Aucune interpellation n'a encore eu lieu alors qu'une marche blanche "à la mémoire de Kevin et Sofiane", les deux victimes de la rixe mortelle, est prévue mardi à 18 heures. Dès lundi soir, le chef de l'Etat et son ministre de l'Intérieur sont venus apporter leur soutien aux familles des victimes. Prenant la parole pendant quelques minutes, à l'issue de la rencontre dans la cité où vivent les familles, le président de la République a fait part de sa "solidarité au nom de la France toute entière".
Quant aux agresseurs, qui ne sont pas encore connus officiellement, "une fois appréhendés, ils seront traduits devant la justice pour recevoir la condamnation qu'ils méritent". "J'ai affirmé" aux familles des victimes "que tout est fait pour retrouver les auteurs de ces crimes odieux", a-t-il déclaré. "Tout est fait pour les appréhender et ils le seront", a insisté le chef de l'Etat, qui était accompagné du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. "J'ai exprimé au nom de la France tout entière ma solidarité à l'égard des familles, les familles de Kevin, de Sofiane qui ont été affreusement attaqués et tués", a poursuivi M. Hollande. "Je leur ai dit combien nous étions fiers de leur dignité, de leur courage, de leur volonté d'apaisement".
Il a promis qu'avec "le ministre de l'Intérieur" le gouvernement allait "renforcer encore un certain nombre d'effectifs là où il y a des violences et de l'insécurité". "Et en même temps, a ajouté M. Hollande, nous allons dire à ces quartiers que les destins de ces jeunes soient à chaque fois protégés, garantis vers la réussite". Il a fait valoir que Kevin et Sofiane, "qui sont morts dans des conditions affreuses, étaient des jeunes qui avaient réussi, qui avaient la volonté d'être pleinement citoyen de notre pays et qui voulaient mettre leur famille en fierté par rapport à ce qu'avait été leur parcours".
"C'est devenu le Texas !"
Au cours de leur visite, François Hollande et Manuel Valls ont été interpellés par une habitante de la commune d'Isère. "Mon fils aussi, il a vécu ça. Il n'est pas mort, heureusement. J'allais vous écrire. Vous êtes là aujourd'hui. Ces deux-là, il ne faut pas qu'ils soient morts pour rien", lui a lancé cette femme. "Ils ne le seront pas", lui a répondu le chef de l'Etat. "Il faut que ça change à Grenoble ou Echirolles. C'est devenu le Texas. On est où là, M. le président ? J'ai voté pour vous ! Tous ces gens-là, ils ont voté pour vous !", a poursuivi l'habitante. "Eh bien, ils ont droit à la sécurité, c'est ce que je suis venu leur apporter. Sécurité, justice et réussite ! Merci !", a répondu M. Hollande, accompagné du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.
A la suite d'une première dispute, Kevin, étudiant en master, et Sofiane, âgés tous deux de 21 ans, ont été lynchés par un groupe d'une quinzaine de jeunes munis de manches de pioche, de marteaux et de couteaux.










