AF 447 : les alarmes de décrochage dans le collimateur

Par F.A., le 03 août 2011 à 12h25 , mis à jour le 03 août 2011 à 20h50

Dossier : Crash du vol Rio-Paris

Le Syndicat national des pilotes de ligne entend suspendre sa participation à l'enquête. Il dénonce la non-publication par le BEA d'une recommandation concernant le mauvais fonctionnement des alarmes de décrochage.

[Expiré] crash rio paris af 447 © AFP

C'est une nouvelle polémique dans l'enquête sur le crash du vol AF 447. Mercredi matin, le Syndicat national des pilotes de ligne a annoncé qu'il suspendait sa participation à l'enquête. La raison : il dénonce la non-publication d'une recommandation sur les alarmes de décrochage dans le rapport présenté vendredi dernier par Bureau Enquêtes Analyse (BEA), chargé  des investigations sur le drame qui a coûté la vie à 228 personnes le 1er juin 2009.
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Plus d'infos

 
Afin de prévenir les pilotes que leur avion n'est plus soutenu par l'air, une alarme, dite "de décrochage" retentit en effet dans le cockpit, avec les mots "Stall"", "stall", "stall". Or il semble que cette alarme dysfonctionnait dans les Airbus en se déclenchant parfois de manière intempestive. Selon Le Parisien de mercredi, ce problème était d'ailleurs connu bien avant l'accident du Rio-Paris, au point que certains commandants de bord n'en tenaient pas forcément compte. Ce fut le cas a priori des pilotes du vol AF 447.

"Enquête discréditée" pour les familles
 
Mardi, Les Echos et La Tribune ont révélé que le BEA avait retiré de son rapport, au dernier moment, une recommandation sur ces alarmes. "Le directeur d'enquêtes du BEA a souhaité retirer cette recommandation du rapport d'étape car elle doit être complétée par les travaux réalisés par le groupe de travail ‘facteur humain'", indique le BEA. Cette explication ne convainc donc pas le SNPL. Le syndicat souligne craindre que l'enquête ne "se transforme en une simple instruction à charge contre l'équipage" et ajoute  que sa confiance dans le BEA est "sérieusement entamée".
 
De son côté, l'association Entraide et Solidarité AF447, qui représente une partie des familles des victimes, juge que l'enquête est "définitivement discréditée". "La précipitation avec laquelle ces autorités et ces responsables ont accusé les pilotes sans aucune réflexion préalable avait alerté notre suspicion", lance Robert Soulas, le président de l'association. "Nous avons maintenant confirmation que les affirmations émanant de la tutelle du BEA étaient non seulement prématurées, dépourvues d'objectivité, partiales et très orientées vers la défense d'Airbus", ajoute-t-il.

Thierry Mariani, le ministre chargé des Transports, défend quant à lui le BEA. "Jamais il n'y a eu une enquête aussi transparente : elle a été filmée, s'est déroulée sous le contrôle de la justice, avec des enquêteurs brésiliens, américains.. Ces polémiques jettent le discrédit sur une enquête qui est exemplaire", assène-t-il. Le ministre tient à préciser que si le BEA dépend du ministère des Transports, "c'est un lien administratif et budgétaire, mais pas du tout hiérarchique".

Bataille Air France-Airbus ?
 
Dans son rapport, le BEA a surtout mis en cause la formation et les réactions de l'équipage après le décrochage de l'avion.  "Rien ne permet à ce stade de remettre en cause les compétences techniques de l'équipage", avait alors réagi Air France, critiquant déjà la fiabilité de l'alarme de décrochage de l'Airbus. La compagnie estimait que ses "multiples activations et arrêts intempestifs et trompeurs" avaient "fortement" handicapé les pilotes. Air France a aussi indiqué mardi avoir envoyé un courrier à l'AESA (l'Agence européenne de la sécurité aérienne), demandant que cette question soit rapidement réexaminée.
 
Jusqu'à présent, le givrage des sondes Pitot de l'équipementier français Thales est la seule défaillance technique officiellement établie.

