réforme des retraites. Les trois fois précédentes, des manifestants interpellés avaient été condamnés à des peines de prison ferme en comparution immédiate.

Et les condamnations commencent à tomber : un jeune homme de 18 ans a été condamné lundi à huit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Créteil pour avoir blessé un policier en marge d'une manifestation lycéenne à Fresnes (Val-de-Marne), a indiqué mardi une source judiciaire. Par ailleurs, un jeune homme de 20 ans a été condamné à 105 heures de travaux d'intérêt général mardi par le tribunal correctionnel de Lille pour avoir jeté une pierre sur un commissaire de police lundi en marge d'une manifestation de lycéens contre la réforme des retraites à Tourcoing (Nord), selon son avocate.

La secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano a de son côté mis en garde contre un risque de "danger" pour les élèves suite aux heurts.

le 19 octobre 2010 à 09:56
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72 Commentaires

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  • kilian0611, le 21/10/2010 à 09h43

    Vous pouvez nous dire ce qui se passera dans un peu plus de 40 ans SVP

  • krrkrr2, le 20/10/2010 à 23h43

    En tant que lycéenne, ça fait plaisir de savoir qu'on est soutenu !

  • ro5907, le 20/10/2010 à 16h08

    Je vais vour dire, je suis pour que les lycéens et les étudiant aille dans la rue ! Dans la rue, il y joue leur retraite ! Lorsqu'il seront au chomage ! il ne rigoleront pas ! c'est vrai que vous les adultes, vous en avez rien a faire car vous travaillez ! Donc votre avenir et déjà fait ! C'est très bien pour vous continuez mais laisser les jeunes faire ce qu'ils veullent ! Bonjours l'égoîsme !

  • ten75, le 20/10/2010 à 10h38

    L 'avenir des Lycéens , il n'est pas dans la rue , il est ; dans un contexte Mondial , dans le travail , il ne suffit plus d 'etre bon , il faut etre meilleur , et quand je vois des Jeunes encore au lycée à 17 ou 18 ans , il est évident si il poursuivent des études , ou sont poursuivi par les études , le travail pour eux ce sera vers 25 ou 26 ans , ce qui n'est pas gagné

  • igauthiers, le 20/10/2010 à 10h33

    Ca, pour etre soulant, c'est soulant!

  • guildette22, le 20/10/2010 à 09h35

    Ce n'est pas en passant leur temps dans la rue, qu'ils réussiront leur avenir ! manipulation est plus plausible que conviction sincère. C'est en réussissant vos études, en travaillant que vous aurez des retraites. Ceux qui vous arranguent ont des situations.

  • historix, le 20/10/2010 à 09h34

    Pas de souci , vendredi ils seront en vacance et n'auront plus besoin d'alibi pour ne plus aller en cours leur militantisme et leur intérêt pour leur retraite va disparaître

  • nezdegoret, le 20/10/2010 à 09h33

    Avant de toucher la retraite il faut déjà qu'ils commence a bosser ; moi c'était a 13 ans?

  • untitideparis, le 20/10/2010 à 09h02

    Brillants étudiants et lycéens qui n'aspirent qu'à une chose la retraite c'est dire si ils ont envie de travailler! quel idéal et on voudrait comparer à 68.

  • clemens06, le 19/10/2010 à 21h43

    Moi c'est Besancenot qui me fait rire !!

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