Récidive : faut-il encore renforcer l'arsenal juridique ?

Par , le 25 janvier 2011 à 18h12 , mis à jour le 25 janvier 2011 à 21h39

Alos que de nombreuses lois sur la récidive et les délinquants sexuels ont été votées ces dernières années, le chef de l'Etat a demandé mardi au gouvernement et aux parlementaires UMP de "prendre des initiatives très vite".

Il n'aura pas fallu longtemps pour que le fait divers devienne une affaire politique. Alors que les gendarmes étaient toujours à recherche ce mardi de Laetitia, jeune fille de 18 ans disparue depuis une semaine à Pornic, le chef de l'Etat a estimé que le "drame" de cette disparition ne pouvait "rester sans suite", affirmant que la récidive criminelle n'était  "pas une fatalité". Dans cette nouvelle affaire, le suspect, Tony Meilhon, 31 ans, a été mis en examen pour "enlèvement suivi de mort", sans que le juge chargé de l'instruction à Nantes ne retienne le viol à ce stade de l'enquête. Tony Meilhon a déjà été condamné à 13 reprises dans le passé et est inscrit au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infraction sexuelle ou violente.
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Le président de la République a demandé au gouvernement et aux parlementaires UMP de "prendre des initiatives très vite" sur le suivi des délinquants sexuels. Dans la foulée, le garde des Sceaux Michel Mercier annoncé que "lors de la discussion à venir du projet de loi sur les jurés populaires, actuellement en cours de préparation, nous aurons l'occasion de débattre largement de cette problématique (ndlr : du suivi des délinquants sexuels) et d'adapter notre législation en conséquence". Les députés de la majorité ont, quant à eux, sorti les freins, se disant pas favorables à une nouvelle loi uniquement pour réagir à ce fait divers. "Nous ne voulons pas de réaction législative immédiate, pas de proposition de loi d'opportunité, pas de proposition de loi Pornic", a ainsi déclaré Jean Leonetti, vice-président du groupe UMP.
 
Depuis quelques années, en effet, un arsenal juridique anti-récidive s'est développé au fil de faits divers qui ont ému l'opinion. Pour certaines d'entre elles, les décrets d'application ne sont toujours pas sortis. En voici un inventaire...

1998.
La loi relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs, instaure l'obligation d'un suivi socio-judiciaire à la sortie de prison pour les auteurs d'infractions sexuelles. Suivi qui peut être accompagné d'une injonction de soins. Ce suivi peut aller jusqu'à 30 ans après la prison. 

2004 et 2005.
Création d'un fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles. Et mise en place de la "surveillance judiciaire" qui impose un suivi et un ensemble d'obligations et d'interdictions. Cette loi vise à pallier l'impossibilité de prononcer un suivi socio-judiciaire pour des faits commis avant l'entrée en vigueur de la loi du 17 juin 1998. Il concerne des personnes dont les condamnations sont supérieures ou égales à 10 ans et dont le "risque de récidive paraît avéré". Introduction du bracelet électronique.

2007.
Rachida Dati fait voter l'instauration des peines plancher dès la première récidive pour tous les crimes et délits passibles d'au moins 3 ans de prison. La loi écarte également, dans certains cas, l'excuse de minorité pour les 16-18 ans, conformément à une promesse électorale de Nicolas Sarkozy. En outre le texte prévoit une injonction de soins obligatoire pour les délinquants sexuels, qui ne pourront bénéficier de réductions de peine ou de libération conditionnelle s'ils refusent de s'y soumettre. 

2008
. Instauration de la rétention de sûreté, qui permet de retenir, dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté, certains auteurs de crimes à l'issue de leur peine de prison. Elle concerne des personnes condamnées à au moins 15 ans de réclusion criminelle pour des faits commis après le 25 février 2008 et qui présente une "particulière dangerosité, caractérisée par une probabilité très élevée de récidive". Ces placements durent un an, renouvelables indéfiniment si nécessaire. 

2010
. Après le viol et le meurtre de Marie-Christine Hodeau par un délinquant sexuel récidiviste et alors qu'un autre récidiviste, Francis Evrard, comparaît aux assises pour le viol du petit Enis, une nouvelle loi anti-récidive est promulguée par Nicolas Sarkozy. Cette loi permet notamment de renvoyer en prison les condamnés pour crimes sexuels qui refusent de se soigner. La possibilité de "castration chimique" est introduite, le fichier créé en 2005 est à nouveau élargi, tout comme le champ d'application de la rétention de sûreté. La police pourra par ailleurs interpeller et retenir pendant 24 heures les ex-condamnés sexuels ne respectant pas l'interdiction de "paraître autour du lieu où travaille ou réside lavictime ou sa famille". Les noms et adresses de tous les ex-condamnés à au moins 3 ans de prison seront communiqués aux commissariats et gendarmerie. Pour l'heure, les décrets d'application de cette loi n'ont pas été publiés.

