Image d'archives © TF1-LCIDéfaillance technique ou erreur de pilotage ? Ou combinaison des deux ? L'explication du crash du vol Rio-Paris d'Air France, qui avait fait 228 morts en juin 2009, pourrait avoir de lourdes conséquences pour Air France ou pour Airbus, tous deux mis en examen pour homicides involontaires dans ce dossier. Et les enjeux sont énormes. Rien d'étonnant à ce que le BEA cherche à verrouiller la communication sur ce dossier ultra-sensible ; ni à ce que les "fuites" se multiplient depuis que les boîtes noires sont analysées par les experts.
Rio-Paris : la récupération des corps est terminée
104 corps considérés comme identifiables ont été remontés par l'opération qui s'est achevée vendredi dernier, et font route vers la France. Les causes exactes de l'accident font toujours l'objet d'interprétations contradictoires.
Publié le 07/06/2011
Vol AF447: le BEA disculpe l'Airbus pour l'instant...
La première lecture des boîtes noires du vol Rio-Paris ne montre pas "de dysfonctionnement majeur" sur l'Airbus, déclare le directeur de l'enquête technique. Toutefois, le BEA n'exclut pas "des dysfonctionnements moins importants".
Publié le 18/05/2011
Crash du Rio-Paris: une boîte noire de l'Airbus d'Air France repêchée
Une des deux boîtes noires de l'Airbus A330 d'Air France, qui s'était abîmé en mer au large du Brésil le 1er juin 2009, a été repêchée dimanche, a annoncé le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA).
Publié le 01/05/2011
Face à la pression et aux spéculations sur les causes de l'accident du vol AF447, les enquêteurs ont décidé d'avancer leur calendrier en rendant publiques en fin de semaine les circonstances du vol Rio-Paris. Ils devraient décrire précisément "l'enchaînement" des événements "qui a conduit à l'accident" de l'Airbus A330 d'Air France. Le Bureau des enquêtes techniques avait déjà indiqué la semaine dernière que la première lecture des boîtes noires du vol Rio-Paris ne montrait pas "de dysfonctionnement majeur" sur l'avion Airbus, telle qu'une panne électrique. Il avait toutefois bien précisé que cela n'excluait pas "des dysfonctionnements moins importants".
Plusieurs alarmes simultanées
Aujourd'hui, les dernières "fuites" sur ce dossier proviennent des Etats-Unis. Plus précisément du Wall Street Journal qui, s'appuyant sur des sources proches du dossier, croit savoir que les pilotes ont pu être distraits par des indicateurs de vitesse défaillants et n'ont pas réagi correctement face à d'autres systèmes automatiques cruciaux.
Les derniers moments à bord de la cabine de pilotage de l'A330 indiquent, selon ces sources, que ces pilotes étaient apparemment perturbés par les alarmes reçues de plusieurs systèmes automatiques de contrôle, qui se sont mises en route au moment où l'avion entrait dans une zone de turbulence prévue sur le trajet Rio-Paris et faisait également face à du gel important qui n'était pas prévu, à 10.868 mètres d'altitude. De telles gelées gênent le fonctionnent normal des indicateurs de vitesse et d'autres capteurs extérieurs. Au final, l'équipage n'aurait pas suivi les procédures habituelles pour maintenir la stabilité de l'avant de l'appareil, pendant qu'il gérait les dysfonctionnements des indicateurs de vol et attendait que les paramètres concernés reviennent à la normale, ont conclu ces sources.
"Deux pilotes en permanence aux commandes"
Le magazine allemand Spiegel affirme, lui, dans un article paru ce week-end, citant un expert ayant participé à l'analyse des boîtes noires de l'appareil, que le commandant de bord ne se trouvait pas dans le cockpit au moment où la première alarme a retenti. Selon le magazine, on l'entend, sur l'enregistrement des conversations, regagner le cockpit et "crier des instructions à ses deux copilotes".
Le principal syndicat de pilotes français, le SNPL, a toutefois déploré lundi la divulgation dans la presse "d'allégations non confirmées" sur l'accident du vol d'Air France Rio-Paris, qui peuvent incriminer à tort sur le comportement de l'équipage. "Une des dernières rumeurs fait état de l'absence du commandant de bord au cockpit lors du début de l'événement, laissant une nouvelle fois planer des soupçons infondés sur le comportement professionnel de l'équipage", a noté le syndicat. Or "sur de tels vols longs, un pilote de renfort est obligatoirement prévu afin que chacun des membres de l'équipage puisse prendre du repos à un moment du vol", note le SNPL. "Deux pilotes restent en permanence aux commandes conformément aux règles de certification de l'avion, ce qui était bien le cas en l'espèce".
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