Yves Bertrand, ancien patron des RG de 1995 à 2007. © TF1/LCIIl est l'ancien -et controversé- "patron" des Renseignements généraux en France. Dans un entretien à Mediapart, Yves Bertrand affirme que Bernard Squarcini est "devenu l'homme du président" Sarkozy, son "espion" à la tête de la Direction centrale du renseignement intérieur. "Les écoutes, la DCRI en a fait comme vous pouvez manger des croissants", assure-t-il par ailleurs. "Il faut savoir qu'il y a des écoutes qui ne passent pas par la commission de contrôle des interceptions de sécurité, comme on dit pudiquement", dit Yves Bertrand. "Je l'ai vécu moi même, lorsque j'étais à la tête des Renseignements généraux. Il y avait des écoutes sauvages, à la discrétion de Matignon et de l'Elysée. Et qui n'étaient pas contrôlées. C'est en dehors de la procédure d'autorisation", ajoute-t-il.
Squarcini veut poursuivre les auteurs de "L'espion du président"
Le livre consacré au patron du renseignement intérieur a déclenché une guérilla judiciaire. Bernard Squarcini promet des poursuites en diffamation. Mediapart compte pour sa part saisir la justice sur des soupçons d'espionnage.
Publié le 20/01/2012
"Fadettes" : droite et gauche s'affrontent sur le cas Squarcini
Mis en examen pour avoir fait espionner les correspondances téléphoniques d'un journaliste du Monde enquêtant sur le dossier Bettencourt, le patron des services secrets français reste pourtant en poste. Gauche et écologistes dénoncent. Le gouvernement évoque la présomption d'innocence.
Publié le 18/10/2011
"L'espion du président", le livre qui irrite Squarcini
Le patron de la DCRI, la direction du renseignement intérieur, va porter plainte en diffamation contre les auteurs de "L'espion du président". Le livre accuse Bernard Squarcini d'être instrumentalisé par l'Elysée. Ses auteurs se disent sereins.
Publié le 20/01/2012
Il y a deux types d'écoutes téléphoniques autorisées en France, celles ordonnées par un magistrat dans le cadre d'une enquête judiciaire, et celles autorisées par le Premier ministre, après avis d'une commission spécialisée, à la demande des services de renseignement. Le service qui réalise les écoutes se trouve sous les Invalides, à Paris. Selon Yves Bertrand, un troisième réseau parallèle a été constitué et "Matignon avait entre vingt et trente lignes, peut-être plus, qui ne passaient pas par la commission" lorsqu'Alain Juppé était Premier ministre (1995-1997). Ces pratiques se sont poursuivies selon lui avec la DCRI. Il qualifie la création de ce service, sans débat parlementaire et sans organe de contrôle, de "crime" et de "dérive politique".
Bernard Squarcini ? "Il s'est entiché de M. Sarkozy comme n'importe quel fonctionnaire l'aurait fait dans un système autoritaire", dit Yves Bertrand l'accusant d'avoir "fait des coups tordus chaque fois qu'il y avait à le faire", sans les citer et sans preuve. "Il n'a pas su dire non à Sarkozy. Il a tout fait. Il n'y a pas que les fadettes". Yves Bertrand, qui a fait un pas en direction de Marine Le Pen en 2011, est une figure de la "chiraquie". Il était très en froid avec Nicolas Sarkozy qui l'a soupçonné d'avoir joué un rôle dans l'affaire Clearstream. Cet ancien haut fonctionnaire controversé a fait sensation en 2008 en publiant ses "carnets secrets", des rumeurs sur le monde politique ou médiatique.
Un livre, "L'espion du président" (Editions Robert Laffont) publié jeudi, est consacré à Bernard Squarcini, accusé d'avoir "dévoyé" ce service. Celui-ci a promis jeudi des poursuites en diffamation contre ses auteurs tandis que tous les syndicats de police et le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, l'ont défendu - ainsi que la DCRI - avec vigueur.
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Squarcini veut poursuivre les auteurs de "L'espion du président"
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