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Crash au large de Saint-Martin : le drame et la polémique

Franck Lefebvre-Billiez par
le 05 mai 2012 à 15h28 , mis à jour le 10 mai 2012 à 05h46.
Temps de lecture
4min
Un avion "Cheyenne III" en plein vol (archives)

Un avion "Cheyenne III" en plein vol (archives) / Crédits : DR

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Faits diversINFO TF1 NEWS - L'accident d'un avion d'évacuation sanitaire de la compagnie TAI, tôt samedi au large de Saint-Martin, dans les Antilles, suscite la colère de certains membres du personnel médical. Les urgentistes assurent avoir fait part de leurs doutes sur l'état des avions de cette compagnie.

L'accident s'est produit aux premières heures de samedi, au large de l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin, à 250 km au nord de la Guadeloupe. Il était un peu moins de trois heures du matin, heure locale - soit près de 9 heures en métropole. Un avion d'évacuation sanitaire de la compagnie TAI (Transports Aériens Intercaraïbes) s'est abîmé en mer alors qu'il venait tout juste de décoller de l'aéroport de Grand Case, situé dans la partie française de l'île.

Outre son pilote, l'appareil, un Piper Cheyenne, transportait trois passagers : un patient, atteint d'une affection cardiaque, en cours de transfert vers l'hôpital de la Martinique, un médecin et un infirmier. Aucun d'entre eux n'a pu être retrouvé, et il y a de fortes probabilités que l'accident n'ait laissé aucun survivant. Selon la préfecture de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, jointe par TF1 News, l'épave a été localisée à 3 km des côtes et le repêchage des débris a commencé, mais aucun des occupants de l'appareil n'a pu encore être repéré.

Contacté par TF1 News en fin d'après-midi, le préfet de Saint-Martin déclarait que les recherches étaient toujours en cours et refusait de se prononcer sur le sort des quatre disparus. Mais, "six heures après l'accident, alors que les opérations de repêchage de débris sur place bénéficient d'une mer calme , la probabilité de retrouver des survivants en gilet de sauvetage est malheureusement mince", a-t-il précisé.

Défiance des services médicaux 

Au sein du personnel médical de Saint-Martin, on refuse de croire à la fatalité. Et certains estiment que le crash aurait pu être évité. Car depuis plusieurs mois, les médecins urgentistes de Saint-Martin s'inquiétaient de l'état des appareils de la compagnie TAI. Un médecin de Saint-Martin, contacté par TF1 News, évoque ainsi les nombreux problèmes techniques rencontrés par les avions de TAI. De fait, un article paru dans le Saint Martin's Week, un hebdomadaire francophone publié sur l'île, évoque la défiance des services médicaux de la partie française de Saint-Martin à l'encontre de la compagnie, seul prestataire autorisé à effectuer des évacuations sanitaires.

Si aucun incident de vol n'est répertorié, il y est notamment fait état de conditions de transport déplorables : absence de climatisation et de lumière à bord, brancards posés à même le sol de la cabine... A tel point que les praticiens de l'hôpital de Saint-Martin avaient demandé la résiliation du contrat public qui les lie à la compagnie. A la préfecture de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, on se contente de souligner que la compagnie TAI intervient couramment lors d'évacuations sanitaires pour le compte de l'hôpital de Fort-de-France, et est aux normes européennes.

Un premier avion qui refuse de décoller

Pourtant, l'équipe médicale qui a disparu en mer samedi n'aurait pas dû, à l'origine, prendre un avion de la compagnie TAI. Car celle-ci assure des rotations depuis la partie française de l'île. Or le patient qui devait être évacué se trouvait dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. Et l'équipe médicale censée le prendre en charge, venue pour cela en avion de Fort-de-France, s'était posée sur l'aéroport de Juliana, côté néerlandais. Mais leur appareil est tombé en panne et n'a jamais pu redécoller. Une information confirmée par le chef de cabinet de la préfecture de Saint-Martin auprès de TF1 News.

Pour procéder à l'évacuation du patient, il fallait un autre avion. Médecin, infirmier et patient ont alors dû gagner de toute urgence l'aéroport de Grand Case, situé dans la partie française de l'île. Et là, seuls les appareils de la compagnie TAI sont autorisés pour transporter des malades...

Commenter cet article

  • merlin1951 : Je réponds à "Lucidité" - (la cause principale est l'extrême motivation des équipages, qui estimant qu'ils sont en train de sauver une vie sont parfois tentés de prendre des risques qui dépassent leur préparation) Pas d'accord avec vous ! effectivement en sauvetage on est super motivé et on essaie de tout faire pour sauver les vies, mais on y est préparé, entraîné, et l'équipe et son chef veille à ce que la sécurité soit respectée. Le matériel volant lui c'est autre chose, ce ne sont pas les médecins, infirmiers, ou pompiers qui l'entretiennent. Nous à la SNSM on doit faire l'entretien des bateaux nous mêmes, donc on sait sur quoi on part en mer et jusqu'où il pourra aller. Je ne voudrais pas être sauveteur dans leurs conditions ! cela doit être terrible de partir sans savoir si l'on en reviendra.

    Le 11/06/2012 à 11h55
  • muzo_84 : Il n'est pas question de juger de l'accident, ce serait trop facile dans ces circonstances dramatiques qui inspirent respect et réserve. Mais quelques remarques surviennent. Par exemple : "une climatisation en panne et des mauvais supports de brancards ne constituent pas de dangerosité ". Apparemment, c'est vrai. Mais en réalité, c'est faux. Quand on ne gère pas les "petites" choses (plus faciles) alors les "grandes" (plus difficiles) ne le seront pas non plus. Ceci contrairement à une croyance erronée qui veut que l'on saura faire face aux choses importantes mieux qu'aux "détails". Ce raisonnement est souvent prétexte à laxisme et annonce les pires ennuis. Ce principe est vérifiable absolument partout. Dommage...

    Le 06/05/2012 à 12h33
  • lucidite : Bonscott12, une climatisation en panne et des mauvais supports de brancards sont des motifs légitimes de défiance des demandeurs de service, mais ne constituent pas de « dangerosité ». Berdu35 a raison, attendons la conclusion de l'enquête avant de prononcer que l'accident est dû à l'état de l'appareil ou aurait pu être évité. Berdu35 a deux fois raison, car les opérations d'évacuation médicale ont un taux d'accidents anormalement élevé, que ce soit en hélicoptère ou en avion, la cause principale est l'extrême motivation des équipages, qui estimant qu'ils sont en train de sauver une vie sont parfois tentés de prendre des risques qui dépassent leur préparation. Ces accidents sont terriblement tragiques, car la vie des personnes en danger et leurs sauveteurs sont parfois perdues.

    Le 05/05/2012 à 19h43
  • jpr46300 : Encore une fois de plus les économies au niveau de l'entretien des appareils en france je peu vous assurer que tout n'est pas limpide au niveau de la maintenance l'argent l'argent et toujours l'argent au détriment de la sécurité

    Le 05/05/2012 à 19h27
  • donuts69 : "Médecin, infirmier et patient ont alors dû gagner de toute urgence l'aéroport de Grand Case, situé dans la partie française de l'île." Rien que sur ce point il me semble que dans le cas d'évacuation sanitaire, à plus forte raison pour un problème potentiellement vital, la question des frontières et des accréditations ne devrait même pas entrer en compte.

    Le 05/05/2012 à 19h18
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