Violence à l'école : Chatel veut faire sauter le "tabou"

Par TF1 News (d'après agence), le 29 mars 2011 à 09h07 , mis à jour le 31 mars 2011 à 15h59

Alors qu'une étude dévoile l'ampleur des violences au primaire, qui touchent plus d'un élève sur dix, Luc Chatel annonce la mise en place d'un organisme destiné à lutter contre le harcèlement scolaire.

                               La révolte du "petit gros" de la récré 

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Plus d'infos

A peine dévoilée la nouvelle étude sur la violence à l'école, voilà Luc Chatel qui affirme vouloir se saisir du problème : le ministre de l'Education nationale a annoncé mardi la mise en place d'un "Conseil scientifique contre les discriminations à l'école", en particulier chargé de la lutte contre le harcèlement scolaire. Il sera présidé par François Heran, un démographe, ancien directeur de l'Institut national des études démographiques. "Le but, c'est que nous ayons une vraie réflexion sur ce sujet, parce que c'est un sujet tabou, on n'avait pas le droit d'en parler", a expliqué Luc Chatel sur RTL en ajoutant : "Eric Debarbieux, qui préside les états généraux sur la sécurité à l'école, me remettra dans le courant du mois d'avril ses premières propositions sur le sujet".

C'est ce même Eric Debarbieux, directeur de l'Observatoire international de la violence à l'école, qui a mené l'étude dévoilée mardi par l'Unicef : réalisée en 2009-2010 auprès de 12.326 élèves de CE2, CM1 et CM2 de 8 à 12 ans issus de 157 écoles de huit académies, elle montre que plus d'un enfant sur dix en France se dit harcelé à l'école, victime de violences verbales et physiques répétées. Si Eric Debarbieux estime qu'il "n'y a pas de sentiment général d'insécurité à l'école", il appelle toutefois à ne pas "minimiser le problème", quand Jacques Hintzy, président d'Unicef-France, choisit de mettre l'emphase sur le fait qu'aujourd'hui, "un enfant sur dix est en souffrance à l'école". Un constat qui relaie l'appel lancé fin janvier par plusieurs personnalités, dont le pédopsychiatre Marcel Rufo et le sociologue, philosophe et écrivain Edgar Morin, qui s'étaient alarmés, dans une lettre au ministre de l'Education nationale, des phénomènes de "souffre-douleur", de "bouc émissaire" et de brimades entre élèves.

Des "petites" agressions répétées

D'après l'étude, les phénomènes de "victimation" restent plutôt limités puisque près de neuf élèves sur dix (88,9%) déclarent se sentir "tout à fait bien" ou "plutôt bien" à l'école et plus de sept sur dix disent n'être "jamais" victimes de violences ou "très occasionnellement". Mais pour une minorité d'élèves, la violence se fait sentir, souvent par de petites agressions répétées allant du vol de goûter aux insultes et menaces, mais aussi aux coups, racket ou violences sexuelles. "Chaque petite agression a peu d'importance prise isolément, mais c'est la répétition qui fait que la situation devient grave", explique Eric Debarbieux.

Le taux d'élèves victimes de harcèlement physique est estimé à 10,1%, 71,8% des élèves interrogés n'étant pas victimes de violences et 18% l'étant occasionnellement. 67% des agressions physiques sont le fait de garçons contre 20% par des filles et 12% par des groupes mixtes. Pour les violences verbales, près de deux tiers des élèves (65%) se disent pas ou très peu concernés comme victimes, tandis que 14,4% le sont modérément ou fréquemment. Au total, 11,7% des élèves interrogés sont victimes de violences répétées à la fois physiques et verbales et deviennent les "boucs émissaires" ou "souffre-douleur" d'une classe, et ce, quelque soit la sociologie de l'établissement.

"C'est un autre gros enseignement de l'étude: il n'y a pas plus de harcèlement dans les écoles classées ZEP (éducation prioritaire, les plus en difficulté) que dans les établissements normaux", ajoute Eric Debarbieux. L'étude met également en garde contre les conséquences scolaires (décrochage, absentéisme) mais aussi psychologiques à long terme. Une faible estime de soi et des tendances dépressives sont beaucoup plus fortes pour les adultes ayant été harcelés autrefois, selon le rapport. "C'est un vrai problème de santé publique qu'il faut traiter de manière préventive", dit-il.

A l'étranger aussi...

