© TF1/LCILe directeur de cabinet de François Fillon, Jean-Paul Faugère, a envoyé courant octobre une note classée "confidentiel défense" au ministère de l'Intérieur afin de rappeler quelques principes en matière d'écoutes téléphoniques, révèle mercredi France Info. Alors que le Canard enchaîné et Mediapart accusent la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et l'Elysée d'avoir organisé la surveillance des journalistes couvrant l'affaire Woerth-Bettencourt, le document de Matignon, consulté par la radio, rappelle que "l'article 20 de la loi de 1991 sur les interceptions de sécurité ne peut être invoquée pour recueillir des données personnelles". Interrogé par l'AFP, Matignon n'a ni confirmé, ni infirmé cette information, déclarant simplement : "Par définition, nous ne ferons aucun commentaire sur un texte qui serait 'confidentiel défense'". Le secrétaire général de l'Elysée a déposé vendredi à Paris une citation en diffamation contre Médiapart et son directeur Edwy Plenel, qui l'avait accusé d'avoir "impulsé" et "coordonné" l'espionnage de deux de ses journalistes. François Fillon a assuré mercredi à l'Assemblée nationale, qu'il "ny avait pas de complot" après des accusations d'espionnage de journalistes par l'Elysée. Matignon dément que le directeur de cabinet de François Fillon, Jean-Paul Faugère, ait "validé un accès sans contrôle" à des écoutes téléphoniques, sans en référer à la commission compétente, comme l'affirme le Canard enchaîné dans son édition de mercredi. La DCRI a bien vérifié un renseignement sur des fuites dans la presse concernant l'affaire Bettencourt et saisi le parquet, en mettant en cause un haut fonctionnaire, a annoncé lundi le Directeur général de la police nationale. Le nombre d'interceptions judiciaires a été multiplié par quatre en sept ans, représentant pas moins de 20% du budget de la Chancellerie selon une étude révélée par le Figaro. Accusés de piloter des opérations illégales de surveillance des journalistes, le secrétaire général de l'Elysée et Bernard Squarcini, le patron du contre-espionnage français vont déposer plainte en diffamation, selon le JDD.
Plus d'infosEspionnage : Guéant cite Médiapart en justice pour diffamation

Ecoutes: l'Etat agit "dans le strict respect des libertés publiques"

Ecoutes téléphoniques : le Canard Enchaîné accuse, Matignon dément

Accusations du Monde : la police a épluché des relevés téléphoniques

Explosion du nombre d'écoutes téléphoniques

Guéant contre-attaque et dépose plainte contre Mediapart

Pour France info, cette note est bien la preuve que cette pratique a non seulement existé mais qu'elle est illégale, contrairement à ce qu'ont pu déclarer les directeurs de la police nationale et de la DCRI, Frédéric Péchenard et Bernard Squarcini. Un porte-parole de France Telecom aurait par ailleurs affirmé à la radio que "depuis deux ans, les réquisitions qui leur étaient faites par le biais de l'article 20 de la loi de 1991 étaient en augmentation constante". Fin septembre, la commission nationale des interceptions de sécurité (CNIS), chargée du contrôle des écoutes administratives en France, avait déjà rappelé cette interdiction.
Dans son édition de mercredi, le Canard enchaîné renouvelle ses accusations de la semaine dernière selon quoi une "enquête est en cours" au sein de la DCRI pour identifier ses sources, après que l'hebdomadaire eût écrit que Nicolas Sarkozy supervisait "l'espionnage de journalistes". Une "enquête" que ce service de renseignement dément formellement.
Retour MYTF1
Espionnage : Guéant cite Médiapart en justice pour diffamation
Chargement en cours...




