"Jusqu'alors, la famille avait choisi la discrétion pour préserver les intérêts de l'enquête mais celle-ci est confrontée à d'importantes difficultés et n'avance plus. Nous croyons que seul un soutien politique permettra de faire avancer les choses". Ce soutien politique, les proches de Gérard et Claude Dubois, un couple de retraités français disparus au Costa-Rica, comptent désormais le trouver auprès de Nicolas Sarkozy. C'est ce qu'explique leur avocate, Me Nathalie Valade, du barreau d'Angers.
Claude Dubois, ancienne décoratrice florale, et son mari, Gérard, ancien courtier, un couple résidant à Saint-Germain-sur-Morin, en Seine-et-Marne, ont disparu le 31 mars lors d'un séjour touristique au Costa-Rica. Ils se trouvaient alors près de Manuel Antonio, une petite ville au sud de San José où ils faisaient étape, sur la côte pacifique sud. Parti pour une excursion, le couple n'est pas rentré à l'hôtel où il était arrivé la veille. Leur voiture de location a été retrouvée à Quepos, ville voisine de Manuel Antonio, portes fermées et vitres brisées, près d'une rivière, en contrebas d'une route. Leurs sacs à dos et lunettes de soleil ont été découverts au bord de la rivière et leurs papiers à 75 km de là, dans un fossé.
"On a le sentiment que le silence arrange tout le monde"
Leurs cartes bancaires ont été utilisées à plusieurs reprises entre le 31 mars et le 7 avril pour un montant de prélèvements de près de 12.000 euros en matériel informatique, chaussures ou essence, donnant corps à l'hypothèse d'un crime crapuleux. Mais depuis le printemps, peu d'informations ont filtré de l'enquête diligentée au Costa-Rica. En France, une information judiciaire a été ouverte le 23 juin auprès du parquet de Meaux pour "enlèvement et séquestration".
"Des échanges ont eu lieu entre autorités judiciaires, mais il y a des blocages dans la transmission des informations", explique Me Valade, en ajoutant "qu'on sait que deux hommes ont été entendus puis relâchés". Pour sa part, Céline Roussel, fille unique du couple, s'insurge : "Neuf mois après, on a le sentiment que le silence arrange tout le monde. Et l'enquête n'avance pas". Elle ne croit pas à la thèse accidentelle d'une chute dans la rivière et compte se rendre au Costa-Rica en mars. "Ma mère portait une prothèse aux genoux et marchait peu. Pourquoi n'auraient-ils pas retrouvé les corps ? Je pense beaucoup plus à une mauvaise rencontre, mon père était un sanguin, je ne le vois pas se laisser faire en cas d'agression".
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