Catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile : la carcasse de l'A320 qui reliait Lyon à StrasbourgC'était il y a tout juste 20 ans. Le 20 janvier 1992, à 19h20, un Airbus A320 d'Air Inter assurant la liaison Lyon-Strasbourg s'écrasait sur un versant enneigé du massif alsacien du Mont Sainte-Odile, alors qu'il s'apprêtait à atterrir. Le bilan est terrible : 87 morts et 9 rescapés. Une cérémonie œcuménique se tiendra à 15h, vendredi, en la cathédrale de Strasbourg. Elle sera suivie en début de soirée d'une montée aux flambeaux jusqu'au site de la catastrophe où une commémoration se déroulera jusqu'à l'heure précise du crash.
La justice referme le dossier du Mont Sainte-Odile
Dix huit ans après le crash du Mont-Sainte-Odile et des années de procédures judiciaires, la Cour de cassation a définitivement clos le dossier.
Publié le 22/09/2009
Procès du Mont Sainte-Odile : relaxe générale
Le tribunal correctionnel de Colmar a relaxé mardi les six prévenus poursuivis après le crash qui avait fait 87 morts et 9 rescapés en janvier 1992.
Publié le 07/11/2006
Mont Sainte-Odile : réquisitions "symboliques"
Le parquet a requis mardi un an de prison avec sursis contre trois ex-cadres de l'aviation civile et neuf mois avec sursis pour un contrôleur aérien. Il a préconisé la relaxe des deux derniers prévenu.
Publié le 20/06/2006
Crash du Mont Saint-Odile : les rescapés accusent les secours
Des survivants de la catastrophe aérienne qui a coûté la vie à 87 personnes il y a 14 ans ont mis en cause vendredi la lenteur des secours. Les rescapés de s'étonner qu'aucun de leurs responsables n'ait été mis en examen.
Publié le 05/05/2006
Mont Sainte-Odile : la douleur des familles à la barre
Les familles des victimes de la catastrophe aérienne ont exprimé la douleur d'avoir perdu leurs proches et rejeté toute "fatalité", mercredi devant le tribunal correctionnel de Colmar.
Publié le 03/05/2006
Mont Saint-Odile : un procès 14 ans après
Six responsables de l'aviation vont être renvoyés en correctionnelle pour "homicides et blessures involontaires". Ils seront jugés en mai 2006 à Colmar. 87 personnes avaient été tuées dans le crash.
Publié le 12/12/2005
Vingt ans après le drame, cette commémoration revêt un caractère particulier car elle intervient quelques mois à peine après l'épuisement de tous les recours judiciaires menés, "au nom de vérité", par l'association ECHO, qui rassemble les rescapés et proches des victimes du crash. Son président, Alvaro Rendon a perdu son épouse dans la tragédie. Il répond aux questions de TF1 News.
TF1 News : L'année qui vient de se terminer a été marquée par la fin définitive de tous les recours possibles concernant les éventuelles responsabilités d'Air Inter ou Airbus dans le crash du Mont Sainte-Odile. Cela donne-t-il un aspect particulier à cette 20e cérémonie de commémoration ?
Alvaro Rendon, président d'ECHO : C'est certain. Après 20 ans de combat, nous avons été déboutés par la Cour de cassation de tous nos recours, qu'il s'agisse de la procédure relative à la recherche de responsabilité d'Air Inter et Airbus, en 2009, ou de la procédure engagée contre l'Etat pour longueur excessive de la procédure, en février dernier. Pourtant, un mois après l'accident, la commission administrative saisie avait identifié les principales causes du crash : l'absence de GPWS (ndlr : avertisseur de proximité du sol), l'ergonomie défaillante du cockpit ou encore le mauvais guidage de la tour de contrôle. D'ailleurs, l'avion a été modifié à la suite de ces observations. Et quatorze ans plus tard, le tribunal de Colmar a retenu la responsabilité d'Airbus et Air Inter à cause de ces mêmes raisons.
Ce sont ensuite les cours d'appel et de cassation qui ont éliminé ce délibéré. Les six prévenus ont bénéficié d'un non-lieu. Pour un peu, aux yeux de la justice, ce serait la faute des victimes d'être montées dans cet avion puisqu'apparemment ce dernier était en parfait état, puisque l'absence d'avertisseur de proximité du sol n'était pas un problème et puisque le contrôleur a fait son travail.... L'arrogance d'Airbus et d'Air France à notre égard a été confirmée par la justice. Depuis, les membres de l'association ont décidé de ne pas poursuivre le combat jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme.
TF1 News : les procédures se sont arrêtées, mais les familles ont été indemnisées...
A.R. : C'est vrai, les familles ont été indemnisées. Mais c'est ridicule, ridicule et ridicule. Il y a 20 ans, les indemnités morales qui ont été versées se sont élevées à 80.000 francs par conjoint, soit environ 10.000 euros ! Mes enfants ont eu 60.000 francs chacun, les frères et sœurs des victimes 20.000 francs etc... C'est ça que coûtait la vie d'une personne il y a 20 ans ! Donc, autant dire que ce n'est pas l'appât du gain qui nous a guidés dans notre combat.
TF1 News : Gardez-vous un goût amer de ce combat ?
A.R. : Non, il n'y a aucune amertume. On ne peut pas garder un goût amer quand on a combattu comme cela, jusqu'au bout, avec toutes les armes juridiques mises à notre disposition dans notre pays. Au contraire, il y a une satisfaction quand je regarde, les yeux dans les yeux, mes enfants et ceux des autres victimes du crash. ECHO a fait tout ce qu'il était possible de faire pour que la vérité soit reconnue. Et s'il y a cette commémoration aux flambeaux, encore aujourd'hui, c'est parce que ce sont ces jeunes qui l'ont voulue, en souvenir de ces êtres chers, morts à cause d'un avion défaillant.
On ne va pas tourner la page parce que le combat judiciaire s'arrête. Les absents seront toujours présents. Mais nous allons vivre autrement. Ce qui a fait la force d'ECHO pendant 20 ans, c'est la solidarité et les liens créés entre tous ses membres. D'ailleurs, en rigolant, les jeunes me disent souvent : "Alvaro, on va créer ECHO Junior parce que maintenant tu es trop vieux" ! Donc on va continuer, différemment.
TF1 News : Continuer autrement, cela passera-t-il par l'organisation de colloques sur l'évolution de la sécurité aérienne, comme celui qui se tiendra ce matin à Strasbourg ?
A.R. : C'est possible car je pense que ce crash n'a rien changé. Or, un des principes fondateurs d'ECHO, c'est "plus jamais ça". Pour le Mont Sainte-Odile, les procédures ont traîné au maximum pour que la vérité ne sorte pas. Il se passe la même chose en ce moment avec d'autres catastrophes, comme le crash Rio-Paris. Dès le lendemain, on a essayé de mettre cela sur le dos du mauvais temps. Il y a un parallélisme incroyable entre ce qui se passe autour de ce crash et ce que nous avons vécu nous. Rien n'a changé. La seule différence est peut-être que maintenant on met une assistance psychologique dans les aéroports. Mais ce n'est pas ça qui aide à comprendre ou accepter la disparition d'êtres qui vous sont chers.
C'est pour cela qu'à notre colloque seront notamment présents les présidents des associations de victimes du crash de Charm El Cheikh ou du vol AF447 Rio-Paris. On se rassemble pour attirer l'attention de la société française, de la justice et du gouvernement, sur le fait que l'on ne peut pas traiter les familles des victimes de cette manière, quel que soit l'intérêt derrière : économique, diplomatique ou autre.
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