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DOSSIER : Affaire Merah

Enregistrements de Merah : TF1 met en avant le devoir d'informer


le 09 juillet 2012 à 16h10 , mis à jour le 09 juillet 2012 à 21h59.
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5min
Mohamed Merah : itinéraire d'un meurtrier

Mohamed Merah : itinéraire d'un meurtrier /

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Faits diversCritiquée pour avoir diffusé des extraits d'enregistrements audio entre Mohamed Merah et les policiers, la chaîne TF1 s'est justifiée lundi en soutenant qu'ils contenaient des "informations très importantes". Le CSA entendra mardi ses dirigeants ainsi que ceux de BFMTV et iTélé.

La diffusion par TF1 des extraits d'enregistrements audio entre Mohamed Merah et les policiers dans son émission "Sept à Huit" suscitait lundi la polémique. On y entend notamment le "tueur au scooter" dialoguer avec des policiers les 21 et 22 mars, alors qu'il est retranché dans son appartement, et expliquer d'un ton posé ses crimes comme ses projets criminels à venir. Le point.

La police tente en vain de récupérer les enregistrements. La "police des polices" a tenté sans succès lundi de récupérer les enregistrements audio diffusés dimanche. Les policiers de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), saisis de l'enquête pour violation du secret de l'instruction ouverte, se sont rendus au siège de Elephant & Cie, la maison de production qui produit notamment l'émission "Sept à Huit" de TF1, ont indiqué des sources concordantes, confirmant une information du point.fr. "Il n'y a pas eu de perquisition", a déclaré à l'AFP une source judiciaire. "L'IGPN a sollicité la remise volontaire des enregistrements de conversations utilisés pour la réalisation du reportage mais Elephant & Cie a refusé de les donner aux policiers", a-t-on ajouté de même source. Frédéric Boisset, un des rédacteurs en chef de "Sept à Huit", a toutefois indiqué qu'une copie du reportage avait été remise aux agents. "Vers 18h30, deux policiers sont venus avec une réquisition pour obtenir les supports audio et vidéo contenant l'enregistrement de la négociation", a-t-il dit. "Le matériel qu'on nous a demandé n'existe plus. Mais on a remis une copie du reportage à la police", a-t-il ajouté.

Le CSA entendra mardi des dirigeants de TF1, BFMTV et iTélé. Le Conseil supérieur de l'Audiovisuel (CSA) procédera à l'audition des dirigeants de TF1-LCI et entendra ensuite ceux de BFMTV et iTélé, chaînes qui ont repris les enregistrements. Concernant les radios, le CSA n'a pas encore pris de décision. Lundi sur Europe 1, son président avait jugé "pas acceptable qu'on puisse se moquer ainsi de la douleur des familles". Et d'avertir : "Que ceux qui voudraient diffuser ces images se tiennent sur leurs gardes".

"Notre travail, c'est d'informer". "Nous sommes des journalistes, notre travail, c'est d'informer (...). Toutes les rédactions du monde travaillent pour sortir des informations", a expliqué à l'AFP Catherine Nayl, directrice de l'information du groupe, au lendemain de la diffusion de ce document. "On comprend parfaitement le choc et la violence pour les familles des victimes d'entendre la voix de celui qui a assassiné un des leurs", a expliqué Catherine Nayl. Cependant, a-t-elle estimé, le document diffusé a été fait d'une façon "absolument pas sensationnaliste". "Il a été fait de manière journalistique, pierre après pierre." Ces extraits contenaient "des informations très importantes sur la façon dont les hommes du Raid ont négocié", affirme-t-elle. "Je pense que ce document prouve que, jusqu'au bout de l'assaut, les négociateurs ont essayé d'arrêter Mohamed Merah, et de l'arrêter vivant", a-t-elle poursuivi. "On comprend aussi dans ce document que Mohamed Merah, avec un sang-froid et une détermination absolus (...), s'est construit un personnage". 

La réponse de la médiatrice de l'information. La diffusion des enregistrements de Mohamed Merah divise aussi les téléspectateurs de TF1. La médiatrice de l'information leur a répondu >Une bande son qui divise, par FMM.

Chez les proches des victimes de Merah, l'indignation. "Scandalisés", les proches des victimes vont saisir la justice en urgence pour obtenir l'interdiction de toute diffusion des enregistrements. "A ce rythme, ce sont les vidéos des tueries qui se retrouveront sur la toile et l'atteinte sera alors irrémédiable", a dit Me Samia Maktouf. "Nous allons demander au parquet, conjointement avec les autres parties civiles, d'enclencher une procédure d'urgence pour bloquer la diffusion de ces enregistrements, par tout moyen et sur tout support", a dit Me Béatrice Dubreuil, son associée, à l'AFP. "Les juges avaient assuré aux familles que ces enregistrements seraient placés sous scellés et qu'un dispositif d'alerte serait mis en place. C'était un point extrêmement important pour elles", a-t-elle ajouté. "On attend que la justice tienne promesse et que cette diffusion soit bloquée", a-t-elle encore dit.
 
"Une douleur considérable" réveillée, selon Guéant. "Cette diffusion réveille une douleur considérable que tout notre pays a connu, un véritable traumatisme", a réagi l'ex-ministre de l'Intérieur Claude Guéant, ajoutant au micro de RTL: "Je dois dire qu'elle réveille en particulier la douleur des familles, des enfants de l'école Ozar Hatorah, de l'adulte qui a été tué aussi, des militaires tués à Toulouse et Montauban." L'ancien locataire de la Place Beauvau "déplore que ces enregistrements soient sortis et aient été diffusés", et a dit partager le "sentiment" de son successeur Manuel Valls, qui a regretté dimanche cette diffusion et confié une enquête à l'Inspection générale de la police nationale. Il a également assuré qu'il n'avait jamais entendu ces enregistrements: "Je ne les connaissais pas", a-t-il confié.
 
L'avocate de Merah s'étonne du "timing" choisi par TF1 pour diffuser la vidéo. "Pourquoi les vidéos ne sont pas apparues plus tôt et pourquoi attendre la semaine où je dois me rendre en France pour les remettre à la justice pour diffuser cette vidéo?" s'est interrogée Me Zahia Mokhtari qui a estimé que "des personnes dans l'ombre s'agitaient". La vidéo diffusée dimanche par TF1 "est une pièce de théâtre pour attirer l'attention et orienter l'opinion publique", a-t-elle encore indiqué à l'AFP. "Il y a une totale contradiction entre ce qui est dit dans la vidéo diffusée par TF1 et les vidéos en notre possession", a-t-elle ajouté. Elle devrait se rendre le 12 juillet en France pour remettre à la justice française des preuves en sa possession, dont des vidéos qui auraient été filmées par le tueur.

TF1 s'explique 

 

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