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DOSSIER : Affaire Merah

Enregistrements Merah : les familles des victimes veulent stopper toute diffusion


le 09 juillet 2012 à 10h06 , mis à jour le 09 juillet 2012 à 13h22.
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Faits diversAprès la diffusion dans "Sept à huit" des discussions entre le tueur de Toulouse et la police, les proches des victimes vont saisir la justice pour obtenir l'interdiction de tout passage ultérieur de ces enregistrements. De son côté, TF1 explique qu'ils contenaient des "informations importantes".

"Les victimes sont scandalisées d'apprendre le contenu de ces négociations à la télévision. A ce rythme, ce sont les vidéos des tueries qui se retrouveront sur la toile et l'atteinte sera alors irrémédiable".

Me Samia Maktouf, l'un des deux avocats des familles des victimes de Mohamed Merah, a exprimé sa colère dimanche soir après la diffusion dans l'émission "Sept à Huit" sur TF1 des extraits audio des dialogues entre le tueur au scooter et la police lors du siège de son appartement les 21 et 22 mars (lire notre article : "TF1 diffuse des extraits des conversations entre Merah et la police"). "Les familles des victimes ont l'impression que la justice ne va pas assez vite et, en même temps, prennent connaissance du déroulement de l'instruction par la télévision. Il s'agit d'une atteinte grave et manifeste au secret de l'instruction", a-t-elle ajouté.
 
"Nous allons demander au parquet, conjointement avec les autres parties civiles, d'enclencher une procédure d'urgence pour bloquer la diffusion de ces enregistrements, par tout moyen et sur tout support", a souligné Me Béatrice Dubreuil, son associé. "Les juges avaient assuré aux familles que ces enregistrements seraient placés sous scellés et qu'un dispositif d'alerte serait mis en place. C'était un point extrêmement important pour elles. On attend que la justice tienne promesse et que cette diffusion soit bloquée", a-t-elle expliqué. 
 
"Valeur informative" pour TF1
 
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a indiqué avoir déconseillé aux chaînes de rediffuser les extraits en question.  "Nous avons beaucoup réfléchi, décidé de diffuser ce document qui a une forte valeur d'information", s'est défendu Emmanuel Chain, le producteur de "Sept à Huit", assurant avoir pensé "en permanence aussi à l'émotion" des familles.

De son côté, Catherine Nayl, la directrice de l'information du groupe TF1, a expliqué lundi matin à l'AFP que ces documents contenaient "des informations très importantes sur la façon dont les hommes du raid ont négocié jusqu'au bout pour que Mohamed Merah se rende". "Nous l'avons fait en conscience parfaite de ce que cela pouvait avoir comme valeur informative", a-t-elle justifié. "Je pense que ce document prouve que, jusqu'au bout du raid, les négociateurs ont essayé d'arrêter Mohamed Merah, et de l'arrêter vivant. On comprend dans ce document aussi que Mohamed Merah, avec un sang-froid et une détermination absolus (...), s'est construit un personnage. Toutes ces informations, qui sont des informations nouvelles par rapport à l'affaire Merah, nous ont semblé importantes à diffuser. C'est pour cela que nous avons décidé de le faire", a-t-elle poursuivi. "Nous sommes des journalistes, notre travail, c'est d'informer", a insisté Catherine Nayl.

Pour expliquer le retrait des enregistrements du site internet de TF1, Catherine Nayl a indiqué : "Quand nous passons le document sur notre antenne et sur LCI, nous maîtrisons ce document, nous savons comment nous le diffusons. Dès l'instant où un document se retrouve sur internet, malheureusement, il peut être encapsulé, découpé à des fins de propagande ou de manipulations".

En fin de matinée, la famille d'une victime a annoncé son intention  de porter plainte contre TF1 pour "recel".

Quoi qu'il en soit, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", a été  chargée de mener une enquête administrative et une enquête pénale sur l'origine des fuites.

"Douloureux" : écoutez ci-dessous la réaction du CRIF de Midi-Pyrénées

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