Le harcèlement à l'école existe partout, mais le nord de l'Europe a pris de l'avance dans la prise en charge du phénomène, selon le spécialiste Jean-Pierre Bellon et Eric Debarbieux. Dans les pays scandinaves, les enseignants font un travail de sensibilisation en impliquant tous les élèves. Dans une classe, les écoliers vont identifier les problèmes entre victimes et harceleurs et vont tenter de faire émerger des solutions pour réintégrer les élèves victimes dans le groupe. En Grande-Bretagne, le problème, appelé "school bullying", a été pris en charge depuis la fin des années 1980 avec l'intervention des instances publiques. Chaque établissement doit avoir une politique de lutte contre le harcèlement, beaucoup emploient un professeur uniquement dédié à cette question et depuis 2004, une semaine "anti-bullying" est organisée tous les ans pour sensibiliser élèves, professeurs et parents. Ailleurs, d'autres politiques ont été mises en place comme en Pologne où les médias ont été largement impliqués dans la lutte contre le harcèlement. Près de 9000 articles sont parus dans la presse pendant cinq ans. Un concours a également été organisé dans les écoles pour savoir quel était leur projet de lutte. Les élèves, parents et enseignants y ont été associés. Enfin, aux Etats-Unis, où plusieurs affaires de harcèlement aux conséquences tragiques ont été rapportées par les médias, le président Barack Obama a lancé au début du mois une grande campagne nationale, avec la chanteuse Britney Spears comme marraine.

 

Par TF1 News (d'après agence) le 29 mars 2011 à 09:07
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44 Commentaires

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  • phrq, le 29/03/2011 à 22h25

    J'ai enseigné pendant 10 ans. Un jour, deux galopins se sont violemment battus dans ma classe. L'un d'entre eux a sorti un couteau. J'ai réussi à m'interposer et à lui prendre le couteau des mains. J'ai ensuite rendu compte au directeur, et lui ai remis le couteau. Eh bien figurez vous que le lendemain, il rendait le couteau à l'élève. Devant mon indignation, il m'a fait comprendre qu'il était préférable pour moi d'oublier cette histoire. La bonne marche de l'établissement, vous comprenez...

  • look165, le 29/03/2011 à 20h31

    S'il n'y avait qu'à l'école que ça se produisait, ça se saurait. Le problème est la démission massive des parents qui ne remplissent plus leur rôle, car eux-mêmes sont emberlificotés dans leurs propres problèmes et souvent séparés. Sans compter la fessée qui devient une horreur !

  • catia67, le 29/03/2011 à 18h46

    Vous dites que vous avez su élever vos enfants dans le respect ! moi aussi je les élèves ainsi et je ne compte pas sur leur professeur pour le faire, chacun son rôle ! que voulez vous qu'un enseignant fasse devant un gamin insolent et qui ne respecte rien si ses parents ne lui ont pas appris le minimum ! il doit enseigner son savoir, ça passe aussi par l'apprentissage des règles de société mais ça doit être un prolongement de ce qui se fait à la maison !

  • neomarcheur, le 29/03/2011 à 18h15

    C'est ainsi qu'il faut faire .Sinon le plus faible aura toujours tort dans cette jungle qu'est devenue l'école.

  • margaux1942, le 29/03/2011 à 18h02

    Kangooroux1 : Tout à fait d'accord avec vous !!! L'éducation des enfants passe D'ABORD par les parents, et non par les enseignants !!!!

  • roucoucou17, le 29/03/2011 à 17h57

    Ben votre fils c est défendue et maintenant aux adultes responsables de cet établissement de se remettre en question et d agir pour l agresseur et l agressé qui est obligé de se défendre

  • rino83000, le 29/03/2011 à 16h43

    100/100 d accords

  • kangooroux1, le 29/03/2011 à 16h40

    Vous pouvez toujours porter plainte maintenant si le chef d'établissement de veut agir. Attention cependant, comme il ne peut y avoir de double peine, il ne peut y avoir cumul entre entre une sanction disciplinaire dans l'établissement (exclusion), et une sanction judiciaire. Parlez-en à une fédération de parents d'élève ou au chef d'établissement.

  • saneman, le 29/03/2011 à 16h36

    Je ne vois pas pourquoi les enfants doivent "assumer" de prendre des coups ou d'être insultés à l'école !!! C'est inadmissible et les fauteurs de troubles doivent etre punis, voire exclus en cas de récidive. Il ne s'agit pas de mettre nos enfants dans des "cocons", ils doivent se défendre , certes, mais il faut aussi qu'il y ait des sanctions pour les agresseurs, les délinquants multirécidivistes, sinon pourquoi pas des bagarres à coups de couteaux pendant la "récré" , etc, etc ???

  • kangooroux1, le 29/03/2011 à 16h36

    Si vous avez des arguments comme ceux là, main courante et dépôt de plainte. Ca mettra au moins le maire et les autres parents devant leurs responsabilités.

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