
La traque s'arrête donc là. Celle-ci avait débuté le 26 mai, date à laquelle la police française supposait qu'il était arrivé en France, en provenance de Montréal.
Pour autant, si cette date d'arrivée sur le territoire français semble établie avec certitude par les autorités françaises, ce qu'il a fait jusqu'à son arrestation lundi dans la capitale allemande restait une inconnue. Selon une information recueillie par LCI et TF1 News auprès d'une source policière, on sait désormais que le "dépeceur de Montréal" avait quitté la France depuis le 31 mai, à bord d'un autocar à destination de Berlin, où il est arrivé le 1er juin au petit matin.
Fausse piste
Pourtant, durant tout ce week-end, de nombreuses informations ont circulé, laissant supposer que le suspect recherché par Interpol se trouvait toujours à Paris. Des informations qui reposaient notamment sur la surveillance du portable de Magnotta par la police. Celle-ci aurait suivi à la trace les déplacements de l'homme en se basant sur les bornes relais activées par le téléphone. Elle avait d'ailleurs établi que le téléphone avait été repéré samedi dans l'est-parisien. Sauf que, Luka Rocco Magnotta avait abandonné depuis longtemps son téléphone dans le métro, selon une source policière. Et c'est un autre individu qui l'a récupéré et s'est promené dans Paris, laissant croire que Magnotta était toujours présent sur le sol français.
Se rendant compte du stratagème mis au point par Magnotta pour gagner du temps et emmener les enquêteurs sur une fausse piste, la police française a finalement décidé de revenir sur les seules preuves matérielles dont elle disposait confirmant la présence à un moment donné du suspect en France. Notamment ses affaires retrouvées dans un hôtel de Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Les enquêteurs avaient été mis sur la piste de cet hôtel par un témoin qui assurait y avoir vu le suspect. Dans la chambre de Magnotta, les enquêteurs ont retrouvé des affaires, dont des revues pornographiques et des sacs vomitoires de la compagnie aérienne empruntée par le suspect entre le Canada et la France.
C'est la proximité de cet hôtel avec la gare routière internationale qui a mis la police sur la piste d'une fuite en autocar. Après avoir visionné les images de vidéosurveillance de la compagnie Eurolines, dont les cars desservent des destinations en France et partout en Europe, les enquêteurs ont pu identifier lundi le "dépeceur de Montréal" montant à bord d'un car à destination de l'Allemagne, le 31 mai vers 19 heures. Les autorités allemandes ont été immédiatement prévenues. On connaît la suite.
Détail scabreux dans cette affaire, Luka Rocco Magnotta a effectué son voyage à Berlin sous une fausse identité en utilisant le nom de Tramell, a précisé la police. Catherine Tramell est un personnage de fiction joué par l'actrice américaine Sharon Stone dans le film Basic Instinct de Paul Verhoeven en 1992 dans lequel elle tue un homme à coup de pic à glace. L'arme utilisée par Magnotta pour tuer l'étudiant chinois à Montréal...








