© TF1/LCILa colère couvait depuis longtemps sous les casques des CRS. Faute de pouvoir se mettre en grève, ils ont décidé de l'extérioriser de façon étonnante ces derniers jours, à coups d'arrêts de travail collectifs, de grèves du zèle ou de la faim. L'objet de leur mécontentement: la fermeture annoncée d'au moins deux de leurs compagnies, à Lyon et Marseille.
Menacés de fermeture, les CRS se font porter pâles
Craignant une fermeture de leur compagnie, des CRS de la banlieue lyonnaise se sont mis massivement en arrêt maladie. Bilan, selon un syndicat : 70% à 80% des effectifs indisponibles. A quoi il faudra peut-être bientôt ajouter une grève des contraventions.
Publié le 26/01/2011
Les CRS en colère se font porter malades
N'ayant pas le droit de faire grève, 48 CRS de l'Aude se sont fait porter malades pour protester contre leurs conditions de travail.
Publié le 02/09/2010
CRS en colère contre les fermetures de compagnie
Des mouvements de protestation contre les menaces de fermeture de compagnies de CRS se sont déroulés samedi à Lyon et à Perpignan.
Publié le 30/01/2011
Lundi, en guise de solidarité avec leurs collègues menacés, les cinq compagnies mobiles de la zone de défense nord (Nord/Pas-de-Calais et Picardie), soit environ 700 fonctionnaires, qui n'ont théoriquement pas le droit de grève, ont entamé ce qu'ils appellent une "action de prévention". Concrètement, à l'appel de leurs syndicats, les unités mobiles font de "l'activité zéro", en dehors des compagnies autoroutières qui ne sont pas concernées. "Les automobilistes sont arrêtés, on leur notifie leur infraction mais ils ne sont pas verbalisés. Même chose sur les mises à disposition : par exemple, dans la lutte contre l'immigration clandestine à Calais, on ne procède à aucune interpellation" pour le compte de la police aux frontières, explique Thierry Cauchy, représentant adjoint régional d'Unité police SGP, syndicat majoritaire chez les CRS, qui précise toutefois que "les opérations de sécurité et d'ordre public étaient assurées normalement".
Réponse le 7 février
Devant la montée de la mobilisation, les syndicats de police ont été reçus ensemble, lundi après-midi au ministère de l'Intérieur. Les syndicats craignent la suppression, à terme, de 25 des 61 compagnies françaises, ainsi que celle de 7 compagnies de gendarmes mobiles. Plusieurs élus UMP, dont le député Lionnel Luca, ont appelé Brice Hortefeux à ouvrir le dialogue pour que cette réorganisation se passe sans traumatisme pour les personnels et leurs familles. Benoît Hamon, porte-parole du PS, a demandé pour sa part un moratoire sur les suppressions de postes dans la police comme dans la gendarmerie. Brice Hortefeux a annoncé mercredi dernier que seules deux compagnies seraient supprimées. Selon les syndicats, les décisions seront rendues publiques le 7 février.
Depuis mercredi dernier, les actions se sont multipliées. Dimanche, c'est la CRS 39 de Nancy qui s'est mise "majoritairement en arrêt maladie" alors qu'elle devait assurer la sécurité du déplacement de François Fillon sur le site de la Ligne à Grande Vitesse Rhin-Rhône. Elle a du être remplacée par une autre compagnie. A Perpignan, la quasi-totalité des effectifs de la CRS 58 s'étaient également fait porter pâles samedi. Idem pour une cinquantaine de CRS de la compagnie 53 à Marseille.
Une autre compagnie marseillaise, la 54, en mission de sécurité à Paris, a également décidé depuis ce week-end d'entamer une grève de la faim. Des CRS en poste à Strasbourg ont aussi refusé de déjeuner par solidarité. La compagnie 56, basée à Montpellier et appelée en renfort pour le match de Ligue 1 Monaco/Marseille, a quant à elle décidé de donner ses repas du soir au Samu social... Au total, les CRS comptent 14 000 hommes répartis en 61 compagnies.
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