© TF1/LCI"Il a été déshabillé totalement, traîné au sol et molesté sans que personne ne puisse s'en apercevoir, car le poste de surveillance des promenades est régulièrement découvert pour pallier le déficit de personnel." Le syndicat UFAP/Unsa-Justice a révélé jeudi qu'un détenu avait été mis à nu et battu en pleine cour de promenade mercredi à la maison d'arrêt de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, dénonçant une agression rendue possible par "un manque endémique" de personnel de surveillance.
"Ce sont les détenus eux-mêmes, alors qu'ils semblaient fêter bruyamment l'événement en insultant leur victime, qui ont attiré l'attention du personnel. La victime était plantée debout devant la grille de sortie des promenades, totalement dénudée, le sexe dans les mains, le visage en sang et des traces de coups sur le corps", ajoute le syndicat pénitentiaire. L'administration pénitentiaire a confirmé à l'AFP l'existence de cet "accident", précisant que le détenu avait pu être soigné à la maison d'arrêt.
"Difficulté de personnel"
"Les surveillants ont été alertés par des cris et sont intervenus le plus rapidement possible sur place", a ajouté un porte-parole de l'administration, assurant que la surveillance de la cour était assurée. "C'est complètement faux !", s'est insurgé Alain Chevallier, représentant de l'UFA/Unsa-Justice interrogé par l'AFP, affirmant avoir été un des premiers à intervenir. "Comme nous sommes en difficulté de personnel, on donne deux missions à l'agent au poste de surveillance en élévation : surveiller la cour mais aussi les entrées dans la cour de promenade", dit-il. Et mercredi, le surveillant, tout à sa deuxième mission, n'était pas à son poste de surveillance, affirme M. Chevallier.
L'UFAP/Unsa-Justice évoque une "situation devenue ingérable" qui "met en jeu la sécurité des agents mais aussi celle des détenus" : "Des postes de surveillance sont régulièrement découverts et il devient impossible de prévenir les violences voire d'intervenir pour y mettre un terme". Le syndicat dénonce un sureffectif de détenus cumulé à un sous-effectif de personnel dans cette maison d'arrêt qui compte un peu moins de 300 détenus.
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