Euthanasie à Bayonne : ouverture d'une information judiciaire

Par , le 12 août 2011 à 11h17 , mis à jour le 12 août 2011 à 19h22

L'urgentiste soupçonné d'euthanasie active sur au moins quatre patients très âgés, doit être déféré à la mi-journée devant un juge en vue de sa probable mise en examen pour "empoisonnement".

Centre hospitalier de BayonneCentre hospitalier de Bayonne © TF1/LCI

Nicolas B. doit être présenté dans les prochaines heures à un juge d'instruction. Ce médecin, responsable du court séjour au pôle réanimation-urgences à l'hôpital de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques, est soupçonné d'euthanasie active sur au moins quatre patients âgés. Une information préliminaire avait été ouverte jeudi, pour "homicide volontaire avec préméditation", à l'encontre de l'urgentiste, placé en garde à vue dès mercredi, après avoir été visé par une dénonciation adressée à la direction de l'hôpital par des agents de son service. Ce vendredi, une information judiciaire pour "empoisonnement" doit être ouverte, a-t-on appris auprès du parquet de cette ville.
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La nouvelle qualification des faits, basée sur la notion d'empoisonnement au lieu d'homicide volontaire, ne constitue qu'une nuance en termes de "mode  opératoire" pour des crimes qui sont dans les deux cas passibles de la réclusion criminelle à perpétuité, a indiqué le vice-procureur de la République de Bayonne, Stéphane Lambert.
 
La décision d'une probable mise en examen pour "empoisonnement commis sur des personnes particulièrement vulnérables", concernerait quatre décès survenus au cours des cinq derniers mois, dont celui d'une patiente âgée de 92 ans, décédée le 3 août. Les faits se seraient déroulés dans le service des urgences de cet établissement.

Toutes les victimes présumées étaient en "fin de vie"

Tous les cas signalés concernent des personnes âgées ayant été admises aux  urgences tout en étant classées en "fin de vie", dans l'attente d'un placement dans un service de soins palliatifs, a précisé le procureur. Selon son avocat, le praticien "ne regrette pas son geste et a préféré prendre le problème (de l'euthanasie) à bras le corps". Le médecin "n'a pas démenti les faits, il a expliqué les circonstances de décisions prises face à sa conscience pour abréger les souffrances de personnes qui allaient décéder dans les minutes suivantes", a déclaré Me Dupin, du barreau de Bordeaux. "La notion d'assassinat est complètement absurde", a-t-il ajouté, estimant que, dans cette affaire, son client était "un bouc émissaire". Il a souhaité  que "l'omerta sur ce qui entoure la fin de vie soit levée". L'euthanasie, "ça se pratique et ça existe dans tous les hôpitaux", a affirmé l'avocat, qui a demandé la remise en liberté de son client.

Le ministre du Travail et de la Santé Xavier Bertrand et Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée de la Santé, ont aussitôt demandé, jeudi, l'ouverture d'une enquête administrative de l'Igas. Cette enquête aura pour but "d'analyser le fonctionnement de l'établissement, les procédures de contrôle interne et la prise en charge des patients dans le service concerné", précise le communiqué ministériel. Le rapport de cette enquête administrative doit être rendu dans un délai de deux mois. Le ministère a par ailleurs exprimé son "soutien aux familles des personnes concernées".

Par Alexandra Guillet le 12 août 2011 à 11:17
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5 Commentaires

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  • maeliavenor, le 14/08/2011 à 08h02

    Je ne me permettais pas de juger ce professionnel de santé qui a agit en son âme et conscience... dans l'illégalité. Comment de nos jours ne pouvons-nous pas soulager la douleur physique ? La France est bien en retard dans ce domaine et donner du paracétamol dans les hôpitaux relève parfois du crime... Dans notre société où tout doit aller à 300 à l'heure comme les sms, il est oublié que la mort est un processus naturel de la vie !! Allons nous former les professionnels de santé à tuer ?? Alors que l'étude de la mort au niveau des facultés de médecine n'est que de quelques heures ?????? sur un parcours de plus de 6 ans ????? Remettons la mort à l'ordre du jour dans notre société....................... Je suis professionnelle de santé et accompagne mes patients en soins palliatifs depuis 20 ans. Je n'ai jamais eu une demande d'euthanasie, bien au contraire. Je leur fait prendre conscience qu'ils sont en vie jusqu'au dernier souffle et que jusqu'à la dernière minute ils encore à partager avec leur famille..................... APPRENONS A ACCOMPAGNER EN FRANCE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! RECONNAISSEZ LES PERSONNES QUI TRAVAILLENT EN SOINS PALLIATIFS, FAITES APPEL A EUX, FAITES LES RENTRER DANS LES SERVICES QUI NE SAVENT PAS ACCOMPAGNER JUSQU'AU DERNIER SOUFFLE ET DANS LA DIGNITE. PRESIDENTE d'UN RESEAU DE SOINS PALLIATIFS

  • danielmado, le 12/08/2011 à 23h24

    Il faudrait effectivement faire un référendum, puisque la presque totalité des français voudrait partir sans souffrir, dans son sommeil, autrement dit, et c'est ce que procure l'euthanasie active. Bravo à ce médecin, assez d'hypocrisie. D'ailleurs, quand on abrège les souffrances d'un animal, on dit souvent: "ce n'est pas humain de le laisser souffrir comme ça". Et pour nous, alors?

  • lestuiles, le 12/08/2011 à 16h16

    Oui c'est vrai on à le droit d'abréger les souffrances des animaux qui n'ont aucun espoir de guérir,mais les humains doivent subir jusqu'à ce que mort s'ensuive les pires douleurs à en hurler ,24 h sur 24 ,des jours , des semaines ,des mois durant mais bien sur pour les dirigeants et même le personnel hospitalier ceci est normal je leurs souhaite, à ceux qui pense de la sorte de subir ce sort ,ils comprendrons que l'euthanasie est un immense service qui doit être rendu à ceux qui le demande, mais seulement à ceux là

  • le bearnais, le 12/08/2011 à 14h34

    Pourquoi pas faire un referendum puisque les francais sont pour sarko je croyai que tu ecoutai ce que veulent les francais hypocritie totale

  • marcscoub26, le 12/08/2011 à 12h43

    Un grand bravo à cet urgentiste qui a eu le courage d arrêter la souffrance de ces patients. euthanasie devrai etre toléré en france. mes 2 oncles ont souffaire le martyr à cause de cancer à l hôpital , j aurai aimé tomber sur un médecin qui les aide à partir dignement mais dans notre pays les animaux ont le droit eux de partir sans souffrir ! il faudrai voter une loi. monsieur l urgentiste un grand bravo à vous pour votre courage et votre moralité. que les autre médecins prennent le Meme réflex!

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