Par Alexandra Guillet le 25 janvier 2011 à 18:12
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29 Commentaires

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  • stephjmayol, le 27/01/2011 à 14h37

    Le problème c est que l on réagit à un évènement médiatique, que le Président de la République réagit à cela pour montrer à sa population qu il comprends les inquiétudes de celle ci! Mais la réflexion de simplement appliquer les lois existantes est judicieuse car si tel était le cas de nombreux faits divers n auraient pas eu lieu! Mais cela emmène une troisième réflexion qui n'applique pas les lois dans ce pays surtout judiciaire , et pourquoi? Pourquoi simplement car il n'y a pas de place dans les prisons, oki et tout Français veut qu'il s en construise mais pas près de chez lui! Pourquoi simplement car les juges refusent de sévir et ce par simple idéologie: et oui une phrase du code de procédure pénale traduit bien ces intentions : L'emprisonnement doit être une exception et la liberté la règle!!!! En un mot puisque les juges ne veulent pas punir l'idée d'un jury populaire pour les délits dans les mêmes regles que celui des crimes me parait la meilleure solution!!! Mais cela va entraîner un autre problème qui va payer les jurés alors que ceux ci travaillent et ne sont pas présent dans leur emploi! Comme vous voyez , il existe un problème humain avec les juges qui ne veulent pas sévir et un problème matériel et financier !

  • buck.d, le 26/01/2011 à 23h51

    "pau12" ,vous croyez aussi au Père Noël?????????????????????

  • clementine1218, le 26/01/2011 à 14h43

    Barny , rassurez vous je connais le fonctionnement de la justice et d'ailleurs les jeunes aussi en ont compris tous les rouages et toutes les failles .Ce n'est pas vengeance qui je veux mais justice pour les victimes. On parle trop souvent des délinquants mais quasiment jamais des victimes .Je veux que les enfants , les jeunes, les femmes, les vieux ( principale victimes depuis la nuit des temps) puisse vivre normalement sans être obliger de ce cacher . A 16 ans je prenais seule le métro tard sans risque maintenant une femme seule ce n'est plus possible , les enfants ne joue plus sur les trottoirs en allant a l'école car ils y vont en voiture et non plus a pied .La justice est toujours indépendante et ça ne sert a rien de créé d'autres lois il suffit d'appliquer déjà celle qui existe et non pas faire de l'anti gouvernement .

  • bebert59560, le 26/01/2011 à 11h28

    Arrêtez avec votre blablabla ,celui quotidien des dirigeants et des militants de cette gauche bavarde est nettement suffisant!

  • bzhinfo, le 26/01/2011 à 10h38

    Encore et toujours du blabla, quand les moyens ne sont pas mis en face des lois à quoi servent elles?

  • 60corlau, le 26/01/2011 à 10h00

    Foutaise !!!! Comment peut on prôner la mise en application d'une nouvelle loi quand celles qui sont en vigueur sont flouées et mal appliquées. Tout est prétexte à des remises de peines, des sorties anticipées, du sursis, ..... que les peines de prison soient fermes et définitives et à la mesure des délits ou des meurtres commis, et la justice qui ne ressemble à plus rien en sera grandie !!!!!

  • camillette13, le 26/01/2011 à 09h56

    Henri_bambelle:Si vous demandez à votre épouse d'acheter impérativement des fruits et qu'à la place elle achète et ramène des gateaux, qu'allez vous faire ou dire? c'est une image qui caractérise à mon avis l'action actuelle des juges d'application de peines et des juges de cour d'assises

  • dom145, le 26/01/2011 à 09h07

    Je partage entièrement votre avis, parce qu'aujourd'hui, ils bénéficient d'une impunité totale qui choque l'opinion !!!

  • sambrest, le 26/01/2011 à 09h02

    Et la révocation d'un Président qui blablate depuis 10 ans sur le sujet, vous l'avez prévue?

  • fred53, le 26/01/2011 à 08h33

    Perpétuité pour de vrai...Pas de juge d application des peines dans ce cas...

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