La nuit de Saint-Sylvestre, les Alsaciens se livrent traditionnellement à une débauche de tirs de pétards, fidèles à une tradition importée d'Allemagne. A chaque Réveillon, les feux d'artifice font des dégâts et, l'an dernier à Strasbourg, la clinique des yeux et SOS-Mains ont accueilli respectivement 50 et 40 personnes, adultes ou enfants sévèrement blessés ou brûlés. La préfecture et la communauté urbaine de Strasbourg ont lancé début décembre une "opération Pétards" pour sensibiliser aux dangers et réduire le nombre de blessés pris en charge chaque année par le Samu.
Or, c'est à quelques jours à peine de cette nuit toujours mouvementée que les policiers de Strasbourg ont saisi plus d'une tonne de pétards et pièces d'artifice prohibés. C'est lors d'un contrôle de routine, dimanche soir, qu'une patrouille a découvert ce stock dans la camionnette d'un marchand de jouets du Doubs. Les pétards étaient pour la plupart de type K2, interdits en France aux non-professionnels.
Le mauvais exemple allemand
Par arrêté préfectoral, seuls les pétards de type K1 - qui ne permettent pas de tir tendu - sont en effet autorisés dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin à l'occasion de la nuit de Saint-Sylvestre. De nombreux Alsaciens se précipitent toutefois en Allemagne voisine qui autorise la vente des pétards et pièces d'artifice K2, plus puissants. Des contrôles ont été ordonnés à la frontière pour éviter l'importation en France de ces pétards non autorisés.
Le conducteur de la camionnette, qui ne disposait pas d'autorisation de transport ou de détention pour une telle marchandise, doit comparaître mercredi après-midi en correctionnelle pour "détention de substances explosives prohibées". L'homme a indiqué avoir acheté à une société lyonnaise les pétards qu'il voulait revendre à des commerçants et à des particuliers.
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