Pompiers de Paris en intervention sur un incendie dans le XVIIe arrondissement © TF1/LCITF1 News : Les pompiers ont décidé de communiquer pour dénoncer les agressions dont ils sont victimes lors de leurs interventions. Pourquoi ? Les syndicats de pompiers des Yvelines dénoncent la "banalisation" de la violence dont ils sont victimes, notamment après le jet de cocktails Molotov vendredi soir contre la caserne de Chanteloup-les-Vignes.
Plus d'infosDes pompiers dénoncent la "banalisation" de la violence à leur encontre

Jérôme Cailleaux, responsable du Syndicat national des sapeurs pompiers professionnels de l'Essonne : Les agressions de pompiers lors de violences urbaines ne datent pas d'hier. Jusque là on préférait ne pas trop en parler. Mais le phénomène prend un peu plus d'ampleur chaque année et là, c'est trop. Selon les derniers chiffres de l'Observatoire national de la délinquance, 1080 pompiers ont été blessés en intervention en 2009, contre 418 en 2005. Pas plus tard que le week-end dernier, à Chanteloup-les-Vignes, une caserne a été la cible de jets de pierres et de cocktails molotov parce qu'elle avait eu le malheur d'abriter des policiers eux-mêmes pris pour cible non loin de là. II y a deux semaines un pompier a pris une balle à Grenoble.
Dans l'Essonne, où je travaille, chaque soir nous intervenons sur 5 à 6 véhicules brûlés et une dizaine de poubelles en feu. Et à chaque fois, on sait que cela représente un danger. Cette violence verbale ou physique est devenue quotidienne lors de nos interventions en banlieue. Aujourd'hui nous avons deux craintes majeures : qu'un pompier décède ou qu'il pète les plombs et agresse en retour, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur l'image de notre profession.
| On sert régulièrement d'appât, la finalité étant que les policiers arrivent à leur tour et que commence le jeu du chat et de la souris. |
TF1 News : Vous êtes sur le terrain depuis 20 ans, pourquoi les "soldats du feu" sont-ils ainsi pris pour cible selon vous ?
J.C. : Parce que nous appartenons au service public, donc nous représentons l'Etat, au même titre que les policiers. Et comme nous travaillons souvent en même temps que ces derniers, l'amalgame est vite fait. Notre société est de plus en plus violente et on le subit de plein fouet parce que nous intervenons en première ligne. Nous servons d'exutoire à la colère des gens contre l'Etat et tous les maux de la société. Ce qui est paradoxal, c'est que nous voyons bien qu'ils ne détestent pas notre métier en tant que tel. Ils s'en prennent avant tout à l'uniforme et ce qu'il représente.
L'autre aspect est que les jeunes qui veulent en découdre ont très bien intégré le fait que les pompiers se déplaceront toujours pour une intervention d'urgence, qu'on ne renoncera pas à cause de 10, 20 ou 30 cons dans une cité. Mais du coup, on sert régulièrement d'appât. La finalité étant que les policiers arrivent à leur tour et que commence le jeu du chat et de la souris.
TF1 News : Qu'avez-vous envie de leur dire à ces bandes de jeunes ?
J.C. : Le problème est qu'ils se trompent de cible. Les pompiers ne font pas de répression. Ils sont là uniquement pour aider, pour porter secours, pour sauver des vies.... Et nous ne sommes pas responsables des maux des gens.
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