Les expertises toxicologiques n'ont fait que confirmer ce que les enquêteurs avaient déjà laissé entendre : le chauffard de Cannes, qui a provoqué samedi la mort d'un policier et d'une jeune femme lorsqu'il a percuté de plein fouet un véhicule de police, était sous l'emprise de l'alcool lors des faits. Il en avait plus d'un gramme par litre de sang. Au moment de son arrestation, son haleine "sentait fortement l'alcool", avaient déjà annoncé les policiers de Cannes. En outre, les analyses ont révélé qu'il était aussi sous l'emprise de stupéfiants, a précisé dimanche le procureur de la République de Grasse Jean-Michel Cailliau.
La garde à vue du chauffard à l'hôpital, où il avait été conduit samedi pour y être opéré d'une fracture de la mâchoire, à été prolongée dimanche matin. Le conducteur, qui a "un gros casier" judiciaire et venait tout juste de récupérer son permis de conduire après de nombreuses infractions routières, roulait à très grande vitesse lorsqu'il a percuté une voiture de police samedi au petit matin, selon les images d'une caméra vidéo. Il risque dix ans de prison et 150.000 euros d'amende, a précisé le procureur.
"Les collègues ont été pulvérisés"
Quatre personnes, deux hommes à l'avant et deux femmes à l'arrière, occupaient le véhicule lorsqu'il avait percuté celui de la police. Une femme est morte à l'hôpital des suites de ses blessures. L'autre personne, grièvement blessée, est toujours dans un état grave. Quant au policier décédé dans l'accident, il était âgé de 27 ans. Il était arrivé le 1er septembre au commissariat de Cannes en provenance du service de police aux frontières d'Orly.
Avant cet accident meurtrier, le chauffard avait déjà failli accrocher un premier véhicule de police lors d'un dépassement non autorisé. Il avait alors pris la fuite, et son signalement avait été fourni aux véhicules de police. Mais ceux-ci avaient perdu rapidement sa trace. C'est alors qu'un équipage du commissariat de Cannes était parti en patrouille pour tenter de le repérer, selon le récit de l'accident fait par la police. Il s'était arrêté à un feu ; mais en redémarrant, il avait été percuté par le véhicule du chauffard arrivant à grande vitesse en sens interdit. "On a les images vidéo, les collègues ont été pulvérisés, leur véhicule a été soulevé puis a fait des tonneaux. Un troisième véhicule a d'ailleurs été touché par l'arrière mais le conducteur est indemne", a commenté une source policière.
En Allemagne pour célébrer le cinquantenaire de l'amitié franco-allemande, le président François Hollande a confié à son cabinet le soin de téléphoner à la famille du policier tué pour lui exprimer son soutien et ses condoléances. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a fait part de son côté de sa "profonde émotion". Dans un communiqué diffusé par Matignon, il a "salué le dévouement et le professionnalisme de nos policiers et de nos gendarmes qui oeuvrent quotidiennement au service de nos concitoyens pour préserver la paix publique".







