La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a bel et bien effectué une recherche sur les appels téléphoniques passés par leur collaborateur Gérard Davet, entre le 12 et le 16 juillet 2010, affirme Le Monde jeudi. Et le quotidien de dénoncer une "violation de la loi sur le secret des sources pour tenter de colmater les fuites du dossier Bettencourt". Une assertion en partie confirmée sur France Info par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant selon qui la DCRI avait bien réalisé des "repérages de communications téléphoniques, ce qui est tout à fait différent d'écoutes". Et Claude Guéant d'ajouter qu'il "s'agissait de rechercher l'auteur de la divulgation à l'intérieur de l'administration de procédures judiciaires, ce qui est tout à fait scandaleux". "Pour le reste, a conclu le ministre, une plainte a été déposée par Le Monde et la justice dira ce qu'il en est".
Squarcini veut poursuivre les auteurs de "L'espion du président"
Le livre consacré au patron du renseignement intérieur a déclenché une guérilla judiciaire. Bernard Squarcini promet des poursuites en diffamation. Mediapart compte pour sa part saisir la justice sur des soupçons d'espionnage.
Publié le 20/01/2012
Guéant : "La DCRI n'est pas au service du pouvoir"
Le ministre de l'Intérieur a défendu jeudi la Direction centrale du renseignement intérieur et son patron, Bernard Squarcini, accusés dans un livre d'avoir placé des personnalités politiques sous écoute pour le compte de l'Elysée. Ce dernier a par ailleurs annoncé son intention de porter plainte pour diffamation contre les auteurs.
Publié le 19/01/2012
Un livre accuse le patron de la DCRI d'être "instrumentalisé" par l'Elysée
Un livre consacré au puissant patron du renseignement intérieur français, Bernard Squarcini, l'accuse d'être "instrumentalisé" par l'Elysée. L'intéressé se défend en affirmant n'être "l'espion de personne".
Publié le 18/01/2012
Ecoutes au Monde : la pression monte sur la police
Le candidat à la primaire PS Manuel Valls a écrit vendredi au président de la commission des Lois de l'Assemblée pour demander notamment l'audition du ministre de l'Intérieur Claude Guéant dans l'affaire des factures détaillées de journalistes du Monde enquêtant sur l'affaire Bettencourt.
Publié le 02/09/2011
Une information judiciaire a en effet été ouverte le 13 mai après la plainte avec constitution de partie civile du quotidien Le Monde pour "violation du secret des sources" et confiée au juge Sylvie Zimmermann. Le Monde avait alors accusé l'Elysée d'avoir sollicité les services du contre-espionnage pour identifier le ou les informateurs de son journaliste travaillant sur l'affaire Bettencourt-Woerth. Sur la base de relevés téléphoniques, David Sénat, conseiller pénal au cabinet de la garde des Sceaux de l'époque, Michèle Alliot-Marie, avait dû quitter ses fonctions, soupçonnée d'avoir été une de ces sources.
Selon Le Monde, les gendarmes de la section de recherches de Paris, chargés de l'enquête, ont rapidement fourni aux enquêteurs deux télécopies de réquisition classées "confidentiel", adressées par la DCRI à l'opérateur de téléphonie Orange. La première réclame les factures téléphoniques détaillées liées au téléphone portable (numéro des correspondants, heure de tous les appels entrants et sortants et leur géolocalisation) de Gérard Davet, entre le 12 et le 16 juillet 2010. Ces réquisitions ont ainsi été ordonnées, écrit le quotidien, juste après la révélation par Le Monde, dans son édition datée du 18-19 juillet 2010, du contenu des déclarations à la police de Patrice de Maistre, l'homme de confiance de Liliane Bettencourt. Le gestionnaire de fortune y mettait en difficulté Eric Woerth, ministre du Travail de Nicolas Sarkozy. La seconde réquisition concerne la liste des appels passés par David Sénat, soupçonné d'être la "source" du Monde.
Tentative de "sauver les meubles"
L'avocate du Monde, Catherine Cohen-Richelet, a qualifié les propos de Claude Guéant de tentative de "sauver les meubles". "Je ne sais pas ce qu'ils appellent des repérages de communications téléphoniques, mais s'ils ont examiné les fadettes, c'est en contravention totale avec la loi", a déclaré l'avocate à l'AFP. Le recours aux "fadettes" ne peut se faire que sur requête du Premier ministre ou d'un magistrat selon une procédure strictement encadrée par la loi. Les écoutes pratiquées par des officines sont qualifiées de "sauvages" et donc illégales. Interrogée sur la suite possible de l'enquête, Me Cohen-Richelet a estimé que la juge allait probablement chercher à "remonter la chaîne des responsabilités".
Ces informations sont, "si elles se confirment, d'une immense gravité", a réagi Bertrand Delanoë dans un communiqué. "Cette infraction caractérisée à la loi du 4 janvier 2010 constituerait une atteinte délibérée à une liberté fondamentale par des services de l'Etat utilisés à des fins partisanes", estime M. Delanoë. Selon lui, "notre démocratie est aujourd'hui confrontée à une épreuve de vérité". "Il importe que la justice puisse établir le plus vite possible la vérité et déterminer les éventuelles responsabilités dans cette affaire", conclut le maire de Paris.
Retour MYTF1
Squarcini veut poursuivre les auteurs de "L'espion du président"
Chargement en cours...




