Malgré son salaire de mille euros par mois, José, travaillant pour le pétrolier Total en Seine-et-Marne, vivait dans une belle aisance : il s'était acheté une maison de 150 m2 avec jacuzzi, hammam et piscine. Il était aussi copropriétaire de la maison de son ex-épouse. Mais derrière sa façade de caissier de station-service sans histoire, c'était, selon Le Parisien, un véritable "génie de l'électromécanique". Un "génie" qui aurait, toujours selon le journal, clandestinement et à l'insu même de Total, mis en place un système très sophistiqué dans deux stations de Seine-et-Marne tenues par des proches. Ce qui devrait leur valoir à tous de passer par la case "tribunal" au cours des prochains mois.
Le but : truquer les chiffres de la quantité d'essence livrée aux automobilistes, augmentés de 5% par rapport à la réalité. Les conducteurs payaient donc plus d'essence qu'ils n'en recevaient... et la différence allait, selon Le Parisien, sur les comptes des astucieux truqueurs : le fameux José, mais aussi ses proches, qui bénéficiaient également de la supercherie. Ils auraient ainsi amplement profité des centaines de milliers d'euros détournés grâce à ce truquage. L'affaire pouvait rapporter, selon Le Parisien, dans les 800 euros par jour, et le détournement se serait chiffré à 250.000 euros avant que l'arnaque ne soit découverte.
Un circuit de détournement complexe
Pourtant, les pompes sont régulièrement inspectées. Comment expliquer alors l'ampleur d'un tel détournement, à la fois à l'insu des automobilistes, et au nez et à la barbe de Total ? C'est là qu'apparaît toute la complexité du circuit de détournement. Car, après une première dénonciation anonyme en 2008, qui avait valu à José des sueurs froides et l'avait contraint à démonter son dispositif de truquage des pompes en pleine nuit, il aurait mis en place un montage des plus perfectionnés pour que les techniciens chargés des inspections n'y voient que du feu.
A la base, décrit Le Parisien, on trouvait ainsi un système de changement de pignon du moteur de la pompe, permettant de comptabiliser faussement le volume de carburant livré. A cela s'ajoutait un système de double comptabilité, grâce à un second ordinateur et à un second terminal de paiement destiné à gérer le surplus de carburant. Et pour tromper les mouchards installés sur les pompes par Total, le pompiste les mettait artificiellement "en panne", de manière à ce qu'elles permettent de vendre le surplus de carburant encore en stock. Les bénéfices de cette petite entreprise de détournement bien rodée étaient ensuite répartis sur plusieurs comptes de manière à les rendre moins "voyants".
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