Par F.A. le 03 août 2011 à 12:25
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31 Commentaires

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  • 421123, le 04/08/2011 à 14h01

    Le Pilote "le moins expérimenté": 2900 heurs de vol. Un salarié avant les 35 H faisait 1800 H par an.

  • 7608vv, le 04/08/2011 à 10h36

    J'ai lu de A à Z l'enquête concernant l'accident du concorde à Gonesse et je n'y ai pourtant trouvé aucun élément qui puisse critiquer le comportement de cet équipage disparu et qui contredit donc votre remarque ci-dessus.

  • lafronde2012, le 04/08/2011 à 10h02

    Aller suivre une formation de pilote de ligne avant de dire n'importe quoi !. Un avion de ligne en croisière n'a pas la même mécanique de vol qu'un jodel d'aéroclub...surtout si son pilote automatique en mode unstable se déconnecte. L'avion n'est pas pilotable manuellement tant que du carburant n'a pas été transféré pour rétablir un centrage correct permettant le pilotage manuel.

  • jghttc1, le 04/08/2011 à 08h51

    De tout temps, il a été d'usage de mettre, après des catastrophes aériennes, le comportement ou la formation des pilotes en cause, surtout lorsque les susvisés ne sont plus de ce monde et ne peuvent contredire la version officielle, ou qu'il n'exsiste pas d'indices permetant d'étayer une hypothèse en particulier... Cette attitude poserait toutefois le problème plus général des grandes compagnies aériennes, dont Air France, qui, implicitement, se permetrait, notamment sur des vols long courrier, d'aligner des équipages mal ou insufisament formés, ce qui, si les faits seraient avérés, ne plaiderait pas forcément en faveur de ces compagnies....

  • markcos, le 04/08/2011 à 01h25

    Bonjour, je tiens juste à rappeler une petite chose aux lecteurs qu'en France il existe le droit de retrait à partir du moment où le salarié considère que les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour effectuer son travail. Je pose juste une petite question: pourquoi le personnel de Air France n'applique pas cette disposition?. Concernant le décrochage, il existe dans tout avion un horizon artificiel et un altimètre si les pilotes qui se trouvaient sur ce vol ne savent pas lire ces informations puis les interpréter je crois qu'elles n'avaient rien à faire aux commandes de cet aéronef.

  • 421123, le 04/08/2011 à 01h07

    @Ily aurait eu neuf incidents à Air France auparavant et d'autres dans d'autres Cies: Quantas, Air Caraïbes.

  • 421123, le 03/08/2011 à 20h37

    @alcom.free: imaginez-vous sur l'autoroute la nuit au volant. Tableau de bord indications fausses, plus de phares, direction, freins et accélérateur ne répondent pas: avez-vous la solution, vous en sortez-vous?

  • 421123, le 03/08/2011 à 20h31

    Et si les Pilotes protestaient devant l'occultation d'incidents et dysfonctionnements qu'ils ont vécu?

  • docdent69, le 03/08/2011 à 19h40

    Bon alors c'étaient des "rigolos" les pilotes????ça m'étonnerais, et de plus ils ne sont plus là pour en parler...et bien sur ils n'ont pas regardé l'altimètre....et pour baisser le nez de l'avion pour récupérer le décrochage...quand cet avion est trop a "cabré" (nez en l'air) il n'y a plus d'alerte "décrochage"; par contre quand ils ont remis à "piqué" l'alarme décrochage a de nouveau retenti car l'incidence n'était toujours pas bonne mais détectable comme étant en décrochage. En pleine nuit sans repère en plein orage....allez vous repérer quand les instruments de bord donnent des infos contradictoires....rien n'est louche et tout s'est passé très vite (l'avion tombait à + de 180 km/h...)peu de temps pour réagir.

  • henri_bambelle, le 03/08/2011 à 19h16

    Le plus grave dans cette histoire est l'opacité qui entoure le BEA. Qui va désormais faire confiance à l'avion Airbus ? En voulant le sauver, on trouble inutilement l'opinion et les voyageurs. Le BEA est en train de détruire la réputation d'une entreprise : quelle maladresse impardonnable ! L'économie européenne n'avait pas besoin d'une telle publicité pour basculer dans le néant. Vous me publiez si vous voulez bien.

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