Un homme de 27 ans, retranché sur une grue d'Evry (Essonne) depuis jeudi soir pour un différend de garde d'enfant, en est descendu vers 17h vendredi, selon la mairie et la police. L'homme était monté sur la grue, située sur un chantier du centre-ville, vers 22h30. Il est descendu de lui-même avant d'être conduit au centre hospitalier de Corbeil pour des examens médicaux, a précisé la police.
En début d'après-midi, le jeune homme semblait pourtant déterminé à rester sur sa grue. "Je suis là, je ne lâcherai rien", avait alors affirmé par téléphone à l'AFP cet ancien militaire, demandeur d'emploi, qui avait déployé une banderole avec l'inscription: "Adam bientôt 36 mois, dont 18 sans mon père". Selon le père, resté perché à une trentaine de mètres juste en-dessous de la cabine de pilotage, la mère de son enfant, dont il est divorcé, retient leur fils au Maroc depuis août 2011. "J'ai pris la justice comme une alliée, mais depuis ma séparation, elle m'a délaissé. Je souffre énormément de ne pas voir mon fils et la justice ne fait rien", a-t-il déclaré alors qu'il était encore sur la grue. "C'est l'amour pour mon enfant qui me pousse à faire ça. Je parle pour tous les papas qui se retrouvent seuls", a-t-il ajouté.
De récents précédents
Le jeune homme, originaire de Bergerac en Dordogne, dit avoir choisi Evry pour donner un plus large écho à son combat et être reçu par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, ancien maire de la ville. Arrivés vers une heure du matin, la police et le raid sont restés sur place aux côtés du procureur de la République et du préfet, a dit à l'AFP le maire d'Evry Francis Chouat. Ce jeune homme "rencontre depuis longtemps des problèmes dans l'exercice du droit de visite de son enfant", a-t-il dit. "Il a compris que ce n'est pas le ministre qui peut intervenir dans son dossier. Il a vu le procureur de la République d'Evry, ce qui l'a satisfait", a ajouté le maire.
Le mois dernier, un père privé de droit de visite était resté juché plus de trois jours sur une grue à Nantes, pour défendre les droits des pères. Depuis, d'autres pères divorcés ou séparés sont montés sur des grues pour des problèmes de garde d'enfants, notamment à Strasbourg ou à Istres. Vendredi un homme a escaladé le centre culturel Georges-Pompidou à Paris pour les mêmes raisons. Il en est descendu une heure plus tard après avoir obtenu un rendez-vous avec un élu d'arrondissement.
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