En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Agressions sexuelles sur des scouts à Lyon : enquête ouverte pour non-dénonciation de crime"

avec
le 04 mars 2016 à 18h58 , mis à jour le 05 mars 2016 à 15h15.
Temps de lecture
4min
Le cardinal Philippe Barbarin

Le cardinal Philippe Barbarin / Crédits : SAFIN HAMED / AFP

A lire aussi
Faits divers Le parquet de Lyon a ordonné une enquête préliminaire pour "non-dénonciation de crime" et "mise en danger de la vie d'autrui" en marge de l'affaire d'un prêtre, mis en examen pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts à Lyon.

Fin janvier, on apprenait qu'un prêtre était soupçonné d'agressions sexuelles sur de jeunes scouts dans le diocèse de Lyon et avait été placé en garde à vue. Des faits commis il y a plus de 25 ans, et ressortis suite à des plaintes déposées depuis le mois de mai 2015. Vendredi, le parquet de Lyon a ordonné une enquête  préliminaire pour "non-dénonciation de crime" et "mise en danger de la vie d'autrui" en marge de cette affaire, dont les faits se sont déroulés entre 1986 et 1991.

Elle a été ouverte à la suite d'un signalement de victimes, mettant en cause plusieurs responsables du diocèse dont le cardinal Philippe Barbarin, qu'elles accusent de ne pas avoir dénoncé à la justice les agissements passés de ce prêtre. Une des victimes a confirmé à l'AFP avoir déposé une série de plaintes visant le Primat des Gaules, deux personnalités diocésaines mais aussi le cardinal Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi que Mgr Barbarin a consulté au sujet du père Bernard Preynat, ainsi que son secrétaire.

Si l'enquête du parquet ne vise expressément aucune de ces personnalités, elle constitue cependant un nouveau coup dur pour l'Église lyonnaise qui doit affronter une tempête médiatique depuis la révélation de cette ancienne affaire de pédophilie.

Omerta dans le diocèse

Le cardinal Barbarin a pris acte "avec gravité" de l'ouverture de cette enquête, assurant que lui-même et le diocèse coopéreraient "avec sérénité et confiance avec la justice" en fournissant aux enquêteurs "toutes les informations à leur disposition pour faire la lumière sur ces événements, dont la complexité et l'ancienneté exigent une approche prudente".

Un communiqué du diocèse affirme que dans cette affaire, le cardinal Barbarin "a agi avec +extrême responsabilité+, comme l'a rappelé le 19 février 2016 le porte-parole du Vatican". "Le cardinal Barbarin tient à rappeler qu'il n'était pas archevêque de Lyon à l'époque des faits (Mgr Albert Decourtray l'a été de 1981 à 1994, ndlr) et qu'il n'a jamais couvert aucun fait de pédophilie", ajoute le texte. "Le dossier se poursuit. C'est plutôt positif. Ce sont ces questions que nous voulions poser", a déclaré de son côté à l'AFP une des victimes, François Devaux. "Il y a des personnes qui ont su et qui n'ont rien fait. Est-ce acceptable ? Les gens doivent savoir que c'est un délit."

Soupçonné d'agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de 25 ans, le prêtre Preynat qui a quitté ses paroisses du Roannais fin août 2015, suspendu par le diocèse après avis du Vatican, a reconnu les faits devant les policiers. Il a également été placé sous le statut de témoin assisté pour des viols qu'il a avoués en garde à vue.

L'embarras du cardinal Barbarin

Selon son avocat, Me Frédéric Doyez, le septuagénaire a déclaré devant le juge "que les faits étaient connus par les autorités ecclésiastiques depuis 1991", date à laquelle il avait été écarté du groupe scout indépendant qu'il encadrait depuis près de 20 ans à Sainte-Foy-lès-Lyon, une banlieue cossue de Lyon. Aucun nouveau fait délictueux postérieur à 1991 visant le père Preynat n'a été signalé.

Mais pour une association de victimes, "La Parole libérée", c'est "l'omerta" dont aurait bénéficié le religieux durant des décennies, et la gestion du cas de ce prêtre par les autorités diocésaines depuis 25 ans, qui constituent le véritable scandale de ce dossier. Volonté de transparence ou maladresse ? Après avoir révélé l'affaire en octobre, le cardinal Barbarin a déclaré, dans un entretien accordé à La Croix le 11 février, avoir été mis au courant de "comportements" de ce prêtre "vers 2007-2008".

Un mois plus tôt, le diocèse de Lyon avait indiqué que le cardinal Barbarin avait "reçu les premiers témoignages au sujet de ce prêtre à l'été 2014". Il a précisé depuis que ce "témoignage direct" venait d'une victime, ce qui n'était pas le cas en 2007-2008, et concernait "des faits prescrits". Si le Vatican a apporté son soutien au cardinal, estimant qu'il gérait le dossier "avec beaucoup de responsabilité", confronté "à une situation qui remontait à des années auparavant", l'affaire reste embarrassante pour l'épiscopat français, qui a mené un grand travail sur la prévention de la pédophilie depuis la condamnation de l'évêque Pierre Pican, en 2001, pour non-dénonciation de viols sur mineurs commis par un prêtre.

VIDEO.Le diocèse de Lyon visé par une plainte pour "non dénonciation de crime" à caractère pédophile

 

 

 

 

 

Commenter cet article

  • minghton2 : Si vous savez que votre voisin viole son enfant, vous ne le dénoncez pas sous prétexte que c' est au gamin de le faire ???

    Le 05/03/2016 à 17h15
  • flocanada : Parce que les victimes sont traumatisées et c'est tout un cheminement de dénoncer. De plus, de ce que j'ai pu lire, les victimes se sont tournés d'abord vers l'église en pensant avoir son support .....mais l'église n'a apparemment fait que protéger le prête en question pour étouffer le scandale. C'est abominable.

    Le 05/03/2016 à 15h56
  • furet1941 : Je ne comprends pas, ce n'est pas l'église qui doit dénoncer les actes de pédophilie auprès de la police; mais bien les victimes eux même. Pourquoi ne l'on t elle pas fait.

    Le 05/03/2016 à 14h32

      L'EuroShow #12 : "Stand up for the French police !", les supporters irlandais remettent ça

      logAudience