Bettencourt : la DCRI a bien examiné les appels d'un journaliste du Monde

Par A.G., le 01 septembre 2011 à 11h31 , mis à jour le 01 septembre 2011 à 19h37

Dossier : Affaire Bettencourt

La direction centrale du renseignement intérieur a bien examiné les appels téléphoniques passés par un journaliste du Monde pour tenter d'identifier ses sources dans l'affaire Bettencourt, assure jeudi le quotidien. Claude Guéant admet "des répérages".

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a bel et bien effectué une recherche sur les appels téléphoniques passés par leur collaborateur Gérard Davet, entre le 12 et le 16  juillet 2010, affirme Le Monde jeudi. Et le quotidien de dénoncer une "violation de la loi sur le secret des sources pour tenter de colmater les fuites du dossier Bettencourt". Une assertion en partie confirmée sur France Info par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant selon qui la DCRI avait bien réalisé des "repérages de communications téléphoniques, ce qui est tout à fait différent d'écoutes". Et Claude Guéant d'ajouter qu'il "s'agissait de rechercher l'auteur de la divulgation à l'intérieur de l'administration de procédures judiciaires, ce qui est tout à fait scandaleux". "Pour le reste, a conclu le ministre, une plainte a été déposée par Le Monde et la justice dira ce qu'il en est".

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Une information judiciaire a en effet été ouverte le 13 mai après la plainte avec constitution de partie civile du quotidien Le Monde pour "violation du secret des sources" et confiée au juge Sylvie Zimmermann. Le Monde avait alors accusé l'Elysée d'avoir sollicité les services du contre-espionnage pour identifier le ou les informateurs de son journaliste travaillant sur l'affaire Bettencourt-Woerth. Sur la base de relevés téléphoniques, David Sénat, conseiller pénal au cabinet de la garde des Sceaux de l'époque, Michèle Alliot-Marie, avait dû quitter ses fonctions, soupçonnée d'avoir été une de ces sources.
  
Selon Le Monde, les gendarmes de la section de recherches de Paris, chargés de l'enquête, ont rapidement fourni aux enquêteurs deux télécopies de réquisition classées "confidentiel", adressées par la DCRI à l'opérateur de téléphonie Orange. La première réclame les factures téléphoniques détaillées liées au téléphone portable (numéro des correspondants, heure de tous les appels entrants et sortants et leur géolocalisation) de Gérard Davet, entre le 12 et  le 16 juillet 2010. Ces réquisitions ont ainsi été ordonnées, écrit le quotidien, juste après la révélation par Le Monde, dans son édition datée du 18-19 juillet 2010, du contenu des déclarations à la police de Patrice de Maistre, l'homme de confiance de Liliane Bettencourt. Le gestionnaire de fortune y mettait en difficulté Eric Woerth, ministre du Travail de Nicolas Sarkozy. La seconde réquisition concerne la liste des appels passés par David Sénat, soupçonné d'être la "source" du Monde.

Tentative de "sauver les meubles"

L'avocate du Monde, Catherine Cohen-Richelet, a qualifié les propos de Claude Guéant de tentative de "sauver les meubles". "Je ne sais pas ce qu'ils appellent des repérages de communications téléphoniques, mais s'ils ont examiné les fadettes, c'est en contravention totale avec la loi", a déclaré l'avocate à l'AFP. Le recours aux "fadettes" ne peut se faire que sur requête du Premier ministre ou d'un magistrat selon une procédure strictement encadrée par la loi. Les écoutes pratiquées par des officines sont qualifiées de "sauvages" et donc illégales. Interrogée sur la suite possible de l'enquête, Me Cohen-Richelet a estimé que la juge allait probablement chercher à "remonter la chaîne des responsabilités".

Ces informations sont, "si elles se confirment, d'une immense gravité", a réagi Bertrand Delanoë dans un communiqué. "Cette infraction caractérisée à la loi du 4 janvier 2010 constituerait une atteinte délibérée à une liberté fondamentale par des services de l'Etat utilisés à des fins partisanes", estime M. Delanoë. Selon lui, "notre démocratie est aujourd'hui confrontée à une épreuve de vérité". "Il importe que la justice puisse établir le plus vite possible la vérité et déterminer les éventuelles responsabilités dans cette affaire", conclut le maire de Paris.

Par A.G. le 01 septembre 2011 à 11:31
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15 Commentaires

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  • kline972, le 02/09/2011 à 00h17

    Quel "artiste", ce Guéant ! Toujours à jouer sur les mots : "repérages" plutôt qu' "espionnage" ..........!!! on va pas pouvoir tenir encore 8 mois !!!

  • kline972, le 02/09/2011 à 00h13

    C'est presque déjà le cas !

  • bobotte71, le 01/09/2011 à 16h03

    Aucune différence sauf qu'ils se protègent mutuellement droite comme gauche

  • 421123, le 01/09/2011 à 15h44

    Ah, bon!

  • 421123, le 01/09/2011 à 13h41

    Normal!

  • alain-paris, le 01/09/2011 à 13h40

    SI à la place, ils avaient chanté les louanges des Grandes Réformes de notre Grand Président, ils auraient eu droit à une médaille

  • alain-paris, le 01/09/2011 à 13h39

    Ben normal, rendez vous compte : ces dangereux terroristes qui dévoilent des affaires gènantes pour le pouvoir

  • kosotto1, le 01/09/2011 à 13h18

    On en apprend tous les jours ! Bientôt on ne fera plus guère la différence entre la politique et la mafia !

  • j.bon, le 01/09/2011 à 13h03

    Particulièrement grave ! Un simple service de "police" peut se permettre sans l'aval d'un juge de réquisitionner des informations et en plus concernant un journaliste ! C'est une sévère atteinte à la liberté de la presse une des bases de notre démocratie ! Bienvenu en république démocratique de france alias sorkoland ! Il est urgent de changer l'équipe au pouvoir !

  • kosotto1, le 01/09/2011 à 13h02

    On en apprend tous les jours ! Bientôt on ne fera plus guère la différence entre la politique et la mafia !

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