Festival de Cannes

Comment le "dépeceur de Montréal" a baladé la police avant son arrestation

Laurent Deschamps par
le 04 juin 2012 à 18h36 , mis à jour le 04 juin 2012 à 22h31.
Temps de lecture
4min
Photo retouchée obtenue par la police de Montréal de Luka Rocco Magnotta, surnommé le "dépeceur de Montréal".
Photo retouchée obtenue par la police de Montréal de Luka Rocco Magnotta, surnommé le "dépeceur de Montréal". / Crédits : AFP
Partager
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
À lire aussi
Faits diversInfo LCI/TF1 News - Pendant près d'une semaine, la police française a tenté d'intercepter Luka Rocco Magnotta en région parisienne, se basant sur la localisation de son téléphone portable. Or le suspect, arrêté lundi dans un cybercafé de Berlin, l'avait abandonné dans le métro. Récit d'une traque...

"Un homme de 29 ans recherché par Interpol a été arrêté en début d'après-midi dans un cybercafé du quartier de Neukölln". Le communiqué laconique de la police allemande est tombé lundi : Luka Rocco Magnotta, le jeune Canadien soupçonné d'avoir dépecé un étudiant chinois et diffusé la vidéo du crime sur internet, a été arrêté lundi dans un cybercafé de Berlin (lire notre article >Le dépeceur de Montréal interpellé à Berlin). Voici la photo du cyber-café où il a été arrêté :

Le cybercafé de Berlin où Luka Rocco Magnotta a été arrêté le 4 juin 2012

La traque s'arrête donc là. Celle-ci avait débuté le 26 mai, date à laquelle la police française supposait qu'il était arrivé en France, en provenance de Montréal.
 
Pour autant, si cette date d'arrivée sur le territoire français semble établie avec certitude par les autorités françaises, ce qu'il a fait jusqu'à son arrestation lundi dans la capitale allemande restait une inconnue. Selon une information recueillie par LCI et TF1 News auprès d'une source policière, on sait désormais que le "dépeceur de Montréal" avait quitté la France depuis le 31 mai, à bord d'un autocar à destination de Berlin, où il est arrivé le 1er juin au petit matin.

Fausse piste
 
Pourtant, durant tout ce week-end, de nombreuses informations ont circulé, laissant supposer que le suspect recherché par Interpol se trouvait toujours à Paris. Des informations qui reposaient notamment sur la surveillance du portable de Magnotta par la police. Celle-ci aurait suivi à la trace les déplacements de l'homme en se basant sur les bornes relais activées par le téléphone. Elle avait d'ailleurs établi que le téléphone avait été repéré samedi dans l'est-parisien. Sauf que, Luka Rocco Magnotta avait abandonné depuis longtemps son téléphone dans le métro, selon une source policière. Et c'est un autre individu qui l'a récupéré et s'est promené dans Paris, laissant croire que Magnotta était toujours présent sur le sol français.
 
Se rendant compte du stratagème mis au point par Magnotta pour gagner du temps et emmener les enquêteurs sur une fausse piste, la police française a finalement décidé de revenir sur les seules preuves matérielles dont elle disposait confirmant la présence à un moment donné du suspect en France. Notamment ses affaires retrouvées dans un hôtel de Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Les enquêteurs avaient été mis sur la piste de cet hôtel par un témoin qui assurait y avoir vu le suspect. Dans la chambre de Magnotta, les enquêteurs ont retrouvé des affaires, dont des revues pornographiques et des sacs vomitoires de la compagnie aérienne empruntée par le suspect entre le Canada et la France.
 
C'est la proximité de cet hôtel avec la gare  routière internationale qui a mis la police sur la piste d'une fuite en autocar. Après avoir visionné les images de vidéosurveillance de la compagnie Eurolines, dont les cars desservent des destinations en France et partout en Europe, les enquêteurs ont pu identifier lundi le "dépeceur de Montréal" montant à bord d'un car à destination de l'Allemagne, le 31 mai vers 19 heures. Les autorités allemandes ont été immédiatement prévenues. On connaît la suite.

Détail scabreux dans cette affaire, Luka Rocco Magnotta a effectué son voyage à Berlin sous une fausse identité en utilisant le nom de Tramell, a précisé la police. Catherine Tramell est un personnage de fiction joué par l'actrice américaine Sharon Stone dans le film Basic Instinct de Paul Verhoeven en 1992 dans lequel elle tue un homme à coup de pic à glace. L'arme utilisée par Magnotta pour tuer l'étudiant chinois à Montréal... 

 

Commenter cet article

  • sausisson : Je le sais car j'ai lu des articles sur le non sens des gens à regarder des horreurs, et les chiffres étaient énoncer. Tout s'implement.

    Le 11/06/2012 à 22h22
  • fair75 : Oui félicitation à la police ALLEMANDE!

    Le 06/06/2012 à 13h54
  • dyli34 : N'oubliez pas que c'est tout de même sur les indications des policiers français que les allemands l'ont arrété...

    Le 06/06/2012 à 07h13
  • luckeyeluke : Pas si simple de dire que ça plait aux gens de visionner ce genre de vidéo. Mais les sites de vidéos gores ont toujours existé et existeront toujours. La mort a toujours fasciné, depuis la préhistoire...

    Le 05/06/2012 à 10h35
  • phrq : Tout à fait, surtout avec la pub qui a été faite pour cette video. Au delà de cette affaire, ce qu'il faut revoir, c'est ce système de publication de videos sur le net, devenu incontrôlable, qui fait que n'importe qui peut désormais mettre en ligne n'importe quoi. C'est devenu excessivement dangereux, et on a eu assez d'exemples de déviances pour comprendre qu'il faut faire réagir

    Le 05/06/2012 à 09h39

      Les dernières infos

      logAudience