Justice : la moitié des tribunaux mobilisés, Mercier fera des "propositions"

Par , le 08 février 2011 à 17h30 , mis à jour le 09 février 2011 à 08h02

Alors que plus de la moitié des tribunaux, soit 115 sur un total de 195, ont voté un renvoi des audiences non urgentes, le ministre de la Justice a annoncé mardi qu'il entendait faire prochainement des "propositions" sur les moyens de la justice en terme de personnels.

 
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Plus d'infos

Alors que la moitié des tribunaux et cours d'appel  français, soit 115 sur un total de 195, ont voté un renvoi des audiences non  urgentes, le ministre de la Justice, Michel Mercier, a  annoncé mardi qu'il entendait faire prochainement des "propositions" sur les  moyens de la justice en terme de personnels. "Il est évident que nous avons à faire des propositions qui porteront à la  fois sur les greffiers, les agents de probation. Il n'y a, dans notre pays, pas  assez d'agents de probation, c'est exact, c'est vrai et nous allons proposer  d'en créer un certain nombre dans les jours qui viennent", a assuré le ministre.
 
François Fillon avait demandé très clairement "de lui faire rapidement des  propositions pour combler les manques qui pouvaient apparaître en terme de  fonctionnement et de postes", a rappelé le garde des Sceaux lors de la séance  des questions à l'Assemblée nationale.
 
Le tribunal de Nantes "correctement doté"
 
Michel Mercier a toutefois affirmé que le tribunal de Nantes avait été  "correctement doté" en moyens depuis 2009 et que, "sauf en août et septembre  2009", il avait bénéficié d'un à deux postes de plus que sa dotation normale de  48 magistrats. Il a également reconnu qu'"il a manqué un poste de JAP (juge d'application  des peines)" dans cette juridiction. La fronde des magistrats, qui s'est encore amplifiée mardi en France, est  née de la mise en cause par Nicolas Sarkozy des services judiciaires dans le  suivi de Tony Meilhon, soupçonné du meurtre de Laetitia Perrais à Pornic  (Loire-Atlantique). Les professionnels de la justice déplorent un manque de moyens qui les  contraint dans leur travail au quotidien. Trois enquêtes administratives ont été ordonnées pour faire la lumière sur  d'éventuels "dysfonctionnements" des services de police et de justice dans  l'affaire Laetitia.

Leurs conclusions sont attendues la semaine prochaine, selon Michel  Mercier, qui a redit son intention d'en débattre avec les représentants du  monde judiciaire dans le but de "bâtir un nouveau climat". Le ministre a de nouveau pris la défense de Nicolas Sarkozy dans ce  dossier, jugeant qu'il était "intervenu en tant que garant du fonctionnement  régulier de nos institutions" et qu'il avait eu "raison de le faire. Il est  dans son rôle". "Il a droit aussi à sa part d'humanité", a observé Michel Mercier, qui a  répondu à plusieurs questions des députés, suscitant un brouhaha désapprobateur  de l'opposition.

 

Le chiffre de la moitié des tribunaux mobilisés recoupe les données recueillies par  l'AFP qui ont  comptabilisé une centaine de juridictions ayant voté un renvoi des audiences  non urgentes. Au total, 166 assemblées générales ont été "sollicitées" partout en France,  la plupart s'étant tenues lundi et mardi. Seules quatre sont prévues mercredi  et jeudi, selon le syndicat. En l'état des chiffres compilés mardi en fin de journée par l'USM,  seulement deux AG avaient adopté des motions sans décider du renvoi des  audiences non urgentes, tandis que 115 avaient voté pour. L'issue d'une  quarantaine d'AG organisées mardi n'était pas encore connue. Il y a en France 160 tribunaux de grande instance (TGI) et 35 cours  d'appel. Aucun élément sur l'ampleur de la mobilisation n'était disponible  auprès de la Chancellerie.

