Agnès : le lycéen était libre car jugé "réinsérable"

Par , le 22 novembre 2011 à 12h31 , mis à jour le 22 novembre 2011 à 21h43

Le meurtrier présumé d'Agnès avait été libéré sous contrôle judiciaire fin 2010, après quatre mois de détention provisoire pour un viol, parce que les expertises le jugeaient "pas dangereux" et "réinsérable", a expliqué mardi le procureur de Nîmes.

Agnès, collégienne de 14 ans.Agnès, collégienne de 14 ans, violée et tuée. © DR

Si le lycéen, meurtrier présumé d'Agnès, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire à la fin 2010, après quatre mois de détention provisoire pour un autre viol commis dans le Gard, c'est parce que les expertises le jugeaient "pas dangereux" et "réinsérable", a expliqué mardi à l'AFP le procureur de la République à Nîmes. "Il y avait une série de renseignements favorables. Il avait un projet éducatif, des parents mobilisés et surtout il n'y avait pas de dangerosité qui apparaissait à la lecture des expertises et il était réinsérable", a déclaré Robert Gelli. "Le parquet a accepté une remise en liberté adaptée à la situation, c'est-à-dire sous contrôle judiciaire avec la nécessité d'un suivi psychiatrique et psychologique", a ajouté Robert Gelli, soulignant que le lycéen n'avait enfreint aucune des règles de sa remise en liberté.
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Le garçon, qui avait reconnu le viol en août 2010 d'une camarade dans des  conditions un peu similaires à l'agression d'Agnès, est ainsi bien revenu dans le Gard mais avec l'accord du juge d'instruction. Selon l'aveu même de sa victime, encore entendue très récemment, il n'a jamais essayé non plus de l'approcher.

Interrogé sur la possiblité d'erreurs commises par les experts, Robert Gelli a refusé de se prononcer. "Je ne sais pas", a-t-il répondu, répétant avoir suivi un rapport indiquant que le prévenu "peut être réadapté, réinséré et qu'il n'est pas dangereux". Après avoir passé quatre mois en prison, l'adolescent avait bénéficié d'une remise en liberté sous contrôle judiciaire à la fin 2010 avec interdiction  d'approcher la victime et de séjourner dans le Gard. C'est pour cette raison qu'il était parti en Haute-Loire.

Mais, toujours selon le procureur de Nîmes, un éducateur de la Protection de la jeunesse (PJJ) du Gard a rencontré en mars le directeur du collège-lycée de Haute-Loire où était scolarisé le meurtrier présumé d'Agnès.

Par Alexandra Guillet le 22 novembre 2011 à 12:31
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22 Commentaires

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  • pipcho, le 25/11/2011 à 07h57

    Nous verrons si ce genre de chose vous arrive. Peut-etre alors serez-vous plutôt pour les "fortes peines".

  • analyseperso, le 23/11/2011 à 14h34

    Merci pour votre témoignage

  • bebert59560, le 23/11/2011 à 08h19

    Vous devriez aussi vous interroger des raisons pour lesquelles des jeunes ont du attendre 3 ans avant d'être jugés!

  • 22rima, le 23/11/2011 à 07h36

    C'est 1 mineur, donc on n'a pas le droit de l'emprisonner plus de 4 mois s'il n'a pas été jugé et condamné. On le place donc, je devrais dire on s'en débarasse comme on peu. Perso, recevant des jeunes de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, bien souvent on nous en a amené, l'éducateur référent nous brossant un résumé très limité de ce jeune. ce n'est qu'au moment du jugement, soit de nombreux mois plus tard que nous savions exactement pourquoi il avait été incarcéré. Il nous est arrivé de recevoir des jeunes qui avaient tué, et nous n'en savions rien. Nous devions suivant leur âge, les rescolariser ou leur trouver une formation. Personnellement, je n'ai jamais caché mes informations aux proviseurs que je rencontrais. Une fois, j'ai eu une tentative de viol, le jeune a été placé en H.O avec difficultés, le maire refusant de donner signature, pui quelques temps plus tard, la prof responsable du service psy m'a dit que je pouvais reprendre ce jeune dans nos murs. Comme pressée par moi de savoir si d'après elle il n'était plus dangereux et si dans l'état elle accepterait de le prendre chez elle, et devant son refus, j'ai refusé de le reprendre au grand dam d'un directeur de l'APJJ qui voulait nous obliger de le prendre. Par sontre nous avons eu des jeunes qui sont restés trois ans en attente de jugement, qui avaient repris les cours et qui ont été condamnés à plusieurs années de prison alors qu'ils s'étaient réinserés.

  • yoshi777, le 23/11/2011 à 05h35

    Non vu qu'ils n'étaient même pas au courant de son cas...

  • yoshi777, le 23/11/2011 à 05h33

    Attendez j'ai pas compris un truc; il a été en prison 4 mois pour viol ? 4 mois seulement ?

  • henri_bambelle, le 23/11/2011 à 02h20

    Je crains fort que vous ayez mis le doigt au bon endroit. Toute une profession va se sentir offensée par vos propos bien ajustés.

  • dralia, le 23/11/2011 à 00h52

    Même si je ne fais pas partie de ceux qui réclament souvent ici de fortes peines d'enfermement, quatre mois pour un viol est vraiment trop peu. Cela envoie un double message paradoxal et très dangereux : « ce n'est pas grave » alors qu'il s'agit d'un crime très grave et « la prochaine fois, si tu te fais prendre tu retournes en prison ». Il est vraiment dommage de confondre comprendre, punir et réinsérer. Ce sont trois étapes indispensables et indissociables mais bien différentes !

  • lakoredine, le 22/11/2011 à 21h47

    Soi-disant expertises !

  • pompi92, le 22/11/2011 à 20h31

    100% d'accord avec vous. C'est mon avis depuis le début de cette triste affaire. Le père, de plus professeur, a une grande part de responsabilité en plaçant son gamin dans un internat mixte. Il connait les faits que son criminel de gosse a fait sur la première petite victime et il a surtout omis, volontairement, de prévenir le proviseur.

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