Marseille : un homme dans un état critique après un tir de flash-ball

le 12 décembre 2010 à 18h48 , mis à jour le 12 décembre 2010 à 20h37

L'homme a été victime d'un arrêt cardiaque après avoir reçu un tir de flash-ball d'un policier qui intervenait pour mettre fin à une rixe dans un foyer de travailleurs à Marseille. La police des polices va enquêter.

police policiers faits divers nuit voiture © TF1-LCI

Un homme était dans un état critique dimanche à Marseille, victime d'un arrêt cardiaque après avoir reçu un tir de flash-ball d'un policier qui intervenait pour mettre fin à une rixe dans un foyer de travailleurs, selon la police et le parquet. L'homme, âgé d'une quarantaine d'années et résidant au foyer situé dans le nord de la ville (15e arrondissement), avait précédemment blessé à l'arme blanche un autre locataire des lieux, qui a pu prévenir la police. Une patrouille de trois policiers est intervenue. A leur arrivée dans la chambre, l'homme a eu "une attitude extrêmement violente à leur égard, jusqu'à en blesser un" en jetant une tasse en verre sur son crâne, a précisé sur place le directeur départemental de la sécurité publique.

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Le policier a alors riposté par un tir de flash-ball qui a atteint l'homme au thorax. Maîtrisé par un second policier, l'homme a alors été victime d'un arrêt cardio-ventilatoire, mais a pu être ranimé par les marins-pompiers de la ville. Il a cependant été transporté dans un hôpital voisin "dans un état critique", selon le parquet.

"Trop tôt" pour tirer des conséquences

Une enquête a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale pour déterminer si le flash-ball a été utilisé conformément aux normes d'usage, tandis que la Sûreté départementale enquêtera sur la rixe elle-même. L'enquête déterminera également si d'éventuels antécédents médicaux peuvent expliquer l'arrêt cardiaque, ou si celui-ci est lié directement au tir de flash-ball. "Il est trop tôt pour le savoir", a estimé M. Lalle. Le policier a également été hospitalisé mais son état n'inspire pas d'inquiétude.

Interrogé sur l'affaire, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, s'est dit "enclin à la plus grande prudence". "J'ai encore en mémoire ce qui s'est produit il y a quelques jours: une personne qu'on avait présentée comme (...) ayant décédé des conséquences d'un tir de (taser), (...) l'analyse médicale a montré que très certainement cela n'était pas le cas", a-t-il dit sur i-Télé. Le syndicat policier Alliance, via son représentant régional David-Olivier Reverdy, a apporté un "total soutien" à ses collègues, qui ont agi en "état de légitime défense". Selon lui, malgré le tir de flash-ball, les policiers ont lutté pour maîtriser l'homme, qui a retrouvé son calme avant de faire un malaise. Les fonctionnaires "l'ont alors démenotté, placé en position latérale de sécurité et lui ont prodigué un massage cardiaque en attendant l'arrivée des pompiers", a souligné M. Reverdy.

Touché à un endroit "où il est autorisé de tirer"

Selon M. Lalle, la victime a été touchée à un endroit "où il est autorisé de tirer". "C'est aussi la partie la plus large du corps, donc celle qui a le plus de chances d'être touchée par ce genre de tir", a-t-il dit, précisant que celui-ci avait été effectué à une distance équivalente à la profondeur de la chambre du foyer, soit "quelques mètres". L'enquête sur l'usage du flash-ball se prononcera "par rapport aux prescriptions d'usage et surtout par rapport aux conditions d'usage, qui sont des conditions très difficiles", a souligné M. Lalle. Selon lui, la réplique du policier, touché au crâne, a pu relever du réflexe. Aucune mesure coercitive n'a été prise à son encontre.

Le flash-ball est une arme de quatrième catégorie (comme les armes de poing ou le pistolet à impulsions électriques Taser utilisés par les policiers et les gendarmes), qui tire des balles de caoutchouc non perforantes. Ces balles, qui s'écrasent sur la personne visée sans théoriquement la blesser, "provoquent l'équivalent d'un K.O. technique", selon son fabricant, la société stéphanoise Verney-Carron. D'un calibre de 44 millimètres, elles sont de la taille d'une balle de jokari. Le flash-ball est régulièrement critiqué depuis qu'il a été étendu à la police de proximité en 2002, pour avoir ces dernières années provoqué plusieurs blessures à la tête. En mai 2009, la Direction centrale de la Sécurité publique avait rappelé la proscription de viser "au niveau du visage ou de la tête" et la nécessité d'une utilisation "proportionnée".

le 12 décembre 2010 à 18:48
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9 Commentaires

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  • elyse94430, le 12/12/2010 à 22h44

    Je suis desolée , mais quelqu un qui viens de blesser a l arme blanche une autre personne , et qui resiste aux forces de l ordre, encore heureux pour lui qu il n est pris qu un coup de flash-ball ... mettez vous a la place de ces policiers qui se retrouvent face a quelqu un qui est pret a tuer ... j en ferais de meme ...

  • alkira200, le 12/12/2010 à 22h44

    Je pense que vous vouliez dire 'un moyen facile' ? au lieu d' 'un moyen efficace' ? Sur le reste je suis d'accord avec vous !

  • _mike, le 12/12/2010 à 22h17

    Le flash-ball est aujourd'hui trop pris à la légère, pourtant c'est une arme qui peut faire bien plus que blesser. C'est comme si je vous demandais si c'était normal qu'on lance un flash-ball sur une personne de plus de 80ans. Certes j'exagère un peu, mais c'est justement pour montrer qu'on ne tire pas sur n'importe qui et pas avec n'importe quel arme. Mais bon, en même temps je me demande, comment arrêter une telle personne sans avoir recours à cela, ou au fameux "tasers" mais, cela comporte toujours un risque malheureux. C'est pourquoi, il ne faut pas non plus que cela devienne un moyen efficace d'arrêter ou de neutraliser une personne, faut que ce soit en unique recours.

  • juigne11, le 12/12/2010 à 21h19

    Ca va être encore de la faute des policiers. Bon courage

  • vigouden, le 12/12/2010 à 21h19

    Rectification, il existe bien une version "Police" classée en 4 ème catégorie.

  • buck.d, le 12/12/2010 à 21h18

    Non, la catégorie "arme de défense" est bien la quatrième. De plus les "flash ball" police étant plus court que ceux vendus en armurerie, sont classés en 4ème catégorie.

  • nezdegoret, le 12/12/2010 à 21h15

    Je suis d'accord avec vous!

  • vigouden, le 12/12/2010 à 20h27

    Le Flash-Ball arme de 4ème catégorie? C'est une arme de défense, de 7ème catégorie!

  • camillette13, le 12/12/2010 à 20h18

    Malheureusement, cela vient d'arriver et c'est donc réel mais, franchement , je préfère que ce soit l'homme dangereux qui soit dans cet état que le flic qui lui, bossait.

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