L'accident s'est produit aux premières heures de samedi, au large de l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin, à 250 km au nord de la Guadeloupe. Il était un peu moins de trois heures du matin, heure locale - soit près de 9 heures en métropole. Un avion d'évacuation sanitaire de la compagnie TAI (Transports Aériens Intercaraïbes) s'est abîmé en mer alors qu'il venait tout juste de décoller de l'aéroport de Grand Case, situé dans la partie française de l'île.
Outre son pilote, l'appareil, un Piper Cheyenne, transportait trois passagers : un patient, atteint d'une affection cardiaque, en cours de transfert vers l'hôpital de la Martinique, un médecin et un infirmier. Aucun d'entre eux n'a pu être retrouvé, et il y a de fortes probabilités que l'accident n'ait laissé aucun survivant. Selon la préfecture de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, jointe par TF1 News, l'épave a été localisée à 3 km des côtes et le repêchage des débris a commencé, mais aucun des occupants de l'appareil n'a pu encore être repéré.
Contacté par TF1 News en fin d'après-midi, le préfet de Saint-Martin déclarait que les recherches étaient toujours en cours et refusait de se prononcer sur le sort des quatre disparus. Mais, "six heures après l'accident, alors que les opérations de repêchage de débris sur place bénéficient d'une mer calme , la probabilité de retrouver des survivants en gilet de sauvetage est malheureusement mince", a-t-il précisé.
Défiance des services médicaux
Au sein du personnel médical de Saint-Martin, on refuse de croire à la fatalité. Et certains estiment que le crash aurait pu être évité. Car depuis plusieurs mois, les médecins urgentistes de Saint-Martin s'inquiétaient de l'état des appareils de la compagnie TAI. Un médecin de Saint-Martin, contacté par TF1 News, évoque ainsi les nombreux problèmes techniques rencontrés par les avions de TAI. De fait, un article paru dans le Saint Martin's Week, un hebdomadaire francophone publié sur l'île, évoque la défiance des services médicaux de la partie française de Saint-Martin à l'encontre de la compagnie, seul prestataire autorisé à effectuer des évacuations sanitaires.
Si aucun incident de vol n'est répertorié, il y est notamment fait état de conditions de transport déplorables : absence de climatisation et de lumière à bord, brancards posés à même le sol de la cabine... A tel point que les praticiens de l'hôpital de Saint-Martin avaient demandé la résiliation du contrat public qui les lie à la compagnie. A la préfecture de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, on se contente de souligner que la compagnie TAI intervient couramment lors d'évacuations sanitaires pour le compte de l'hôpital de Fort-de-France, et est aux normes européennes.
Un premier avion qui refuse de décoller
Pourtant, l'équipe médicale qui a disparu en mer samedi n'aurait pas dû, à l'origine, prendre un avion de la compagnie TAI. Car celle-ci assure des rotations depuis la partie française de l'île. Or le patient qui devait être évacué se trouvait dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. Et l'équipe médicale censée le prendre en charge, venue pour cela en avion de Fort-de-France, s'était posée sur l'aéroport de Juliana, côté néerlandais. Mais leur appareil est tombé en panne et n'a jamais pu redécoller. Une information confirmée par le chef de cabinet de la préfecture de Saint-Martin auprès de TF1 News.
Pour procéder à l'évacuation du patient, il fallait un autre avion. Médecin, infirmier et patient ont alors dû gagner de toute urgence l'aéroport de Grand Case, situé dans la partie française de l'île. Et là, seuls les appareils de la compagnie TAI sont autorisés pour transporter des malades...








