Arrestation controversée à Clermont-Ferrand : le scénario se précise

le 10 janvier 2012 à 11h43 , mis à jour le 10 janvier 2012 à 13h07

Alors que la nuit de lundi à mardi a été plus calme que les précédentes, le parquet a donné des précisions sur ce qui a pu se passer le jour de l'interpellation controversée. L'homme arrêté est mort lundi.

Des heurts avaient éclaté à Clermont-Ferrand après l'interpellation musclée d'un homme lors du RéveillonDes heurts avaient éclaté à Clermont-Ferrand après l'interpellation musclée d'un homme lors du Réveillon © TF1/LCI

Dans l'affaire de l'homme mort à Clermont-Ferrand après son interpellation controversée par la police, le parquet a précisé mardi que les pompiers avaient été appelés en amont depuis son téléphone, déclenchant leur intervention et celle de la police.
Plus d'infos

 
La personne ayant appelé les secours, qui pourrait être Wissam El-Yamni ou bien quelqu'un lui ayant emprunté son téléphone, a précisé le parquet, a fait un faux signalement d'homme blessé.  Le quotidien régional Le Progrès citait mardi un policier clermontois affirmant que cet appel de Wissam El-Yamni était "d'attirer les flics dans un traquenard". A son arrivée, le véhicule des forces de l'ordre avait été l'objet de tirs de projectiles. Wissam El-Yamni, 30 ans, a alors été interpellé, dans un état de grande excitation selon la police et sous l'emprise de l'alcool et de drogues.
 
Le procureur de Clermont-Ferrand a par ailleurs démenti que le jeune homme, dont la mort a été annoncée lundi, ait pu décéder dès son interpellation et être maintenu artificiellement en vie. Après une course-poursuite, il avait été plaqué au sol, menotté puis conduit au commissariat. Il était tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport et présentait des fractures et des lésions au cou lors de l'arrivée des secours.
 
Les deux policiers "en congés"
 
Selon l'avocat de son frère et de sa soeur, Me Canis, "il y a eu certainement des violences policières, dans un contexte qui n'est pas classique". "La priorité est d'entendre ou réentendre les témoins, des habitants du quartier. L'information judiciaire devra démêler ceux qui sont sincères et ceux partisans", qui partent du principe que les policiers ont forcément commis des violences illégitimes, a-t-il détaillé. L'avocat s'interroge aussi sur la responsabilité d'autres policiers que les deux visés par l'information judiciaire. D'après des témoignages, d'autres ont pu commettre des violences, notamment en utilisant du gaz lacrymogène, a-t-il rapporté.
 
L'information judiciaire pour "coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" ouverte vendredi a été requalifiée en "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique", a indiqué le parquet. La peine encourue est de vingt ans de réclusion criminelle. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) mène aussi une enquête. Les deux policiers visés "sont en congés", a déclaré le ministre de l'Intérieur Claude Guéant. "Cela signifie que les deux hommes sont hors du tableau de service." Interrogé sur une possible suspension, il a précisé que "les éléments disponibles sur ce qui s'est passé réellement ne sont pas suffisants pour prendre une position qui soit une position d'équité".

La Ligue des Droits de l'Homme (LDH) et la CGT du Puy-de-Dôme ont estimé mardi que "suspendre" les deux policiers de Clermont-Ferrand visés après l'interpellation controversée d'un homme, décédé lundi, permettrait de ramener le calme dans les quartiers. De son côté, Synergie (second syndicat d'officiers de police) apporte son "soutien" aux policiers mis en cause et dénonce les "petits inquisiteurs" s'en prenant à la police.

Une nuit plus calme

La nuit de lundi à mardi a été moins agités que les précédentes, avec cinq voitures brûlées et 17 interpellations. "On a une nette diminution des actes de vandalisme, dissuadés par l'important dispositif" de plusieurs centaines de membres des forces de l'ordre, a annoncé mardi matin la préfecture, décomptant cinq voitures brûlées contre une petite dizaine la veille et une quarantaine l'avant-veille. La préfecture a cependant noté une "forte mobilisation" des policiers par "de très petits groupes isolés", justifiant ainsi "le maintien d'un dispositif important" la nuit prochaine. Environ 400 fonctionnaires de police et de gendarmerie. 

le 10 janvier 2012 à 11:43
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17 Commentaires

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  • coccinl3, le 14/01/2012 à 18h39

    C'est le cas également pour moi.faut-il obligatoirement soutenir la police dans cette affaire pour avoir le droit d'etre publiée...pitoyable

  • sergentcuze, le 12/01/2012 à 08h38

    Pour tenir des propos pareils, vous ne devez pas vivre dans le même pays que nous. Signé un gendarme de Grenoble...

  • sergentcuze, le 12/01/2012 à 08h34

    Pour tenir des propos pareils, vous ne devez pas vivre dans le même pays que nous. Signé un gendarme de Grenoble...

  • ricardinno161, le 11/01/2012 à 10h36

    Soutien aux policiers qui ne cessent de se faire agresser verbalement et physiquement tous les jours!!! et eux ne brulent pas les voitures en signe de mécontentement!!! pauvre France

  • ricardinno161, le 11/01/2012 à 10h33

    Encore une fois la police va avoir tord honteux !!pauvre France soutien aux policers! si en plus la cgt prône pour le calme dans les quartiers on est mal barré!!!!

  • savoie.fr, le 11/01/2012 à 10h08

    Je rapelle à tous que cet homme a été amener vers le commissariat alors qu'il était blessé au cou et comportait plusieurs fractures ! Pourquoi ne l'ont-ils mené à l'hospital ? !!! Je suis d'accord pour dire que ce n'était pas un enfant de coeur et qu'il ne devait etre facile à interpeller ; mais quand meme !!! Meme droguer un homme ayant ""des os cassés"" montre des signes de douleurs !!!! Lequel d'entre vous peu me dire le contraire ? Car s'il était dans un état trop avancé pour sentir la douleur, cela veut dire que son état n'était pas compatible avec une garde à vue ou une arrestation, et là, le métier de policier c'est de le mener à l'hopital pour vérifier que son état est compatible avec une arrestation ! Il n'a peut-etre pas été blessé volontairement, mais l'absence de soin semble etre volontaire ! Il faudrait expliquer aussi cet aspect de l'affaire ! Ceci est la ennième fois ou je m'adresse dans cette affaire avec + ou - les meme termes ! Merci de m'éditer cette fois !

  • m.fred, le 11/01/2012 à 09h56

    Dans la plupart des cas on s'aperçoit qu'il y a provocation de la victime, victime qui est sous l'emprise de drogue, médicaments, donc fragile. Personnellement je n'ai jamais eu d'ennuis avec la police..Mes amis non plus. Soutien aux policiers qui ne font vraiment pas un métier facile..Que cherche t'on? Que les policiers tournent les yeux pour ne pas voir les délinquants?

  • jaul51, le 11/01/2012 à 07h48

    Connerie =punition , pas de connerie =pas de punition, c est simple

  • nico5173, le 11/01/2012 à 00h58

    Si il n'avait pas lance de cailloux sur la police il ne lui serait rien arrive..point barre !!

  • rudin, le 10/01/2012 à 18h20

    Pauvre france !!!!!!!!!!!

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