Le procès de Xavier Philippe reporté

le 23 mars 2011 à 12h46 , mis à jour le 23 mars 2011 à 12h52

Xavier Philippe, qui purge déjà une peine de 30 ans de prison pour avoir assassiné son associé patissier dans le Marais en 2005, est soupçonné d'avoir voulu se débarasser d'un autre associé en 1998. Son procès s'est ouvert ce mercredi, mais la déposition d'une QPC par son avocat a aussitôt entraîné son report.

cour de cassation Justicecour de cassation Justice © DR

Xavier Philippe a-t-il une nouvelle fois tenté de faire disparaître un associé encombrant ou est-ce un malencontreux hasard ? Cet ancien boulanger de 53 ans, qui purge déjà une peine de 30 ans de réclusion pour le meurtre de son ex-associé Christophe Belle, avait de nouveau rendez-vous avec la justice ce mercredi. Mais cette fois-ci devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour déterminer s'il s'était rendu coupable, avec son complice présumé, Alain Samycia, d'une tentative d'assassinat requalifiée en "complicité de violences volontaires".

  • L'ex-boulanger écope de 30 ans de prison

    L'ex-patron d'une boulangerie-pâtisserie parisienne a été condamné dimanche à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son associé en mai 2005.

    Publié le 06/07/2008 L'ex-boulanger écope de 30 ans de prison
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Mais dès l'ouverture de l'audience, mercredi, la défense de Xavier Philippe a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant le "délai raisonnable" de la procédure. "Une manoeuvre" pour les parties civiles, selon lesquelles c'est la défense elle-même qui a fait traîner la procédure. "Xavier Philippe ose venir nous parler de délai raisonnable, ce n'est pas très sérieux", s'est ainsi indigné l'avocat de Tony Gomez, Me Michaël Doulikian. "C'est le signe d'une défense qui est aux abois, dos au mur, et qui vient se plaindre aujourd'hui de sa propre turpitude!". Le tribunal a pourtant décidé de transmettre cette QPC à la Cour de cassation. Celle-ci a trois mois pour saisir ou non le Conseil constitutionnel. Le tribunal correctionnel de Paris verra le 5 octobre s'il peut fixer une nouvelle date pour le procès.

Les faits remontent au 28 avril 1998, ce jour là, le compagnon du gérant du Banana Café, un établissement parisien branché, est agressé dans l'appartement de ce dernier par un homme muni d'un fusil. La victime, touchée au coude, parvient à prendre la fuite. L'auteur présumé de l'agression, Alain Samycia, est interpellé peu après. L'enquête a révélé qu'il avait contacté au cours de la soirée à plusieurs reprises Xavier Philippe, qui travaillait alors au Banana Café. Tony Gomez, le gérant, est convaincu que c'est lui qui était visé lors de l'agression et non son compagnon. Selon France Info, il aurait révélé aux enquêteurs qu'il soupçonnait Xavier Philippe, non seulement de piquer dans la caisse, mais aussi d'avoir imité sa signature pour établir des contrats d'assurance-vie à son profit.

En prison pour le meurtre présumé d'un autre associé

Une affaire qui fait étrangement écho à une autre,  et qui vaut à Xavier Philippe d'être incarcéré aujourd'hui. Cet ancien patron d'une boulangerie-pâtisserie du quartier du Marais avait été reconnu coupable en juillet 2008 d'avoir tué avec préméditation son associé, Christophe Belle, retrouvé mort de trois balles dans la tête le 17 mai 2005 dans un bois de Sucy-en-Brie. En se débarrassant de son associé, il se serait assuré un confortable bénéfice lors de la vente du commerce. Il évitait aussi que Christophe Belle ne découvre ses malversations car il a reconnu pendant l'enquête ponctionner plusieurs dizaines de milliers d'euros par an dans les caisses. Condamné à trente ans de réclusion criminelle, il avait fait appel. Mais le 17 juin 2010, la cour d'assises de Seine-et-Marne a confirmé cette peine. Xavier Philippe, qui a effectué plusieurs séjours en prison dans les années 1980, notamment pour avoir mis volontairement le feu à la boîte de nuit de son frère jumeau à Orléans, s'est depuis pourvu en cassation. La décision n'a toujours pas été rendue.

Autre affaire troublante. L'ex-compagne de Xavier Philippe aurait déclaré aux enquêteurs que ce dernier lui aurait confié en novembre 1988 avoir tué Pascal Leroy, un autre associé, porté disparu depuis dans la région d'Orléans. Mais l'instruction a été vite classée. Le non-lieu fait qu'aujourd'hui, les faits sont prescrits.

le 23 mars 2011 à 12:46
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