Grande manifestation jeudi
  

"Je ne pensais pas que ce serait une lame de fond aussi importante dans les  juridictions", a déclaré à l'AFP le président de l'USM, Christophe Régnard,  soulignant que les décisions de renvoi étaient prises dans les AG "à la  quasi-unanimité". Cette mobilisation "exceptionnelle" traduit "une exaspération profonde",  a-t-il ajouté, promettant que le mouvement n'allait "pas s'arrêter là". Une grande manifestation est prévue jeudi à Nantes et des rassemblements  seront organisés dans des dizaines de villes. De nouvelles assemblées générales  devraient suivre dès vendredi, a assuré Christophe Régnard.

Le PS soutient le mouvement

Le Parti socialiste a annoncé mardi soir qu'il soutenait "la mobilisation nationale de la justice et de la police" et sera  présent dans les rassemblements organisés dans toute la France et à la  manifestation nationale à Nantes jeudi. Le PS "continuera à défendre, comme il l'a toujours fait, l'objectif d'une  justice de qualité, une justice forte, indépendante, égale pour tous et  présentera ses propositions à l'occasion du forum des idées consacré à la  justice le 14 mars", a précisé le PS dans un communiqué à l'issue de son Bureau  national.

Par Alexandra Guillet le 08 février 2011 à 17:30
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10 Commentaires

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  • zen1491, le 09/02/2011 à 09h45

    Il suffit d'aller une fois dans un greffe pour voir les greffières noyées sous des monceaux de dossiers, et il n'y a pas de problème de moyens ?

  • nicapae, le 09/02/2011 à 03h07

    C est pas qu un probléme de moyen , il y a egalement une mentalité de cette élite qui refuse toute remise en cause de ses méthodes

  • kosotto1, le 08/02/2011 à 22h16

    Hier il y avait assez de moyens, aujourd'hui on veut en rajouter ! Vraiment ce gouvernement navigue à vue !

  • eltacantal, le 08/02/2011 à 21h18

    A l'attention de TF1 : si, au lieu d'étaler les états d'âme des politiques ou des magistrats, vous faisiez connaître la position des Français ...

  • blitz39, le 08/02/2011 à 20h40

    Magistrats : les français ne sont pas avec vous, réfléchissez !!!!!!

  • wlitw, le 08/02/2011 à 20h03

    Au cas où vous ne le sauriez pas, les magistrats n'ont pas le droit de grève (étonnant dans un pays de droits non ?), d'où le renvoi de toutes les audiences, hormis celle nécessitant l'urgence ...

  • baal_, le 08/02/2011 à 19h12

    Ils ont le temps de prendre du retard c'est qu'ils ne manquent pas de moyen. J'aimerais bien pouvoir dire à mon boulot "allez, j'arrête de bosser de façon indéterminée, je rattraperai plus tard". Malheureusement c'est pas si simple. Premièrement parce que se mettre en retard et rattraper demande plus de moyens que de continuer à bosser (ceux qui se le permettent ne sont certainement pas à 100% de leurs capacités de travail, sinon ils seraient incapables de rattraper). La seconde raison c'est qu'y a des gens qui ont des consciences professionnelles et de l'intérêt pour les clients qui ont besoin de prestations tout de suite, pas "plus tard". Là c'est pas comme si les juges en avaient quelque chose à secouer des justiciables, sinon, depuis le temps, ça se saurait ;) Après tout c'est qu'un service public, et le service public de la justice. Ne pas avoir son bus à l'heure, c'est une violation d'un droit fondamental. Par contre ne pas avoir droit à la reconnaissance de ses droits, c'est normal, après tout on est en France, le pays des droits des autres :p

  • dom145, le 08/02/2011 à 19h03

    La france est dirigée par des pieds nickelés !!

  • humanoide56, le 08/02/2011 à 18h50

    Bin voyons, je croyais avoir entendu que ce n'était pas un problème de moyens c'est vraiment une bande de tartuffes pris en flagrant délit d'irresponsabilités

  • aciery, le 08/02/2011 à 18h11

    M'enfin, si il n'y a pas de problème de moyens, pourquoi en remettre ?

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