"J'ai vu comme un énorme flash à 23 heures, suivi d'une plus petite explosion", raconte à TF1 News un témoin de l'incendie. Le drame s'est produit mercredi soir dans une concession automobile à Treillères, à une dizaine de kilomètres au nord de Nantes. Deux pompiers ont trouvé la mort alors qu'ils combattaient les flammes : le sergent Christophe Augerau, 31 ans, et le caporal Jean-Charles Sorin, 25 ans, sapeurs-pompiers professionnels du centre de secours de Saint-Herblain.
Les pompiers "ont été victimes d'un arc électrique provoqué par une ligne à très haute tension située à proximité de la nacelle de l'échelle aérienne dans laquelle ils avaient pris place" pour combattre l'incendie, a précisé le communiqué du Service départemental d'Incendie et de Secours, confirmant une information d'Europe 1. "Une épaisse fumée empêchait toute visibilité. Nos deux malheureux collègues ont alors été électrocutés. Les deux tentatives de réanimation se sont révélées vaines".
"Un individu qui s'est enfui"
Jeudi matin, plusieurs heures après le drame, le véhicule de pompiers impliqué dans le drame était encore sur place, sa grande échelle repliée mais dressée avec la nacelle vide au bout, sous les quatre fils de la ligne à haute tension. Au pied du camion gisaient les équipements de sécurité, sans doute des deux victimes, devant le bâtiment blanc et vert à moitié calciné, avec plusieurs de ses baies vitrées éclatées, d'autres fendues par la chaleur. Un périmètre de sécurité a été mis en place autour du bâtiment par les gendarmes de la section de recherche de Nantes-Angers, chargés par le parquet de Nantes de l'enquête pour recherche des causes de la mort.
Selon le procureur de la République de Nantes, Xavier Ronsin, qui a tenu une conférence de presse jeudi, "il est peu vraisemblable que le feu soit d'origine accidentelle. Les expertises sont en cours". L'incendie, a expliqué le magistrat lors d'une conférence de presse, "a été découvert par un agent de sécurité très peu de temps après l'intrusion d'un individu qui avait déclenché l'alarme puis qui s'est enfui en escaladant le grillage". L'enquête permettra de déterminer si la personne qui s'est introduite dans les lieux "peut être considérée comme pénalement et juridiquement responsable" de ce qui s'est passé et si "des imprudences ont été commises dans la lutte" contre cet incendie.
Si les pompiers sont souvent confrontés à des opérations dangereuses, "nous ne sommes pas préparés à la mort de nos camarades", a souligné pour sa part le colonel Philippe Berthelot, chef de corps des sapeurs pompiers de Loire-Atlantique lors du point presse. Selon lui, il s'agit des premières victimes dans le corps des Sapeurs-Pompiers de Loire-Atlantique en 2010. De son côté, le groupe RTE (Réseau de transport d'électricité), qui gère les lignes à haute tension, a fait part dans un communiqué "de sa profonde tristesse devant cet événement dramatique" et a adressé "ses condoléances à la famille et aux collègues des deux pompiers décédés". Le préfet de Loire-Atlantique Jean Daubigny a indiqué lors du point presse jeudi matin que le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux avait l'intention de s'associer à la cérémonie des obsèques "si son emploi du temps le permet".
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