Faut-il une nouvelle loi sur la récidive après l'affaire Laëtitia, cette jeune fille portée disparue du côté de Pornic - une disparition pour laquelle un homme déjà condamné est fortement soupçonné ? Nicolas Sarkozy semble en tout cas y renoncer. Dans une lettre envoyée au ministre de la Justice, Michel Mercier, et transmise jeudi à la presse, le chef de l'Etat estime que "des suites devront nécessairement être apportées, si possible en évitant un nouveau dispositif législatif".
Laetitia, Sarkozy et les magistrats : "Qu'on arrête!"
<b>Interview -</b> Pour Jean-Claude Kross, ancien avocat général à la cour d'appel de Paris, il faut arrêter de faire reposer sur les juges tous les maux de la société. Ce dont manque cruellement la Justice, depuis des décennies, ce sont des moyens.
Publié le 04/02/2011
"Nous retrouverons le corps de Laetitia"
Le procureur de la République de Nantes, Xavier Ronsin, s'est déclaré convaincu vendredi que les enquêteurs retrouveraient le corps de la jeune fille disparue à Pornic depuis dix jours.
Publié le 28/01/2011
L'ex petite-amie de Tony Meilhon raconte son calvaire
L'ex-petite amie de Tony Meilhon, suspect dans le cadre de la disparition de Laetitia à Pornic, a porté plainte en décembre contre lui pour "agressions sexuelles" et "menaces de mort".
Publié le 27/01/2011
Laetitia : "un tel drame ne peut rester sans suite", dit Sarkozy
Le chef de l'Etat a déclaré mardi que l'affaire ne pouvait "rester sans suite" et a estimé que la récidive criminelle n'était "pas une fatalité". Il a demandé des "initiatives" au gouvernement et à la majorité.
Publié le 25/01/2011
"Laetitia, on t'aime, où es-tu?"
Alors que les proches de la jeune fille de 18 ans ont marché lundi après-midi en son honneur, un homme a été placé en garde à vue. Ce serait une connaissance de Tony Meilhon.
Publié le 24/01/2011
Récidive : "il nous manque des moyens"
Georges Fenech, rapporteur UMP de la loi sur la rétention de sûreté, estime que pour faire face au problème de la récidive, la France manque avant tout de moyens.
Publié le 25/01/2011
L'éventualité d'une nouvelle loi sur la récidive, qui serait la sixième du genre depuis 2007, suscitait des réticences jusque dans la majorité de droite, d'autant que le cas d'espèce ne relève pas de ce problème. Tony Meilhon, mis en examen et écroué samedi dernier pour "enlèvement suivi de la mort" de la jeune fille, était sorti de prison en 2010 après avoir exécuté en totalité une série de peines, sans aucune réduction ou libération conditionnelle. Il n'était pas considéré comme un prédateur sexuel, malgré une condamnation pour le viol d'un co-détenu. Il n'était plus au moment des faits sous le contrôle de la justice, mais restait soumis à une "mise à l'épreuve" de deux ans avec obligation de voir un agent de probation, de se soigner et de chercher un travail.
Manque d'effectifs
Une enquête a été ouverte par l'inspection générale de l'administration pénitentiaire pour vérifier l'application de ce suivi, mais d'ores et déjà les syndicats des agents de probation se sont indignés d'une possible mise en cause. Ils font valoir que la faiblesse des effectifs du Service pénitentiaire d'insertion et de probation (Spip) de Loire-Atlantique avait conduit à l'établissement d'un protocole officiel avec le ministère de la Justice limitant à 135 le nombre de détenus suivis par agent. Selon les syndicats, c'est donc d'un commun accord que 887 anciens détenus ont été dispensés de suivi. La CGT précise toutefois jeudi qu'il s'agit de personnes "condamnées pour des faits le plus souvent mineurs et non des délits sexuels". Tony Meilhon, inscrit au Fichier des personnes recherchées depuis janvier pour ne pas avoir déclaré un changement d'adresse, n'a pas fait l'objet de recherches policières, ce que les syndicats de police présentent aussi comme inévitable, aucune procédure automatique n'étant prévue.
Dans sa lettre à Michel Mercier, Nicolas Sarkozy parle de "dysfonctionnements" qu'il impute à la justice. "Cette affaire suscite une forte incompréhension chez nos compatriotes, qui ne peuvent admettre qu'une personne condamnée à de multiples reprises (...) puisse se soustraire délibérément à des obligations de surveillance imposées par la justice", écrit-il. "Il me paraît en conséquence indispensable de faire toute la lumière sur ces dysfonctionnements qui portent atteinte au crédit de l'institution judiciaire".
Nicolas Sarkozy recevra lundi la famille de Laëtitia, a annoncé l'Elysée. Au même moment, les personnels du SPIP tiendront une assemblée générale à Nantes. "Ils n'entendent pas être désignés comme boucs émissaires d'un contexte local connu de tous, plusieurs fois dénoncé par voie d'écrits aux différentes autorités", dit un communiqué.
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