Crash du vol Rio-Paris : ce que disent les boîtes noires

Par TF1 News (d'après agence), le 17 mai 2011 à 11h33 , mis à jour le 17 mai 2011 à 11h36

Selon Le Figaro, les enregistrements mettent Airbus hors de cause, orientant l'enquête vers une défaillance de l'équipage. Mais des membres du BEA appellent à la prudence et refusent de "sacrifier au sensationnalisme en publiant des informations non validées".

Rio-Paris : une boîte noire repêchéeUne des deux boîtes noires de l'Airbus A330 d'Air France, qui s'était abîmé en mer au large du Brésil le 1er juin 2009, a été repêchée dimanche. Elle serait en "bonne état physique". © TF1/LCI

Lundi, les enquêteurs français ont franchi une étape majeure pour lever le mystère sur la catastrophe du vol AF447 d'Air France, qui s'était abîmé en mer entre Rio et Paris, en annonçant avoir réussi à récolter toutes les données renfermées par les boîtes noires, repêchées début mai. Jusqu'ici, les enquêteurs ont déterminé que le dysfonctionnement (givrage à haute altitude) des sondes de vitesse de l'appareil, dites sondes Pitot, du fabricant Thales, était une des défaillances établies de la catastrophe. Mais ils estiment que leur dysfonctionnement ne peut expliquer à lui seul l'accident.
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Une certitude en tout cas, ou du moins une quasi-certitude : "toute la lumière va pouvoir être faite sur cet accident", affirme le Bureau d'enquêtes et d'analyses (ou BEA), chargé de l'enquête technique sur les causes de cet accident. Les enquêteurs en sont sûrs : étant désormais en possession de la totalité des données des boîtes noires, ils finiront par reconstituer le scénario du crash. Et en comprendront ainsi les causes.

"Des informations non validées"

Pour autant, les premières analyses permettent-elles d'écarter déjà des responsabilités ? Le Figaro l'affirme. Il avance dans son édition de mardi que les premiers éléments provenant des boîtes noires de l'appareil "orientent les enquêteurs vers une erreur de l'équipage d'Air France". Une conclusion qui fait bondir au sein du BEA, qui tente justement de "faire parler" ces enregistrements si difficilement obtenus, et qui insiste sur le fait que l'analyse des données sera un travail de longue haleine. "Sacrifier au sensationnalisme en publiant des informations non validées alors que l'exploitation des données des enregistreurs de vol ne fait que commencer est une atteinte au respect des passagers et des membres d'équipage décédés", déclare le BEA dans un communiqué. Et pour couper court aux fuites, les enquêteurs ajoutent : "Toute information sur l'enquête provenant d'une autre source est nulle et non avenue si elle n'a pas été validée par le BEA. Les enquêteurs vont maintenant devoir analyser et valider de multiples informations. Il s'agit d'un travail long et minutieux et le BEA a déjà annoncé qu'il ne publiera pas de rapport intérimaire avant l'été". Le BEA conclut en insistant sur le fait "qu'à ce stade de l'enquête aucune conclusion ne peut être tirée".

Un élément qui semblerait jouer en faveur d'Airbus est le fait que l'avionneur, après "les analyses préliminaires" de l'une des deux boîtes noires du vol AF447, a estimé ne pas avoir "de recommandation immédiate" à faire aux compagnies équipées de modèles d'avions similaires à celui qui s'est écrasé dans l'Atlantique - l'A330. Ces "analyses préliminaires" concernaient le "Flight Data Recorder", à savoir l'enregistrement de tous les paramètres de vol (vitesse, altitude, trajectoire, etc). L'autre boîte noire appelée CVR (Cockpit Voice Recorder) contenant, elle, les conversations des pilotes, les sons et annonces dans la cabine de pilotage. Cette note "a été approuvée par le BEA", précise le groupe aéronautique.

Mais cette note "ne montre rien, on ne sait pas" ce qu'il est arrivé, tempère toutefois une porte-parole du BEA. En l'occurrence, la fameuse note d'Airbus répond à une question, et une seule : "est-ce que les opérateurs doivent prendre des mesures d'urgence ? La réponse est non", ajoute la porte-parole. Tout ce que l'on peut donc dire pour l'instant, c'est que les analyses des enregistrements n'ont pas mis en lumière une responsabilité d'Airbus. Mais elles n'ont pas pour autant définitivement écarté une possible responsabilité.

Par TF1 News (d'après agence) le 17 mai 2011 à 11:33
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5 Commentaires

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  • algue21, le 17/05/2011 à 15h38

    Les informations dans les boites noires sont brutes de décoffrage si j'ose dire. Il faut les décrypter, s'assurer qu'il n'y a pas d'erreurs, etc... Ensuite il faut analyser les informations. Les moindre variations d'altitudes, de trajectoire, de position des gouvernes, etc... sont-elles normales, si non, les causes sont-elles naturelles, matérielles, humaines? Tout doit être vérifié et recoupé. Contrairement à ce que l'on peut voir dans les séries américaines et n'en déplaise à beaucoup, cela prend du temps.

  • vladkr, le 17/05/2011 à 15h26

    Parce qu'exploiter les données des boîtes noires n'est pas aussi simple que ce que vous voyez à la TV. Il faut récupérer les données, les faire traiter par un simulateur, y ajouter les paramètres météo, faire de nombreux essais... Quant à la partie enregistrement des conversations cockpit, il faut traiter le son, reconnaitre chaque son, chaque alarme. Aucun détail n'est délaissé, et des détails, il y en a énormément.

  • alerame, le 17/05/2011 à 14h00

    C'est toujours la mème histoire, chaque fois qu'un airbus tombe (et il y en a eu beaucoup) c'est la faute de l'équipage. On nous prend vraiment pour des imbéciles.

  • 566456, le 17/05/2011 à 13h28

    Je me suis toujours demandé pourquoi ils mettent des mois et des mois à analyser les boites noires. Je ne suis pas du tout un adepte de la théorie du complot mais bon 3 heures de vols c'est 3 heures de vol pas douze ans. Que ça prenne une semaine je ne dis pas mais plusieurs mois ça me parait bidon. Ou alors qu'ils s'expliquent précisément sur la procédure.

  • pasard, le 17/05/2011 à 12h39

    Ca spécule alors que les boites ne sont même pas analyser. Du grand journalisme!!??

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