© SIRPA GENDARMERIE NATIONALELe courrier, révélé par les Dernières Nouvelles d'Alsace, est signé du major commandant la brigade de gendarmerie de Hochfelden, dans le Bas-Rhin. Il a été reçu récemment par les habitants du village de Kirrwiller, envoyé depuis leur mairie. Dans cette missive, un appel pour le moins inattendu et ambigu : les destinataires de cette lettre se voyaient priés de signaler aux forces de l'ordre "toute personne d'apparence des pays de l'Est".
Pourquoi une telle demande ? Le major faisait état dans sa lettre d'une vague de cambriolages dans les cantons de Hochfelden et de Truchtersheim. Il demandait donc aux maires de "sensibiliser l'ensemble de (leurs) concitoyens par les biais (des) conseillers municipaux et agents municipaux" pour qu'ils signalent aux forces de l'ordre "tout comportement suspect d'individus étrangers à la commune et plus particulièrement les personnes originaires des pays de l'Est et des Balkans (Roumains, Croates, Serbes, Bulgares, etc.)." Suivait une description des "Roumains et autres".
"Maladresse"
La gendarmerie nationale a condamné dans un communiqué mercredi après-midi "certains termes de cette note", les jugeant "inappropriés au regard des valeurs de tolérance et de respect des personnes, véhiculées au sein de la gendarmerie". Selon une source à la gendarmerie, le document destiné uniquement aux maires du canton ne "devait en aucun cas être diffusé au public".
Le commandant de brigade "prenant conscience de sa maladresse" a adressé pour sa part "un message aux élus de sa circonscription dans lequel il leur demande de considérer sa démarche comme inopportune, soulignant qu'à aucun moment il n'a voulu stigmatiser une catégorie de population ou une nationalité en particulier", a précisé la gendarmerie. Le maire de Kirrwiller Patrice Dietler, qui a pris l'initiative de distribuer à ses administrés la missive, n'a souhaité pour sa part "faire aucun commentaire".
Une affaire qui rappelle des événements assez similaires survenus en septembre : une circulaire sur les évacuations de campements illicites visant expressément les Roms avait alors suscité un tollé dans la classe politique et parmi les associations, qui la jugeaient discriminatoire. Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait signé une nouvelle circulaire sans mention de l'ethnie des personnes visées.
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