Crash du vol Rio-Paris : les circonstances exactes enfin révélées ?

le 28 juillet 2011 à 18h25 , mis à jour le 29 juillet 2011 à 12h00

Dossier : Crash du vol Rio-Paris

Un nouveau pan du voile entourant les circonstances de l'accident du vol AF 447 Rio-Paris, doit être levé vendredi avec la publication d'un rapport très attendu du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA).

AF447La dérive du vol AF 447 Rio-Paris, disparu en plein Atlantique. © TF1/LCI
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Rapport du BEA sur le crash du vol Rio-Paris à suivre en dircet sur TF1 News
Vendredi 29 juillet 2011 - 14h30

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) doit publier vendredi un nouveau rapport présentant "les circonstances exactes de l'accident" du vol d'Air France AF447 Rio-Paris qui s'était abîmé en juin 2009 au large du Brésil, faisant 228 morts. Et selon Le Figaro de vendredi, il confirmerait que le crash est dû a deux événements majeurs : le givrage des sondes Pitot et par la perte des informations de vitesse dans le cockpit. Toujours selon Le Figaro, le rapport mentionnerait les erreurs successives de l'un des pilotes qui ont entraîné la chute de l'appareil: à aucun moment, l'équipage n'aurait compris que l'avion avait décroché (c'est-à-dire qu'il était en train de chuter).

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Selon Le Figaro, la composition de l'équipage dans le cockpit, juste avant le décrochage, est la suivante : le commandant de bord est parti se reposer, remplacé par un des deux copilotes sur le siège de gauche. "Une configuration autorisée au cours d'un vol renforcé (avec trois pilotes)", note le journal. "A droite, le copilote le moins expérimenté, est pilote en fonction: il récupère les commandes de l'appareil. Le second copilote assis à gauche est pilote non en fonction: sa mission est de gérer les pannes et d'apporter de l'information à son collègue", poursuit Le Figaro. A ce moment-là, les sondes Pitot ont givré et le pilotage automatique s'est deconnecté.

De précieuses secondes perdues

C'est alors que le pilote de droite fait monter l'appareil à 37.500 pieds. Selon Le Figaro, les risques de décrochage sont très importants à cette altitude. Au même moment, l'avion semble avoir retrouvé ses sondes Pitot et des informations cohérentes sur sa vitesse. Selon Le Figaro, le pilote doit alors maintenir l'altitude et la trajectoire. C'est à cet instant, selon le journal, que l'erreur humaine la plus importante est commise : "le copilote assis à gauche perd de précieuses secondes à appeler le commandant de bord qui se repose hors du poste. Il actionne une alarme située au-dessus de sa tête et perd de vue l'affichage des pannes. Il ne voit pas que son collègue maintient un ordre à cabrer, c'est-à-dire continue à tirer le manche (monter en altitude), le contraire de ce qu'il faut faire. Cette action fait sortir l'avion de son domaine de vol: il décroche et tombe vers l'océan", écrit Le Figaro

Toujours selon le journal, le commandant de bord entre alors dans le cockpit, mais les deux pilotes ne l'informent pas du décrochage, même si une alarme prévu pour ce type d'événement a retenti pendant près d'une minute peu auparavant. Ils lui parlent de problèmes techniques et lui disent qu'ils ne comprennent pas. "Le commandant de bord est donc incapable d'analyser la situation et d'aider ses deux collègues", écrit Le Figaro. "Quelques secondes avant l'impact, le pilote de gauche reprend les commandes. Mais il est trop tard, il ne peut rien plus rien faire", poursuit Le Figaro. Le BEA devrait en outre "révéler que l'équipage n'avait pas suivi d'entraînement "IAS douteuse", c'est-à-dire comment faire face à une perte d'informations sur la vitesse de l'avion", conclut Le Figaro. Ce qui alimenterait la piste d'une mauvaise formation des pilotes.

Reste maintenant à déterminer les responsabilités: erreur humaine ou problème technique ? Ou bien les deux ? Ce rapport établira un "scénario" du crash mais pas "le pourquoi" de l'accident ni une quelconque responsabilité, précise le BEA. "Il y a encore beaucoup de points que l'on doit travailler", soulignait jeudi soir le BEA, quant aux spéculations relancées ces derniers jours sur une possible responsabilité des pilotes. Réagissant à l'article du Figaro, le BEA a jugé "ces éléments sont parcellaires et réducteurs". "Il ne faut pas confondre circonstances et causes d'un accident". "Ce n'est certainement pas en accusant l'équipage tel que c'est formulé que ça signifie qu'on a l'enchaînement des causes et que vendredi, le BEA pourra dire: on a compris tout ce qu'il fallait pour que l'accident ne se reproduise pas", ajoute le BEA. "Grâce aux 1.300 paramètres de vol et aux deux heures d'enregistrement, on a pu déterminer les séquences du vol, on a commencé à faire une première analyse mais l'enquête est loin d'être terminée", conclut le BEA. A ce jour, le givrage des sondes Pitot qui mesurent la vitesse de l'appareil, est la seule défaillance établie, mais les enquêteurs ont toujours estimé qu'elle ne pouvait expliquer à elle seule l'accident.

