Bizutage "abject" à l'université Dauphine ?

le 05 novembre 2011 à 23h00 , mis à jour le 06 novembre 2011 à 16h12

Un étudiant de première année à l'université Paris-Dauphine a porté plainte après un bizutage au cours duquel des "lettres de sang" lui auraient été inscrites dans le dos. Le président de l'université a jugé ce geste "abject" et va se constituer partie civile.

Les faits se sont déroulés dans la prestigieuse université Paris-Dauphine, lors d'une réunion de recrutement de nouveaux adhérents à l'association d'étudiants Japad. "Un des membres, sous l'emprise de l'alcool, à l'aide d'un instrument qui semble être une capsule de bouteille, a gravé sur le dos du candidat les lettres ‘Japad'", a raconté le président de l'université, Laurent Batsch. "Ce ne sont pas des plaies ouvertes ni des incisions profondes, mais des lettres de sang", a ajouté l'universitaire.
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L'étudiant a porté plainte au commissariat de sa commune de résidence mais les motifs de la plainte n'ont pas été précisés. Ces agissements "portent atteinte à l'intégrité physique et morale" de l'étudiant, il s'agit d'"un geste odieux et abject qui a appelé une réaction déterminée dès qu'on en a eu connaissance, en fin de semaine", a déclaré Laurent Batsch. L'association a été "immédiatement radiée de l'université", "ses locaux fermés" et un conseil de discipline va être convoqué, "au cours duquel nous traduirons à la fois les responsables de l'association, les membres présents lors de cette funeste séance et le ou les responsables du forfait". La victime venait d'entrer à l'université et "pouvait souhaiter un autre accueil", a commenté M. Batsch, qui a affirmé rester "en contact permanent avec lui et sa famille", saluant "le courage qui est le sien d'avoir porté plainte". Parlant de sa "tristesse" et de sa "colère", il a fait part de sa "détermination personnelle à éradiquer ce genre de pratique". 
 
Wauquiez préconise "vigilance" et "fermeté" 


Selon l'université, Japad est "une association ancienne et importante, car elle organise le Gala annuel". Sur son site internet (www.japad.fr), la "Jeune association pour la promotion des activités à Dauphine" précise que "depuis de nombreuses années", elle "met en place plusieurs soirées par an (...), le prestigieux Gala Dauphine dans les locaux de l'Université et le Week-end de Désintégration pour les master 1 et master 2 quittant Dauphine". Bien que le bizutage soit légalement punissable depuis une loi de 1998, imaginée par Ségolène Royal, alors ministre déléguée à l'Enseignement scolaire, il se poursuit parfois dans certaines universités et grandes écoles, lors de réunions fortement alcoolisées. Il entraîne des "traumatismes psychologiques graves" pour 92% des parents d'élèves et 78% y voient "une épreuve humiliante", selon une enquête publiée en septembre dernier par le Comité national contre le bizutage (CNCB).

"Cette affaire illustre la nécessité d'exercer la plus grande vigilance et la plus grande fermeté lorsque des incidents graves se produisent", a estimé Laurent Wauquiez, le ministre de l'Enseignement supérieur, dans une déclaration à l'AFP. "Dès que cette affaire a été connue, nous avons été en contact permanent avec l'université qui a immédiatement réagi", a-t-il précisé, approuvant les sanctions prises par le président de Paris-Dauphine à l'encontre de l'association et sa décision de se porter partie civile. M. Wauquiez a rappelé les mesures prises début octobre pour renforcer le dispositif anti-bizutage: "Un numéro vert a été mis en place dans toutes les académies, les organisateurs de soirées et d'événements d'intégration doivent établir une déclaration préalable, et j'ai demandé aux recteurs et aux chefs d'établissements d'exercer cette vigilance sans faille."

le 05 novembre 2011 à 23:00
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19 Commentaires

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  • 64hard, le 07/11/2011 à 01h27

    Exactement loi faite par madame royal

  • ilesmarquises, le 06/11/2011 à 20h06

    Je croyais que le bizutage était interdit ? Il serait peut-être temps que les responsables d'université prennent leurs responsabilités et fasse respecter la loi !

  • star83190, le 06/11/2011 à 19h09

    Et ce sera nos élites , a dire , mon dieux quel malheurs cette France et ces hommes..

  • yako1605, le 06/11/2011 à 15h00

    Disons plutôt qu'on leur a fait fermer le site...

  • patvin13, le 06/11/2011 à 13h52

    C'est lamentable, ils méritent une peine lourde et dure !

  • star83190, le 06/11/2011 à 13h06

    10 ans de prison pour les responsables du bizutage , et oui , il faut punir ces criminels qui ce croient tout permis...

  • dd059, le 06/11/2011 à 10h55

    La honte pour eux, ils ont vite fermé leur site web !

  • peg6439, le 06/11/2011 à 09h13

    C'est de la torture et non du bizutage. Je pense qu'un bizutage comme celui ci st tés trés trés rare et doivent être comdamné trés lourdement. La plupart des bizutages auquel j'ai assisté ce limitaient a klk gramme de farine ds les cheveux et d'autre jeux vraiment pas méchants (avoir une petite chaine et un cadenas autour du cou, et devoir aborder les gens dans un soirée pour retouver "ton" parain qui avait la clef et pouvait te "libérer"-cela avait l'avantage d'obligé les premiére année svt timides à aller discuter avec les années suppérieures et dc créer des liens!!!)

  • jemexprime, le 06/11/2011 à 09h03

    Bien souvent ceux qui ne fréquentent pas ces séances sont brimés tout au long de l'année ; cet étudiant a fait preuve de courage en portant plainte car maintenant que va t il entendre ou subir ??? car quelque soit le nombre d'imbéciles qui ont fait ça , il y a les complices qui ne sont pas intervenus .

  • lolotiti_1, le 06/11/2011 à 08h14

    Ça a toujours existé, et je me souvient à l'époque c'était bien pire. Dans ce cas, il s'agit "peut être" d'un acte isolé d'un ou quelques étudiants, mais "peut être" pas du rituel d'intégration de l'association.

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