La révolte du "petit gros" de la récré
Harcèlement à l'école : le gouvernement veut réagir
Brimades, coups, avec parfois, pour les victimes, des conséquences psychologiques à long terme : le harcèlement à l'école est dans le collimateur du gouvernement. Des mesures doivent être annoncées à l'occasion "d'assises nationales" organisées à partir de ce lundi à Paris.
Publié le 01/05/2011
Chatel confirme la fermeture de 1.500 classes de primaire
Le ministre de l'Education affirme que les classes ne seront pour autant pas plus surchargées que dans les années 1990. Cette annonce devrait envenimer les tensions avec les parents d'élèves et les enseignants.
Publié le 26/04/2011
Appel à témoins : votre enfant est victime de harcèlement à l'école
Dans le cadre d'un reportage pour le journal de TF1, nous recherchons des témoignages de parents confrontés au harcèlement de leurs enfants à l'école et via les réseaux sociaux.
Publié le 31/03/2011
La revanche du "petit gros" de la récré
<b> Buzz -</b> Bouc-émissaire de ses camarades en raison de son poids, Casey Heynes, un ado de 16 ans, a décidé de se défendre. Ce jour-là, "le gros" est devenu "le héros" et pas seulement de sa cour de récré.
Publié le 23/03/2011
1 enfant sur 10 se dit victime de violences au primaire
Selon un rapport de l'UNICEF, un enfant sur 10 avoue être victime de violences verbales ou physiques au sein de son école. Un phénomène qui ne concerne pas les établissements secondaires.
Publié le 29/03/2011
Le harcèlement à l'école, l'enquête
Le harcèlement entre élèves reste un phénomène largement sous estimé, difficile à détecter car soumis à la loi du silence. Brimades, insultes, menaces, la scolarité de certains jeunes est un enfer psychologique.
Publié le 09/02/2011
A peine dévoilée la nouvelle étude sur la violence à l'école, voilà Luc Chatel qui affirme vouloir se saisir du problème : le ministre de l'Education nationale a annoncé mardi la mise en place d'un "Conseil scientifique contre les discriminations à l'école", en particulier chargé de la lutte contre le harcèlement scolaire. Il sera présidé par François Heran, un démographe, ancien directeur de l'Institut national des études démographiques. "Le but, c'est que nous ayons une vraie réflexion sur ce sujet, parce que c'est un sujet tabou, on n'avait pas le droit d'en parler", a expliqué Luc Chatel sur RTL en ajoutant : "Eric Debarbieux, qui préside les états généraux sur la sécurité à l'école, me remettra dans le courant du mois d'avril ses premières propositions sur le sujet".
C'est ce même Eric Debarbieux, directeur de l'Observatoire international de la violence à l'école, qui a mené l'étude dévoilée mardi par l'Unicef : réalisée en 2009-2010 auprès de 12.326 élèves de CE2, CM1 et CM2 de 8 à 12 ans issus de 157 écoles de huit académies, elle montre que plus d'un enfant sur dix en France se dit harcelé à l'école, victime de violences verbales et physiques répétées. Si Eric Debarbieux estime qu'il "n'y a pas de sentiment général d'insécurité à l'école", il appelle toutefois à ne pas "minimiser le problème", quand Jacques Hintzy, président d'Unicef-France, choisit de mettre l'emphase sur le fait qu'aujourd'hui, "un enfant sur dix est en souffrance à l'école". Un constat qui relaie l'appel lancé fin janvier par plusieurs personnalités, dont le pédopsychiatre Marcel Rufo et le sociologue, philosophe et écrivain Edgar Morin, qui s'étaient alarmés, dans une lettre au ministre de l'Education nationale, des phénomènes de "souffre-douleur", de "bouc émissaire" et de brimades entre élèves.
Des "petites" agressions répétées
D'après l'étude, les phénomènes de "victimation" restent plutôt limités puisque près de neuf élèves sur dix (88,9%) déclarent se sentir "tout à fait bien" ou "plutôt bien" à l'école et plus de sept sur dix disent n'être "jamais" victimes de violences ou "très occasionnellement". Mais pour une minorité d'élèves, la violence se fait sentir, souvent par de petites agressions répétées allant du vol de goûter aux insultes et menaces, mais aussi aux coups, racket ou violences sexuelles. "Chaque petite agression a peu d'importance prise isolément, mais c'est la répétition qui fait que la situation devient grave", explique Eric Debarbieux.
Le taux d'élèves victimes de harcèlement physique est estimé à 10,1%, 71,8% des élèves interrogés n'étant pas victimes de violences et 18% l'étant occasionnellement. 67% des agressions physiques sont le fait de garçons contre 20% par des filles et 12% par des groupes mixtes. Pour les violences verbales, près de deux tiers des élèves (65%) se disent pas ou très peu concernés comme victimes, tandis que 14,4% le sont modérément ou fréquemment. Au total, 11,7% des élèves interrogés sont victimes de violences répétées à la fois physiques et verbales et deviennent les "boucs émissaires" ou "souffre-douleur" d'une classe, et ce, quelque soit la sociologie de l'établissement.
"C'est un autre gros enseignement de l'étude: il n'y a pas plus de harcèlement dans les écoles classées ZEP (éducation prioritaire, les plus en difficulté) que dans les établissements normaux", ajoute Eric Debarbieux. L'étude met également en garde contre les conséquences scolaires (décrochage, absentéisme) mais aussi psychologiques à long terme. Une faible estime de soi et des tendances dépressives sont beaucoup plus fortes pour les adultes ayant été harcelés autrefois, selon le rapport. "C'est un vrai problème de santé publique qu'il faut traiter de manière préventive", dit-il.
| A l'étranger aussi... |
Le harcèlement à l'école existe partout, mais le nord de l'Europe a pris de l'avance dans la prise en charge du phénomène, selon le spécialiste Jean-Pierre Bellon et Eric Debarbieux. Dans les pays scandinaves, les enseignants font un travail de sensibilisation en impliquant tous les élèves. Dans une classe, les écoliers vont identifier les problèmes entre victimes et harceleurs et vont tenter de faire émerger des solutions pour réintégrer les élèves victimes dans le groupe. En Grande-Bretagne, le problème, appelé "school bullying", a été pris en charge depuis la fin des années 1980 avec l'intervention des instances publiques. Chaque établissement doit avoir une politique de lutte contre le harcèlement, beaucoup emploient un professeur uniquement dédié à cette question et depuis 2004, une semaine "anti-bullying" est organisée tous les ans pour sensibiliser élèves, professeurs et parents. Ailleurs, d'autres politiques ont été mises en place comme en Pologne où les médias ont été largement impliqués dans la lutte contre le harcèlement. Près de 9000 articles sont parus dans la presse pendant cinq ans. Un concours a également été organisé dans les écoles pour savoir quel était leur projet de lutte. Les élèves, parents et enseignants y ont été associés. Enfin, aux Etats-Unis, où plusieurs affaires de harcèlement aux conséquences tragiques ont été rapportées par les médias, le président Barack Obama a lancé au début du mois une grande campagne nationale, avec la chanteuse Britney Spears comme marraine. |
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