Quatre gitans ont été placés en garde à vue mercredi pour les violences commises dans la vallée du Cher, a annoncé le parquet de Blois qui a ouvert deux informations judiciaires parallèles, sur les circonstances de la mort du jeune Luigi Duquenet et sur les risques encourus par les gendarmes qui tentaient de le stopper. La première information judiciaire, pour "violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner", vise à éclaircir les circonstances dans lesquelles le gendarme a tué par balle le jeune dans la nuit de vendredi à samedi, a précisé la procureure Dominique Puechmaille. "Des investigations approfondies et des expertises précises sont nécessaires avant d'arriver à une conclusion - qui doit se garder d'être hâtive- pour décrire les circonstances exactes du décès", a-t-elle dit au cours d'une conférence de presse.
La seconde information judiciaire recouvre le périple du jeune gitan avant sa mort, "le vol en réunion" à l'origine de la mobilisation des gendarmes, son "refus d'obtempérer" et surtout la "tentative d'homicide volontaire sur trois gendarmes" lors de sa fuite, a dit la magistrate. "Le véhicule a délibérement foncé sur les gendarmes qui ont dû s'écarter pour le laisser passer", a-t-elle souligné. Le conducteur qui ne s'est toujours pas rendu, contrairement à ses promesses, devra répondre de "non assistance en personne en danger", car "il a fui sans se préoccuper du sort de son passager blessé par balle", a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, les gendarmes ont commencé à identifier et localiser les responsables présumés des violences commises dans la vallée du Cher après le décès, a précisé le colonel Simon-Pierre Baradel, le commandant de gendarmerie de la région Centre. Quatre suspects ont été placés en garde à vue à Blois, l'un pour des menaces de mort contre les gendarmes, les trois autres, dont un jeune de 17 ans, pour les dégradations commises dimanche matin à Saint-Aignan.D'autres interpellations sont prévues, a indiqué la procureure de Blois.
Une réunion pour faire le point le 28 juillet
Dans un communiqué publié mercredi, Nicolas Sarkozy parle d'"événements d'une extrême gravité (...) marquant une escalade de la violence, en particulier envers les forces de l'ordre. Ces événements ne sont pas acceptables". Il annonce qu'il présidera le 28 juillet une réunion pour faire "le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière" (lire notre article), ce qui donne lieu à des critiques de la part d'associations comme la LDH (lire notre article).
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé mardi sur place que 300 hommes ainsi que deux hélicoptères resteraient déployés dans la vallée du Cher, où les tensions restent vives. "Les gens du voyage ne sont pas au-dessous des lois et ils ne sont pas au-dessus des lois non plus", a-t-il dit.








