Alors que huit suspects dorment désormais derrière les barreaux en attendant de déterminer quel rôle aurait pu jouer chacun d'eux dans le double meurtre d'Echirolles, deux autres individus restent activement recherchés. Les deux fuyards ont déjà été condamnés pour des faits de grande violence "et vont faire l'objet d'une diffusion nationale urgente avec leurs photos dans tous les commissariats et gendarmeries de France", a indiqué une source proche de l'enquête. L'un d'eux, âgé de 18 ans, était sorti de prison la semaine dernière après avoir purgé une peine de six mois ferme pour l'agression au couteau d'un vigile de supermarché. Le second, 20 ans, avait été jugé en comparution immédiate le 27 août dernier pour avoir attaqué un homme avec un couteau à un distributeur automatique à Grenoble.
Dans le cadre de l'information judiciaire pour "assassinats" ouverte par le parquet de Grenoble, les trois juges d'instruction en charge de l'enquête pourront par ailleurs lancer un mandat d'arrêt international s'il était avéré qu'un des suspects s'est enfui à l'étranger. Les deux individus sont en effet susceptibles d'avoir des attaches familiales en Algérie ou au Sénégal, selon une source proche de l'enquête. "On ne sait pas s'ils sont partis à l'étranger. Pour partir, il faut de l'argent, un point de chute...", a cependant indiqué cette source.
Huit autres suspects écroués
Les huit suspects d'ores et déjà arrêtés ont tous été mis en examen pour "assassinats" - sept dès mercredi soir, un huitième un peu plus tard dans la nuit. Tous les suspects, ayant "des attaches à l'étranger"et présentant un risque de fuite, ont été placés en détention provisoire. "Tous reconnaissent leur présence sur les lieux mais nient avoir porté des coups", a dit le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat. Leur implication dans la rixe mortelle a été déterminée par les auditions des témoins de la scène.
Les enquêteurs s'appuient également sur les enregistrements de vidéo-surveillance. Ils attendent encore les résultats des analyses effectuées sur les objets saisis sur la scène. Le procureur a souligné qu'il avait choisi la qualification "la plus haute", celle pour assassinat, car "le fait de venir à plusieurs, armés, constitue la préméditation des homicides". L'avocat de deux des huit suspects, Me Arnaud Lévy-Soussan, a jugé cette qualification "excessive". "Cela implique que l'ensemble des personnes qui sont poursuivies avaient une intention homicide lorsqu'elles se sont rendues dans le parc" où a eu lieu la rixe, a-t-il souligné, affirmant qu'il n'y avait "aucun élément" dans le dossier allant dans ce sens (voir la vidéo : Echirolles : déterminer qui a eu l'arme entre les mains). "Il faudra déterminer le rôle de chacun" lors de l'instruction, a mis en garde le procureur, ajoutant que la qualification des faits pourrait évoluer au cours de la procédure.
Lire notre dernier article sur l'affaire : un des deux fuyard s'est rendu à la police.