  

le 28 juillet 2011 à 18:25
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29 Commentaires

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  • airways01, le 29/07/2011 à 15h29

    Désolé mais en 3 minutes et vu la situation, faire un message aux Pax n'etait pas la priorité du moment !

  • airways01, le 29/07/2011 à 15h28

    Il apparait visiblement bien facile de porter un jugement à un fait relaté dans les "pseudos videos explicatives"... Sachez qu'en vol long courrier (notamment), un pilote ne part pas se "reposer" quand il le souhaite et qu'en aucun cas on ne peut dire que le CDB est parti faire une sieste en attendant paisiblement l'arrivée, je vous conseille par contre de lire la reglementation sur les temps de repos en vol des pilotes (que l'on peut retrouver dans un livre appellé l' EU-OPS) Alors ne melangez pas un accident et une greve des pilotes svp...

  • le_lutin_paris, le 29/07/2011 à 14h39

    Quand on n'y connait rien, on se dispense de commentaires : il est normal sur toutes les compagnies qu'après la phase de décollage, le commandant de bord soit relayé, pour pouvoir faire sans souci l'atterrissage. Vous pensiez quoi ? que les pilotes restaient 10 heures aux commandes sans bouger et sans se relayer ?

  • iaf_22, le 29/07/2011 à 13h28

    Quand un batiment qui n etait pas aux normes de securité prend feu. Et que les pompiers n'arrivent pas à maitrister l'incendie. Est ce qu'on accuse les pompiers de ne pas avoir reussi a eteindre l'incendie !? La raison pour laquelle il y a 3 pitots et pas un seul, c 'est pour le cas où il y en ai 1 defaillant. Airbus n'a JAMAIS prévu le cas de 3 pitots defaillants, et n'a jamais établi de procédure pour cela !! La procédure la plus proche (sans vraiment correspondre) est l'IAS douteuse, elle n'est pas adapatée, car celle ci n'est pas tres clair dans ses proceudres a connaitre par coeur ("memory items") et prévoit éffectivement , en croisiere, de lever le nez à 5 degrés vers le haut en mettant du gaz.... Ca va a l encontre de la sortie de decrochage !! (Ca ressemble fort à ce que l'equipage a fait, CONFORMEMENT AUX PROCEDURES AIRBUS !). Il y avait plusieurs alarmes dans le poste de pilotage, des alarmes contradictoires. Dans ce genre de cas, on applique pas la procedure correspondant a une alarme au hasard ! Si il y avait JUSTE eu 'décrochage"', l equipage s'en serait sorti. Le probleme vient du fait que l'avion lui meme ne comprenait pas ce qu'il se passait, et c est bien pour cela que l'autopilote à laché les commandes en disant "je ne comprends plus rien, je laisse la main". Mais les pilotes ont du faire face aux meme incomprehensions et n'ont pas compris non plus ce qu'il se passait. Airbus devrait revoir l analyse des situations de pannes et le moyend'en avertir , de facon CLAIRE, les pilotes. Un pilote de ligne airbus.

  • iaf_22, le 29/07/2011 à 13h17

    Et non... on ne mets PLUS plein gaz lorsqu'on décroche... et ce, depuis quelques mois APRES le crash : Airbus et BOeing ont modifié les procédures de sorties de décrochage JUSTE APRES le crash (et ca , peu en parle !). Car mettre plein gaz, tend à vouloir augmenter l'incidence de l'avion et donc a s eloigner d une sortie de décrochage.

  • mikefox37, le 29/07/2011 à 13h08

    Attention ! L'horizon artificiel donne des informations sur l'assiette de l'appareil. Mais dans ce cas présent, c'est d'une information d'incidence qu'ils auraient du être informés. On peut avoir une incidence très élevée et un assiette très faible. Et dans un avion, c'est l'information d'incidence qui prime sur le reste pour la sécurité du vol. C'est donc pour cela que le BEA à émis une recommandation pour en installer à bord (le Concorde en était équipé par ex.)

  • look165, le 29/07/2011 à 12h38

    Quand j'entends que l'enquête focalise presque sur le fait qu'aucune annonce n'a été faite aux passagers , je crois rêver ! Qu'est-ce qu'il fallait dire : "Dans 2 minutes vous allez mourir" ?

  • look165, le 29/07/2011 à 12h19

    C'est plus facile d'accuser des morts que de mettre en cause un grand industriel.

  • lappibus, le 29/07/2011 à 12h13

    Si l'avion a chuté à plat avec le nez relevé, comme la précédente note du BEA l'affirme, l'horizon artificiel affichait une assiette positive malgré la descente rapide. Les pilotes savaient de toute manière que l'avion tombait, notamment grâce à leur altimètre, mais ils ne comprenaient apparemment pas cette chute.

  • lappibus, le 29/07/2011 à 12h12

    C'est établi de longue date que l'avion ne s'est pas disloqué en vol, madame la troll...

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